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7 mars 2026Des « robots » pour faire monter la pétition Duplomb ? Braun-Pivet obligé de rappeler les règles
Le débat sur la pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb ce mercredi 11 février ne pouvait se faire sans au moins une petite bronca. Dans une Assemblée nationale désertée par les élus, c’est la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui a provoqué l’exaspération des rares présents en sous-entendant que la popularité du texte – signé par deux millions de personnes – était en partie due à des « robots », comme le montre la vidéo en tête d’article.
« J’invite tous les députés, notamment ceux ayant encouragé cette pétition aux côtés de tous les robots qui ont tourné allègrement, à soutenir la ministre que je suis lorsque je défends dans les enceintes européennes, l’homologation européenne et non plus nationale des produits phytopharmaceutiques », a déclaré la ministre dans son propos introductif.
De quoi faire bondir l’écologiste Delphine Batho, qui a réclamé un rappel au règlement. « Madame la ministre a tenu un propos grave vis-à-vis de l’Assemblée, à savoir que ce serait des robots qui auraient produit les 2 131 368 signatures. (…) Ce propos est extrêmement grave. Aucun parlementaire dans les débats que nous avons eu n’a osé mettre en doute la véracité des signatures. Que ce soit un membre du gouvernement qui le fasse, c’est un niveau de fake news qui est grave », s’est emportée l’élue.
Annie Genevard a alors précisé ses propos, assurant n’avoir jamais remis en doute l’authenticité des signatures. « Il y a des algorithmes qui font monter des textes sur les réseaux sociaux. (…) Je n’ai pas parlé de l’inscription sur France Connect », a-t-elle insisté.
Signatures vérifiées, l’impact des réseaux, « c’est la vie d’aujourd’hui »
Le nombre de signatures et leur authentification sont cruciaux, puisque c’est d’eux que dépendent la transmission de la pétition à la conférence des présidents et son examen par les députés. Les 2 millions atteints contre la loi Duplomb sont d’autant plus exceptionnels que c’est la première fois qu’une pétition atteint le seuil requis pour être débattue en séance. Sous-entendre que ces signatures sont fausses reviendrait à minorer l’opposition de la population à la réintroduction de l’acétamipride. Ce, alors même qu’une nouvelle proposition de loi de Laurent Duplomb est dans les tuyaux et que ses opposants sur le rejet populaire pour réclamer son abandon.
Dans ce contexte, Yaël Braun-Pivet s’est donc sentie obligée de rappeler les règles. « L’Assemblée a vérifié l’intégralité des signatures, c’est extrêmement contrôlé. Là-dessus il n’y a pas de sujet. Qu’effectivement les pétitions montent sur les réseaux sociaux, ça, on le sait tous, mais comme n’importe quel message qui peut être porté » sur ces plateformes, a déclaré la présidente de la chambre basse. « Ça, c’est la vie d’aujourd’hui », a-t-elle conclu.
Pour signer une pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, il est impératif de passer par France Connect et de s’identifier avec son numéro de Carte Vitale, son numéro fiscal ou son identité numérique La Poste. Ce dispositif a justement pour but d’empêcher toute manipulation des résultats, avec un individu qui signerait plusieurs fois. Garantir sa fiabilité est d’autant plus important qu’une nouvelle pétition déposée le 2 février contre le nouveau texte du sénateur Duplomb comptabilise déjà plus de 100 000 signatures.

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