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Manifestation d’extrême droite après la mort de Quentin Deranque à Lyon, le 22 février 2026. FELICE ROSA / HANS LUCAS VIA AFP
Le journal « Le Progrès » a publié ce jeudi 5 mars une vidéo inédite, sur laquelle on peut apercevoir le militant identitaire proche de la mouvance néofasciste Quentin Deranque quelques minutes après l’affrontement violent entre les militants d’extrême droite radicale, soutiens du collectif fémonationaliste Neménis, et les antifascistes, le jeudi 12 février à Lyon.
Presque un mois après l’agression, cette vidéo vient préciser le déroulé des faits et les choix pris par les militants d’extrême droite après le passage à tabac dont a fait l’objet Quentin Deranque. De quoi nuancer voire contrebalancer, en partie, le récit porté par l’extrême droite après de la mort de Quentin Deranque. « Le Nouvel Obs » revient sur le contenu de cette nouvelle vidéo.
• Du sang sur les mains et l’air hagard
La vidéo que s’est procurée « Le Progrès » a été prise à 18h07, le 12 février à Lyon, rue Victor Lagrange. La rue même où venait de se dérouler l’agression de Quentin Deranque, frappé par plusieurs individus.
Doudoune bleue, cagoule sur la tête, mains ensanglantées et air hagard : le militant identitaire Quentin Deranque apparaît sur les images, aux côtés d’un ami, qui a lui aussi une main tachée de sang. Sur la courte séquence d’une trentaine de secondes, tournée quelques minutes après l’agression, les deux militants qui se tiennent debout, sont passifs, on ne les voit pas parler.
Une source au sein du groupe d’extrême droite lyonnais Audace a confirmé à l’AFP qu’il s’agit bien de Quentin Deranque et son ami.
Ils regardent cinq ou six habitants ou passants autour d’eux, qui échangent entre eux, notamment sur leur état de santé, sans que l’on sache précisément qui parle.
• « Il était là pour se faire taper sur la tête ? »
Rue Victor Lagrange, les quelques passants, visibles sur la vidéo, échangent à propos des deux individus aux mains couvertes de sang, pendant qu’une témoin indique que les secours sont en route. « Ils envoient quelqu’un mais ils ne se téléportent pas, ils viendront quand ils pourront », entend-on.
Une dame partage sa stupeur, selon les propos rapportés par « Le Progrès » : « Il s’est fait taper sur la tête ce monsieur ! ». Ce à quoi lui répond une voix masculine : « Non mais c’est des trucs qu’ils assument. Ils étaient là pour ça je pense ».
« Il était là pour ça, pour se faire taper sur la tête ? Vous voyez les informations ? », réagit la femme. Une interrogation qui fait réagir une autre voix d’homme : « « C’était une bagarre organisée, il y a deux groupes qui se sont bagarrés, d’accord ? ».
• « Qu’il parte » ou « qu’il aille à l’hôpital » ?
Dans l’audio diffusé par « Le Progrès », on entend une voix dire « Moi, je serais vous, je partirais ». Une suggestion appuyée par quelqu’un d’autre : « A votre place, je ferai la même chose ».
D’autres plaident pour des soins directs. « Je pense qu’il faut qu’il aille à (l’hôpital) Saint-Jo (seph) car il a l’air d’aller vraiment mal… », suggère un homme. Avant d’ajouter : « Mais s’il ne veut pas de problème avec la police je pense qu’il faut qu’il parte ». Pour la dame, qui a pris la parole plus tôt, la proposition de l’hôpital est la plus prudente : « Oui, c’est ce que je dis, il faut qu’il aille à l’hôpital… ».
Face aux injonctions contradictoires, les deux militants tranchent. Ils décident de partir, avant l’arrivée des secours. Ils parcourent près de 2 km, franchissant le Rhône et la Saône, jusqu’au quai Fulchiron. C’est là que, près d’1h40 après les violences, Quentin Deranque est finalement pris en charge par les secours, qui ont été appelés face à son état de détresse qui se dégade. Transporté dans le coma à l’hôpital Edouard-Herriot, au sud-est de Lyon, il décédera à l’hôpital des suites de ses blessures le 14 février aux alentours de 12h30.
Après une vague d’interpellations les 17 et 18 février, six hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire », soupçonnés d’avoir directement porté des coups, et un pour « complicité ».

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