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6 mars 2026Xavier Niel qui pose un lapin, invectives… Journée tendue à la commission sur l’audiovisuel public
• Son président Jérémie Patrier-Leitus a annulé et reporté l’audition, en attendant des précisions sur l’empêchement de l’homme d’affaires.
• Quelques heures plus tôt, un échange houleux entre le rapporteur Charles Alloncle et le député Erwan Balanant a secoué la commission.
Matthieu Pigasse ? Présent. Jérôme Nommé ? Présent. Xavier Niel ? Gros silence. Malgré sa convocation, l’homme d’affaires ne s’est pas rendu ce jeudi 26 février à l’Assemblée nationale, où il devait être entendu aux côtés des deux autres propriétaires de médias dans le cadre de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public.
« À 13 h 59, aujourd’hui même, le secrétariat de Xavier Niel nous a fait savoir que celui-ci était indisponible en raison d’un empêchement urgent impossible à différer et indépendant de sa volonté », a déclaré son président, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article. La séance était censée commencer 31 minutes plus tard, à 14 h 30.
Visiblement agacé, celui-ci a rappelé que « toute personne dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est livrée ». Seuls quelques cas « très exceptionnels » peuvent justifier une annulation : le décès d’un proche ou une hospitalisation. « Une personne dont l’audition a été prévue ne peut s’y soustraire », a insisté l’élu du Calvados.
Jérémie Patrier-Leitus a précisé être dans l’attente de la part du secrétariat de Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr) d’une réponse sur la nature et la réalité de cet empêchement. « Je suis donc dans l’obligation d’annuler la présente audition et de la reporter », a-t-il concédé, présentant ses excuses à Matthieu Pigasse (membre du conseil de surveillance du Groupe Le Monde, auquel appartient Le HuffPost, ndlr) et Jérôme Nommé, deux autres actionnaires de la société de production Mediawan, bien présents pour leur part.
« C’est une menace, monsieur Balanant ? »
L’irritation du président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public était palpable. Quelques heures plus tôt, un autre incident a secoué la commission : un échange houleux entre son rapporteur (UDR) Charles Alloncle et le député (MoDem) Erwan Balanant. « T’inquiète, on va te régler », a lancé ce dernier à son collègue, en quittant la salle.
« C’est quoi ? C’est une menace, monsieur Balanant ? », s’est à son tour emporté Charles Alloncle, entraînant une suspension de la séance. « Je ne peux pas laisser passer des propos qui ont été tenus, a clarifié le président à la reprise. Je convoquerai une réunion de bureau, ce qui nous permettra de nous en expliquer. »
Le premier dénonce des menaces, « des comportements de voyous », dont il serait victime depuis plusieurs semaines. Interrogé plus tard, le second estime pour sa part avoir prononcé ces mots après avoir perçu un geste du rapporteur à son encontre au moment de partir, un geste qu’il dit avoir trouvé « obscène et irrespectueux ».
« Je n’ai aucun problème à vous demander de m’excuser de vous avoir interpellé en sortant et peut-être que vous pourriez également retirer le fait de m’avoir traité de “voyou”, a lancé Erwan Balanant. Car, comme l’a dit monsieur le président, nos débats importants méritent mieux que nos querelles inutiles. »
L’attitude de Charles Alloncle
Depuis son lancement en novembre, les jours passent mais ne se ressemblent pas à la commission d’enquête. Si certaines auditions se sont passées convenablement, d’autres ont été plus agitées, à l’image d’un échange tendu entre son président et le rapporteur après des révélations de ce dernier sur le montant des contrats liant France Télévisions au Festival de Cannes.
L’attitude de Charles Alloncle est souvent pointée du doigt. Mi-décembre, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet l’a « rappelé à l’ordre », craignant que la commission soit « dévoyée ». La PDG de Radio France Sibyle Veil a déploré des « déformations publiques » de ses propos, et le présentateur Nagui l’a menacé de poursuites pour avoir déclaré qu’il pourrait être « la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public ».
Pour éviter les débordements, des nouveaux principes ont été actés par le bureau de cette commission dans le courant du mois de janvier : « pas de communication en temps réel sur les réseaux sociaux » ou de « déformation des propos des personnes auditionnées », et « sobriété » dans les médias.
Par ailleurs, le rapporteur ciottiste, le président et les députés membres doivent respecter une forme de « discrétion, de modération et de sobriété des expressions ». « Le rapporteur et les membres du bureau ont accepté ces règles », a assuré Jérémie Patrier-Leitus, certainement pas au bout de ses surprises.

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