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SERGE TENANI / Hans Lucas via AFP
Ni vaches, ni heurts, ni illusions : la journée « sans » de Macron au Salon de l’agriculture, ce samedi 21 février.
Un calme trompeur. Le président de la République a pu profiter d’une longue journée sans heurts au Salon de l’agriculture, ce samedi 21 février, malgré le mécontentement global des syndicats représentés porte de Versailles et la vive inquiétude du monde paysan.
Emmanuel Macron a coupé le ruban puis commencé sa déambulation avec le stand de l’éleveur martiniquais André Prosper, qui l’a invité à venir sur son île après avoir dû renoncer à amener sa vache brahman Biguine, qui devait être l’égérie de l’édition 2026. Pour la première fois, le salon s’est en effet ouvert en l’absence de vache, en raison de la difficile crise de la dermatose nodulaire.
Le sujet s’est invité dans les discussions du chef de l’État avec les éleveurs et les représentants syndicaux, entre autres facteurs de crispation. À un an de la fin de sa présidence, le locataire de l’Élysée n’a certes pas subi le même accueil cauchemardesque qu’en 2024. Mais il n’est pas parvenu pour autant à rassurer ses interlocuteurs.
Les contestataires tenus à distance
Après avoir refusé de « s’afficher » avec lui lors d’un « salon de la souffrance » agricole, la Confédération paysanne (troisième syndicat) a finalement accepté une rencontre, avant d’en déplorer les conclusions. « Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais ça fait deux ans qu’on porte les mêmes choses », a déploré Bertrand Venteau auprès des journalistes à la sortie du rendez-vous, avant d’ajouter : « C’est extrêmement agaçant de ne pas être considéré ».
Après cet entretien, son collègue José Pérez, président de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne, a pris la tête d’un groupe de « bonnets jaunes » avec des pancartes pour manifester dans le hall et demander un rendez-vous avec le chef de l’État et tous les syndicats. « Dès ce (samedi) soir », « cette nuit s’il le faut ».
« Les agriculteurs attendaient de ce salon des réponses. Là, il n’y a pas une vache. Il n’y a plus rien. C’est une honte », a-t-il déclamé devant ses adhérents, appelés à se mobiliser « massivement » par leur syndicat. Ils ont été contraints de revoir leurs ambitions à la baisse face au dispositif de sécurité autour d’Emmanuel Macron. Les visiteurs ont aussi été tenus à l’écart de la déambulation présidentielle.
Lassitude générale
De son côté, la Confédération paysanne a réitéré son boycott de toutes les rencontres, dénonçant une « cogestion insupportable » de l’exécutif avec l’alliance FNSEA-JA, qui domine encore le syndicalisme agricole. « Pas question de cautionner ce cirque », a ajouté le porte-parole de l’organisation classée à gauche, qui juge Emmanuel Macron « responsable de cette situation de crise ». Il a « manqué à sa parole », accuse-t-il, après avoir « promis des prix planchers pour soutenir le revenu des agriculteurs ».
Signe de ce sentiment de lassitude générale, même la puissante FNSEA, accusée d’être trop proche du gouvernement par ses syndicats concurrents, a expliqué « ne plus attendre aucune vision » de la part du président. Sans illusion. « Le président de la République aujourd’hui est celui qui va négocier à Bruxelles. Voilà ce qu’on attend de lui », a simplement expliqué Arnaud Rousseau, le président du premier syndicat.
Pour la plupart des syndicalistes qui se sont exprimés, l’enjeu du salon cette année n’est pas forcément la rencontre avec le président, mais celles qui s’annoncent avec les prétendants pour 2027. « On attend le lancement de la “présidentielle agricole” lors de ce salon pour échanger avec les futurs candidats », a ainsi indiqué Arnaud Rousseau. La fin de règne passe aussi par la porte de Versailles.

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