
Étonnant ce nombre de gagnants aux paris sportifs soupçonnés de vente de drogue
6 mars 2026/2026/03/06/000-a2388cr-69aa747fa574f859534292.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
Peut-on vraiment bloquer les prix du carburant, comme le demande le député LFI Éric Coquerel ?
6 mars 2026« Ce que j’ai fait à Beaucaire, je veux le faire pour Nîmes ! » Julien Sanchez (RN) cite régulièrement son expérience de maire à Beaucaire pour se faire élire maire de Nîmes. A tort ou à raison ? Visite dans la 4e ville du Gard.
Beaucaire, 15 700 habitants, est tombée dans l’escarcelle du Front National, devenu RN, en 2014. Administrée par Julien Sanchez (réélu en 2020) puis par Nelson Chaudon (désigné par Julien Sanchez lorsque ce dernier a été élu député européen), la ville a-t-elle été bien gérée ? Parole aux habitants.
Jeudi, jour de marché. Ambiance tranquille sur la place de l’hôtel de Ville. « Le marché n’est plus le même, regrette un commerçant. Quand l’équipe à Julien Sanchez est arrivée, ils m’ont dit : Le marché va changer. Tu ne vas pas le reconnaître. Effectivement, que ce soit le jeudi ou le dimanche, je ne le reconnais pas. Mais dans le mauvais sens ! »
La conversation s’engage. « La foire de l’Ascension, c’est pareil, avance un de ses collègues. Elle est beaucoup moins animée qu’avant. Et ne parlons pas du défilé d’ouverture des Fêtes de la Madeleine. Depuis quatre ans, c’est le même ! Aucune inventivité ! »
Sur le marché, on croise une présidente d’association connue pour s’opposer régulièrement au pouvoir en place, Laure Cordelet, en train de boire son café. Elle attend des journalistes d’une télé nationale. « Beaucaire, une vitrine pour le RN ? La ville n’est pas entretenue, c’est très sale. Et pour la vie associative, ils subventionnent les associations de sport de combat, de défense des traditions… mais ils ont détruit le centre social. »
Une analyse pas partagée par l’adjoint au commerce, Alberto Camaione, également sur le marché. Souriant, très confiant en la victoire de Nelson Chaudon aux municipales les 15 et 22 mars, ce dernier refuse cependant de parler à la presse : « Ça doit passer par le cabinet ». Et promet de transmettre à Nelson Chaudon notre demande d’interview restée jusqu’alors sans réponse.
Sur le marché, on remarque aussi beaucoup de clients d’origine sud-américaine. Une population en pleine expansion à Beaucaire, venue au départ pour travailler dans les terres fertiles de la plaine et qui habite principalement dans le centre-ville. Il y aurait aujourd’hui près de 4000 sud-américains dans Beaucaire. Un solde migratoire positif alors que la démographie est, elle, à la baisse (Beaucaire a perdu 187 habitants entre 2016 et 2022).
Dans le centre-ville : « C’est une catastrophe, on est déçu du RN. On est dans une ville du Moyen-Âge ! »
C’est rue Nationale – un axe refait à neuf par le maire précédent, Jacques Bourbousson, inauguré par Julien Sanchez – que les Sud-Américains, pour la plupart équatoriens, se sont installés. On pousse la porte d’une épicerie équatorienne. « Tout se passe bien à Beaucaire », assure le gérant, qui ne veut pas en dire plus. « Ils ont rempli les églises, nous explique-t-on. Il y a même des messes en espagnol ! Et en centre-ville, il n’y a plus un seul logement disponible. »
Hormis la rue Nationale, le centre-ville n’a pas fait l’objet, ces dernières années, de beaucoup d’entretien de la Ville. Chaussées défoncées, pavés pas remplacés… Même la merveilleuse place Vieille affiche grise mine : « C’est une ville dégradée, abandonnée, s’énerve Gérard Victori, restaurateur sur la place qui a rejoint la liste de Luc Perrin. C’est une catastrophe, on est déçu du RN. On est dans une ville du Moyen-Âge. »
Un peu plus loin, une riveraine est du même avis. « Dans le centre-ville, ça s’est dégradé. Les pavés ne sont même pas joints. On ne nous respecte pas. Et en plus, ils nous ont montés les uns contre les autres ! » La question des contentieux (les polémiques sur la crèche en mairie et les menus de la cantine, notamment) et leur coût pour le contribuable revient régulièrement sur le tapis. Et la sécurité ? Dans une ville où les effectifs de police municipale ont été doublés, Julien Sanchez avait prétendu qu’il n’y avait plus de point de deal à Beaucaire : « C’est faux ! Venez le soir, sur la place ça traîne ! »
Si la municipalité semble avoir oublié le centre-ville (à l’exception de l’ilôt des Pêcheurs, immeuble vétuste qui a pu, enfin, être détruit en accord avec l’Etat), elle s’est, en revanche, occupée de l’entrée de ville côté Nîmes, et a lancé un projet au sud avec le nouveau quartier Sud canal. Il y a aussi ce nouvel hôtel Ibis qui doit s’installer en lieu et place des anciens Chais beaucairois. Pas un mal, après la fermeture des Doctrinaires, sur les Quais Nord. Notons aussi la rénovation du stade ou celle, plus coûteuse (8 M€) de la base nautique.
« Le quartier Sud canal, ça va être vraiment sympa ! »
Michèle, une alerte retraitée, prend un café en terrasse avec une amie au sud des quais. Elle a voté Julien Sanchez dès 2014 « pour voir« . Et ce qu’elle a vu lui a « bien plu. Personne ne le connaissait à Beaucaire, j’ai plus voté pour voir ce que ce parti était capable de faire dans une ville sinistrée comme la nôtre ». Elle dit avoir beaucoup aimé ce maire. « Il est très accessible. Et puis, il travaillait quasi tous les jours de la semaine ! » Michèle trouve qu’il a redynamisé la ville : « Le quartier sud canal, ça va être vraiment sympa. Il y a aussi un hôtel en construction, ce sera bon pour le tourisme. Le centre-ville ? Toutes les municipalités s’y sont cassé les dents ». L’abandon du mandat en cours de route de Julien Sanchez a-t-il suscité chez elle un sentiment de trahison ? » Non » répond catégoriquement Michèle, » c’était bien qu’il aille défendre ses idées au niveau européen ».
« Nelson Chaudon… Pourquoi ils sont allés le chercher ? »
En 2020, Julien Sanchez avait été réélu dès le premier tour avec 59,5 % des voix. Nelson Chaudon, choisi par Julien Sanchez pour lui succéder, bénéficiera lui aussi d’un score fleuve ? « Sanchez, on l’aime ou on l’aime pas mais il faut le reconnaître, il est intelligent, note notre commerçant du centre. Mais Nelson Chaudon… Pourquoi ils sont allés le chercher ? Il était 17e sur la liste ! (en réalité, 21e, NDLR) Il n’avait eu aucune responsabilité avant d’être maire ! C’est un gosse. »
Malgré nos multiples tentatives, Nelson Chaudon n’a pas donné suite à nos demandes d’interview.

9999999
