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THOMAS SAMSON / AFP
Pour les Français, l’adoption du budget ne règle pas la crise politique – Exclusif
Non, non, rien a changé. L’adoption définitive du budget début février, après l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution par Sébastien Lecornu, et le rejet des motions de censure déposées à son encontre, ne provoque pas d’accès d’optimisme dans le pays.
Au contraire, selon l’enquête d’opinion réalisée par YouGov et publiée par Le HuffPost ce samedi 7 février, les Français sont même franchement désabusés. Parmi les chiffres qui témoignent de ce sentiment : 59 % des personnes interrogées disent ne pas être satisfaites de l’adoption du texte. Ils ne sont que 30 %, dans la population, à s’en réjouir.
Plus significatif encore, pour une large majorité de Français, l’adoption des projets de loi de finances et de la Sécurité sociale, qui a tout de même pris plus de 3 mois, ne changera rien à la crise politique qui paralyse le pays. Près de 7 sondés sur 10 (68 %) estiment effectivement que ces textes ne « contribueront pas » à ramener la stabilité. Un coup pour rien ?
Le discours des oppositions renforcé
Dans le détail, cette défiance traverse toutes les sensibilités politiques, à l’exception peut-être du bloc central. Ainsi, les électeurs du Rassemblement national sont les plus pessimistes sur cette idée de stabilité retrouvée : 80 % n’y croient pas. Quant aux soutiens de Renaissance et des partis censés porter l’action de l’exécutif, les opinions sont divisées.
Pour 46 % d’entre eux, l’adoption du budget va permettre de sortir un pied du bourbier. Mais ils sont quand même 42 % à estimer, au contraire, que les efforts de Sébastien Lecornu et de son gouvernement pour dégager un compromis ne changeront pas grand-chose dans le contexte actuel. Même les macronistes n’y croient plus.
En somme, ces chiffres tendent à montrer que le discours des oppositions les plus farouches au président de la République, selon lequel plus rien d’importance ne se passera en France avant l’élection présidentielle 2027, semble trouver un certain écho dans la population.
Un argumentaire également déployé du côté d’Edouard Philippe. Et qui peut difficilement être démenti par les faits, après des mois de discussion souvent stériles sur un budget aux conséquences toujours incertaines, et avant une nouvelle phase du quinquennat dont on peine à saisir les contours.
Dans ce contexte, cette forme d’attentisme se répercute sans trop de surprise sur la cote de popularité de l’exécutif. Alors qu’il aurait pu espérer une légère éclaircie, grâce à ses lunettes de soleil et son discours engagé à Davos, le président de la République perd de nouveau un point d’opinion favorable en un mois dans notre baromètre. Son Premier ministre Sébastien Lecornu suit la tendance, en laissant lui échapper deux points. Non, non, rien a changé, la chute pourrait bien continuer.
L’enquête a été réalisée sur 1026 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 3 au 5 février 2026.

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