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Bloomberg / Bloomberg via Getty Images
Donald Trump, ici à Washington, le 12 mars 2025.
ÉCONOMIE – L’or confirme qu’il est bien la valeur refuge par excellence. Le métal précieux a franchi ce vendredi 14 mars le palier de 3000 dollars l’once (environ 31g), une première dans son histoire. Les inquiétudes géopolitiques actuelles et la guerre commerciale entamée par les États-Unis de Donald Trump contribuent à faire grimper le cours contrairement à ce que l’on peut voir ailleurs sur les marchés boursiers.
La dernière menace en date du président américain, sur l’alcool européen, a ainsi largement contribué à la hausse de ces dernières heures. Il a annoncé jeudi vouloir taxer à hauteur de 200 % les champagnes, vins et autres alcools de la France et de l’Union européenne si les tarifs douaniers de 50 % annoncés par Bruxelles sur le whisky américain n’étaient pas abandonnés.
Il faut dire que Donald Trump s’inscrit depuis plusieurs semaines comme le catalyseur de l’économie mondiale, par ses incessantes déclarations et revirements. Ouvertement pro-cryptomonnaies après un revirement spectaculaire, il avait par exemple contribué à faire exploser le prix du bitcoin au moment de son élection en novembre, et même de lui faire atteindre son record de prix – 109 588 dollars – le 20 janvier, jour de son investiture à la Maison Blanche. Mais c’est aussi en partie à cause de lui que son cours est depuis retombé aux alentours de 85 000 dollars.
Plus de 50 % en trois ans
Pour l’or, l’once avait déjà dépassé jeudi 13 mars son précédent record de février dans la foulée de nouvelles menaces de Donald Trump sur les droits de douane. Au total, l’or a battu treize fois son record de prix depuis le début de l’année, souligne Reuters. Le cours de l’once a par ailleurs pris 19 % sur les six derniers mois, 37 % sur les 12 derniers et 51 % sur les trois dernières années.
« L’équation reste simple pour l’or : plus les droits de douane sont élevés, plus l’incertitude est grande et plus la demande est forte », résume pour l’AFP Stephen Innes, analyste chez SPI AM. « Les inquiétudes liées à la croissance » mondiale, qui pourrait être pénalisée par ces surtaxes douanières, « renforce le rôle de l’or comme couverture ultime dans un contexte économique de plus en plus fragile », estime l’analyste.
Le prix de l’or bénéficie aussi de la demande des banques centrales, qui cherchent à se couvrir des risques grâce à des lingots. En 2024, ces banques centrales représentaient ainsi 21 % de la demande totale d’or, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2019, note Forbes.
La France, 4e plus gros détenteur d’or dans le monde
L’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022 a par ailleurs été un déclencheur important. Les réserves de change de la banque centrale russe détenues à l’étranger avaient ainsi été gelées, sous le coup des sanctions internationales : cette mesure, couplée aux incertitudes actuelles sur l’économie américaine, poussent les banques centrales à se détacher des actifs américains au profit de l’or.
« Partout dans le monde, les banques centrales augmentent leurs réserves d’or en réponse à la structure intenable de la dette américaine et aux inquiétudes croissantes concernant la domination du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale », explique à l’AFP Daniela Sabin Hathorn, analyste chez Capital.com.
Aujourd’hui dans le monde, les États-Unis arrivent en tête du classement des pays détenant la plus grosse quantité d’or (8 100 tonnes à fin 2024), devant l’Allemagne (3 350 tonnes), l’Italie (2 450 tonnes) et la France (2 430 tonnes), liste BFM Bourse.
Et si l’avenir géopolitique mondial s’annonce morose, celui du cours de l’or pourrait encore avoir de beaux jours devant lui. Dans une note récente, les analystes de Goldman Sachs ont révisé à la hausse leur prévision pour 2025, rapporte Capital. Ils estiment que le cours de l’once d’or pourrait atteindre entre 3 100 et 3 300 dollars d’ici la fin de l’année.
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