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ROMAIN GAUTIER / Hans Lucas via AFP
Brandt : ce que l’on sait du projet de reprise qui pourrait sauver jusqu’à 150 emplois (Photo d’une manifestation des employés de Brandt à Orléans organisée par la CGT le 18 décembre 2025)
Une solution pour Brandt ? Le 11 décembre, la justice a prononcé la liquidation du groupe centenaire d’électroménager, en grandes difficultés depuis son placement en redressement judiciaire. Mais ce mercredi 24 décembre en cette veille de Noël, l’homme d’affaires Stephan Français, patron de Thomson Computing, a proposé une alternative : reprendre l’usine principale du groupe d’électroménager et de sauver 150 emplois.
Le projet porte sur une reprise du site d’Orléans, de loin le plus important de Brandt. Il rassemblait 350 salariés sur les 700 que comptait l’entreprise, avant la liquidation. Cette dernière commercialisait quatre grandes marques : De Dietrich, Brandt, Vedette et Sauter.
« Aujourd’hui nous avons une solution de reprise, de redémarrage, de renouveau, (…) elle s’appelle Stephan Français », a déclaré le maire d’Orléans Serge Grouard, lors d’une conférence de presse commune avec le patron de 56 ans. Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle de ce projet.
Faire du Brandt et du Thompson
Stephan Français prévoit de continuer une partie de la production de petit et gros électroménager, l’activité historique de Brandt, et d’y ajouter celle de produits électroniques et informatiques, cœur de métier de Thomson Computing.
Se disant attentif à la « maîtrise des coûts », Stephan Français a précisé que son projet commencerait avec « 150 salariés » dès l’année prochaine. « Après, progressivement, si les résultats sont là, on embauchera », a-t-il affirmé, évoquant « jusqu’à 250 salariés sur un plan à cinq ans ».
Pour mener à bien son projet, l’homme d’affaires a évoqué un budget de 25 millions d’euros. La mairie d’Orléans a précisé à l’AFP que 9 millions d’euros seraient apportés par des entités publiques et qu’un tour de table avec les banques était en discussion.
« Il faut aller très vite pour relancer la machine, relancer la production, garder un cœur de salariés et garder le plus de clients possible », a martelé Serge Grouard devant des journalistes réunis à l’hôtel de ville. Il a qualifié le projet de « sérieux », même s’il présente une « part de risque ».
Un appel d’offres lancé en janvier
Stephan Français souhaite s’appuyer sur l’expérience de son entreprise actuelle, lointaine héritière du géant industriel français Thomson. À l’été 2013, cet ancien de la chaîne de magasins informatiques Surcouf avait conclu un contrat de licence auprès de Technicolor, qui détient la marque Thomson, celle pour l’activité téléviseurs étant exploitée par le Chinois TCL.
Sa société fabrique depuis des ordinateurs entrée de gamme. Elle revendique sur son site internet un tiers de part de marché pour les ordinateurs vendus moins de 300 euros en France.
Pour prendre vie, le projet de reprise du site d’Orléans de Brandt devra être validé par le tribunal des activités économiques de Nanterre qui a prononcé le 11 décembre la liquidation judiciaire de l’entreprise, a souligné Stephan Français. Un appel d’offres pour la reprise de l’usine doit être lancé courant janvier, a précisé Bercy.
« Toute piste mérite d’être examinée » dit Bercy
Ce projet aura-t-il plus de succès que celui de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, rejeté début décembre par le tribunal ? « Toute piste de reprise mérite d’être examinée avec attention, mais aucune ne saurait être tenue pour acquise sans un travail d’analyse approfondi », a tempéré auprès de l’AFP le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.
Ce dernier avait déclaré au lendemain de la liquidation judiciaire qu’un projet industriel restait possible, pas forcément dans le secteur de l’électroménager.
L’entreprise, centenaire et emblématique du patrimoine industriel français, pâtit depuis plusieurs décennies des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager. Elle est passée au gré des rachats et liquidations judiciaires entre les mains de l’Israélien Elco, puis celles de l’Espagnol Fagor, avant d’être repris en 2014 par le groupe algérien Cevital.

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