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6 mars 2026Sans réchauffement climatique, au moins 15 000 morts auraient pu être évitées cet été en Europe
LOIC VENANCE / AFP
La France a connu le troisième été le plus chaud de son histoire en 2025 (photo d’illustration).
ENVIRONNEMENT – Travail préalable mais déjà salué par une partie de la communauté scientifique. Des chercheurs estiment que durant l’été 2025, parmi les plus chauds jamais enregistrés en Europe, plusieurs milliers de personnes sont mortes en lien avec le réchauffement climatique dans les principales villes européennes.
Dans un communiqué dévoilé ce mercredi 17 septembre, deux instituts britanniques auxquels appartiennent les auteurs, l’Imperial College London et la London School of Hygiene & Tropical Medicine dévoile les premières conclusions de leur étude, selon laquelle « le changement climatique est à l’origine de 68 % des 24 400 morts qui seraient liées à la chaleur cet été » sur un périmètre étudié de « 854 villes européennes ».
Ce qui permet de conclure qu’entre 15 013 et 17 864 décès liés cet été à la chaleur n’auraient pas eu lieu sans le réchauffement climatique, dans ces villes qui ne représentent par ailleurs qu’un petit tiers de la population européenne. Il s’agit de la première estimation de si grande ampleur sur les impacts sanitaires d’un été marqué en Europe par des températures particulièrement élevées. Plusieurs canicules ont été observées et l’été s’est révélé le plus chaud jamais enregistré dans plusieurs pays, comme l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni.
De quoi rappeler que les effets des fortes chaleurs sur la santé sont déjà bien connus : aggravation des troubles cardiovasculaires, déshydratation, troubles du sommeil… Et les plus âgés sont, de loin, les plus à risque d’en mourir.
Si ces chiffres paraissent inédits par l’ampleur du nombre de victime, il faut toutefois les prendre avec précaution. La raison ? Ce type d’étude, de plus en plus courante depuis plusieurs années, vise principalement à donner une estimation rapide de la mortalité liée au réchauffement climatique, sans attendre une publication en bonne et due forme en revue scientifique avec une méthodologie plus robuste.
« Tueurs silencieux »
Car pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont d’abord modélisé dans quelle mesure le réchauffement climatique avait contribué aux températures élevées cet été. Ils estiment, au final, que sans changement climatique, les températures moyennes auraient été inférieures de 2,2 °C dans les villes concernées. Les auteurs ont ensuite croisé cette observation avec des données antérieures sur la mortalité liée à la chaleur dans les différentes villes. Ils en arrivent ainsi à la conclusion que le réchauffement climatique a contribué à plus de 800 morts à Rome, plus de 600 à Athènes, plus de 400 à Paris… De manière générale, plus de 85 % de ces morts auraient frappé des plus de 65 ans.
« Il suffit que les canicules soient plus chaudes de 2 à 4 °C pour que des milliers de personnes passent de vie à trépas », souligne à ce titre Garyfallos Konstantinoudis, co-auteur de l’étude, qualifiant au passage les pics de chaleur de « tueurs silencieux ».
Mais ces chiffres ne prennent pas en compte l’excès réellement observé de mortalité. C’est à partir de telles données que des chercheurs finissent par donner une estimation solide de la mortalité liée à la chaleur : elle avait ainsi causé quelque 47 000 morts en Europe en 2023, selon une étude publiée par Nature Medicine un an après la période concernée. Pour le seul mois d’août 2025 en France, un premier bilan de Santé publique France estimait à 280 le nombre de « morts en excès » durant le troisième mois d’août le plus chaud mesuré en France.
« C’est impossible d’obtenir des statistiques en temps réel à l’heure actuelle », admet d’ailleurs Friederike Otto, co-auteure de l’étude. Mais les estimations « sont dans les clous », a-t-elle assuré. De fait, nombre de chercheurs extérieurs à l’étude ont salué une étude valable, soulignant même qu’elle risquait d’être en dessous de la réalité. « Les méthodes utilisées dans ces études d’attribution sont scientifiquement solides mais prudentes », a expliqué Akshay Deoras, spécialiste en sciences de l’atmosphère à l’université britannique, au Science Media Centre. « Le nombre réel de morts pourrait même être plus élevé. »

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