
A Paris, deux visions de l’avenir de l’Iran dans la rue
7 mars 2026
La guerre dans l’espace a-t-elle déjà commencé ?
7 mars 2026• Des bombardements intensifs
Au huitième jour de la guerre lancée par les États-Unis et Israël, “les Iraniens se sont réveillés au son d’explosions massives à Téhéran et ailleurs dans le pays”, rapporte le live de la chaîne qatarie Al-Jazeera. “L’Iran sera très durement touché aujourd’hui”, assurait Donald Trump sur Truth Social, cité par le New York Times. Le président américain s’est félicité un peu plus tard devant des journalistes en Floride de l’avancée de l’opération, avançant que les forces américaines avaient “détruit 42 navires de la marine iranienne en trois jours”, note le Guardian sur son suivi en direct de la guerre.
Samedi au matin, dans une allocution diffusée à la télévision d’État iranienne, le président Masoud Pezeshkian avait présenté ses excuses à ses voisins arabes pour les frappes effectuées ces derniers jours. Il suggérait que l’armée et le corps des Gardiens de la révolution pouvaient avoir agi de manière indépendante. S’il promettait que les attaques allaient cesser, la suite de la journée a été marquée par une litanie des bombardements iraniens sur les pays de la région. Celle-ci a une fois de plus envahi les lives de la presse internationale, qui font notamment état d’attaques de drones sur les Émirats arabes unis et Bahreïn, le Qatar signalant avoir intercepté un missile, écrit Al-Jazeera citant le ministre de la Défense.
L’armée israélienne s’est félicité, elle, d’avoir abattu 16 avions appartenant aux Gardiens de la révolution. “Tsahal affirme que ces avions servaient à transporter des armes et des fonds destinés au Hezbollah au Liban et à d’autres acteurs du Moyen-Orient”, souligne Ha’Aretz.
• La situation se tend au Liban
C’est au Liban que les Israéliens semblent vouloir concentrer leurs forces. “Israël frappe l’est du Liban [à Nabi Chit], faisant des dizaines de morts [41 civils et 3 militaires], après l’échec d’un raid visant à récupérer la dépouille d’un pilote de Tsahal [abattu en 1986]”, annonce le Guardian, qui fait état d’une fusillade et de frappes aériennes dans la nuit de vendredi à samedi. On dénombre plusieurs morts dans d’autres opérations israéliennes au Liban.
Le ministère de la Santé faisant désormais état d’un bilan de près de 300 morts et plus de 1 000 blessés depuis que le pays a été embarqué dans la guerre, lundi 2 mars, par le Hezbollah. L’armée israélienne a par ailleurs bombardé la région de Tyr et demandé sur X à ses habitants d’évacuer la banlieue sud de Beyrouth annonçant “une frappe imminente”.
• Un rapport américain émet des doutes sur le changement de régime
Révélé par le Washington Post, un rapport classifié du National Intelligence Council “doute que l’opposition iranienne prenne le pouvoir à la suite d’une campagne militaire américaine, qu’elle soit de courte ou de longue durée”, souligne le quotidien américain. Les conclusions de ce document, dont trois sources ont confirmé le contenu au Washington Post, “sèment le doute quant au plan déclaré du président Donald Trump visant à ‘nettoyer’ la structure dirigeante iranienne et à installer un dirigeant de son choix”. D’autant qu’il a été finalisé une semaine avant le lancement de son opération conjointe contre l’Iran avec Israël.
Pour mieux comprendre la situation, plusieurs articles à lire sur notre site :
Localité située à quelques kilomètres de la frontière libanaise, Kiryat Shmona peine encore à se remettre de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah. Les habitants y vivent dans une angoisse “familière” et la peur d’une nouvelle évacuation imposée par les autorités, raconte le quotidien israélien Ha’Aretz.
Par centaines de milliers, les habitants de la banlieue sud de Beyrouth et des places fortes du Hezbollah sont partis sur les routes à la recherche d’un abri. La solidarité s’organise dans la panique. “Routes, écoles, parkings ou espaces verts : tout est bon pour servir d’abris de fortune à ceux qui n’ont pas la chance d’avoir des proches pour les loger dans des zones ‘sûres’”, raconte le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.
Soumise au feu israélo-américain, la capitale iranienne n’a pas été désertée par ses habitants. Le site basé à Londres IranWire a pu interroger trois “journalistes citoyens”, qui témoignent d’un quotidien marqué par les pénuries alimentaires et la présence permanente d’hommes en armes dans les rues. Mais “la population s’est enhardie”, assurent-ils. Et veut croire en la chute prochaine du régime.
Selon plusieurs sources interrogées par le Washington Post, dans un article publié vendredi, Moscou fournirait des renseignements à Téhéran sur de potentielles cibles américaines. Un élément qui expliquerait la “sophistication” et la précision de certaines frappes de l’Iran, en riposte aux bombardements israélo-américains depuis le 28 février.

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