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6 mars 2026Trump se dit « mécontent » de Londres et lance une pique à Starmer : « pas Winston Churchill »
MATTHEW HORWOOD, MANDEL NGAN / AFP
En s’attaquant publiquement à Keir Starmer (à droite) et en invoquant Churchill, Donald Trump (à gauche) met à l’épreuve la relation privilégiée entre Washington et Londres.
Il a choisi Winston Churchill. Et il a choisi de le faire depuis le Bureau ovale. Ce mardi 3 mars 2026, Donald Trump a publiquement égratigné le Premier Ministre britannique Keir Starmer en lançant, devant la presse : « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire. » Une formule cinglante, taillée pour frapper les esprits britanniques, et qui en dit long sur l’état de la fameuse « relation spéciale » entre Washington et Londres.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les tensions couvent et elles ont éclaté au grand jour autour d’un point hautement stratégique : la base militaire conjointe de Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, au cœur de l’océan Indien.
Dans un premier temps, le Royaume-Uni a refusé que les États-Unis utilisent cette base pour mener des frappes contre l’Iran. Chose que Donald Trump n’a manifestement pas digéré. « Je suis mécontent de Londres », a-t-il lâché depuis la Maison-Blanche. « Il nous a fallu trois, quatre jours pour décider où nous pouvions atterrir. Ça aurait été beaucoup plus pratique d’atterrir là-bas, plutôt que de voler plusieurs heures de plus. Nous sommes très surpris. »
Dans la presse britannique, le président américain a enfoncé le clou, se disant « très déçu » par Keir Starmer et estimant que le Premier Ministre avait mis « beaucoup trop de temps » à donner son feu vert. « Le Royaume-Uni s’est montré très, très peu coopératif » avant d’ajouter que « c’est très triste de voir que la relation n’est manifestement plus ce qu’elle était ».
Si Londres a finalement autorisé l’utilisation de Diego Garcia ainsi que celle de la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, la séquence a exposé au grand jour une divergence stratégique entre les deux alliés. Face aux critiques, Keir Starmer assume. Devant le Parlement lundi, il a expliqué avoir agi dans « l’intérêt national du Royaume-Uni » et reconnu que Donald Trump avait exprimé « son désaccord avec notre décision de ne pas participer aux frappes initiales ».
Une « relation spéciale » sous pression
Le chef du gouvernement travailliste a aussi défendu une ligne claire : Londres « ne croit pas au changement de régime depuis les airs ». Et Keir Starmer a rappelé que les décisions britanniques devaient reposer sur « une base légale », évoquant en creux les leçons tirées de la guerre en Irak.
Pour autant, le Royaume-Uni ne reste pas à l’écart. Un navire de guerre et des moyens antidrones ont été envoyés en Méditerranée orientale pour protéger les alliés britanniques et les bases à Chypre, dont l’une a récemment été visée par un drone iranien.
Alors ce décalage suffit-il à fissurer la « relation spéciale » ? Les deux pays revendiquent 250 ans d’histoire commune et une coopération militaire et diplomatique parmi les plus étroites au monde. Mais la formule de Trump sur Churchill touche un symbole. Elle suggère que le Royaume-Uni manquerait de détermination au moment où Washington veut aller vite et fort.
Ce n’est d’ailleurs pas la première friction. Donald Trump critique régulièrement les choix politiques de Keir Starmer (ainsi que d’autres chefs d’États européens), qu’il s’agisse d’énergie, d’immigration ou encore de la restitution de l’archipel des Chagos à l’île Maurice, qu’il a qualifiée de « grande stupidité ». Jusqu’ici, Downing Street s’efforçait d’éviter l’affrontement direct.
La sortie du président américain change la tonalité. Elle place publiquement Londres sous pression, à un moment où le soutien américain reste crucial sur d’autres dossiers, comme celui de l’Ukraine.

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