
Le groupe de prêt-à-porter Kaporal placé en liquidation, 280 licenciements
7 mars 2026
Aux JO d’hiver, cet athlète ukrainien rend hommage aux victimes de la guerre à sa façon et ça ne plait pas à tout le monde
7 mars 2026En frappant l’Iran, Trump avait plusieurs idées en tête (mais beaucoup restent à démontrer)
La « Fureur épique » a succédé au « Marteau de minuit ». Un peu plus de huit mois après une première série de frappes contre les infrastructures nucléaires iraniennes, Israël et les États-Unis ont lancé une nouvelle opération contre l’Iran ce samedi 28 février. Des installations militaires ont été bombardées et les agences de presse iraniennes ont confirmé que des explosions ont retenti dans plusieurs villes, dont la capitale Téhéran, que les autorités locales appellent désormais à évacuer.
Le ministère israélien de la Défense a rapidement fait état d’une « frappe préventive », tandis que Donald Trump a évoqué une « opération de combat majeure » pour « défendre le peuple américain » et permettre aux Iraniens de se soulever et de prendre le « contrôle de [leur] destin ». Cette opération intervient alors que le président américain souffle le chaud et le froid depuis des mois, oscillant entre menaces militaires et promotion d’une issue diplomatique.
Des représentants iraniens et américains se sont rencontrés à plusieurs reprises lors de pourparlers, dont le troisième cycle s’est achevé jeudi à Genève et qui portaient notamment sur la question nucléaire. Ce samedi, Donald Trump a choisi de mettre ces discussions – mal parties il est vrai – au placard et d’opter pour la voie militaire. Le HuffPost fait le point sur les raisons avancées par le président américain pour justifier cette nouvelle opération.
• Punir la répression sanglante des Iraniens et les libérer
Depuis les manifestations qui ont secoué l’Iran en décembre et en janvier, Donald Trump a fréquemment dénoncé la violente répression qui s’est abattue sur la population iranienne. Selon l’ONG Human RIghts Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 7 000 personnes ont été tuées – des manifestants pour la plupart. Donald Trump, quant à lui, a fréquemment cité le chiffre de 32 000 manifestants tués – soit le bilan relayé par les médias iraniens en exil.
« L’aide est en route », avait-il lancé en janvier aux Iraniens, alors qu’une armada américaine d’envergure était déployée au Moyen-Orient. « Pendant des années, vous avez demandé l’aide de l’Amérique […] mais aucun président n’a jamais voulu faire ce que je vais faire ce soir », a déclaré le président américain dans une vidéo ce samedi matin, vendredi soir outre-Atlantique. « Il est temps de prendre le contrôle de votre destin, a ajouté Donald Trump, c’est l’heure d’agir, ne la laissez pas passer. »
Mais le recours aux frappes pour libérer les Iraniens est très loin de faire l’unanimité. Si l’opposant au régime Reza Pahlavi, le fils du chah renversé en 1979, avait appelé Washington à une intervention militaire « urgente » pour faire tomber la République islamique, d’autres opposants Iraniens n’y sont pas favorables. « On ne libère pas les peuples en les bombardant », a par exemple affirmé l’avocate franco-iranienne Chirinne Ardakani sur le plateau de l’émission En Société, rappelant que les frappes affectent aussi la population civile.
• Dissiper le spectre du nucléaire iranien (exagéré par Trump)
L’autre argument central de Donald Trump porte sur la menace militaire que représenterait l’Iran pour les États-Unis, et par extension pour le monde. Sur le plan nucléaire tout d’abord, Washington et les Occidentaux accusent depuis des années Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. Le régime iranien dément ces accusations en défend son droit au nucléaire civil, bien qu’il atteigne un taux d’uranium enrichi bien supérieur au niveau nécessaire pour les besoins civils.
Alors que les discussions entre Américains et Iraniens étaient dans l’impasse, Donald Trump a haussé le ton lors de son discours sur « l’état de l’Union » mardi devant le Congrès. Le locataire de la Maison Blanche y a fustigé les « sinistres ambitions nucléaires » de l’Iran, affirmant que Téhéran a relancé son programme nucléaire depuis les frappes de juin dernier et qu’il dispose de suffisamment de matériaux nucléaires pour fabriquer une bombe sous peu.
Ces allégations sont infondées selon le New York Times, qui assure que les experts n’ont pas de preuve que l’Iran a repris l’enrichissement d’uranium ou qu’il développe un mécanisme permettant de faire exploser une bombe. En outre, les stocks d’uraniums déjà enrichis par l’Iran sont toujours enfouis depuis les frappes de l’opération de juin 2025, rendant improbable la construction d’une bombe dans un avenir proche.
• Écarter la menace de missiles balistiques (qui n’existent pas)
Au cœur de la rhétorique trumpiste, on retrouve aussi les missiles balistiques iraniens, dont les Américains étaient furieux qu’ils ne soient pas au menu des derniers pourparlers. Si Israël a également poussé pour la question soit abordée, Téhéran s’y refuse et met en avant son droit à l’autodéfense. Sur ce sujet aussi, Donald Trump s’est fait de plus en plus dramatique au cours des derniers jours.
Lors de son discours sur « l’État de l’Union » et dans une vidéo publiée ce samedi, le milliardaire républicain assure que les Iraniens construisent des missiles capables d’« atteindre bientôt le territoire américain ». Des allégations contredites par des sources au sein des renseignements étasuniens citées par CNN et par l’agence Reuters.
Un document non classifié de la Defense Intelligence Agency (DIA) cité par les deux médias et datant de l’année dernière estime qu’il faudrait atteindre 2035 pour que Téhéran développe un missile balistique intercontinental « militairement viable ». Selon une source de Reuteurs, même avec l’aide de la Chine et de la Corée du Nord, il faudrait probablement huit ans à l’Iran pour produire « quelque chose qui soit réellement opérationnel ».
• Éliminer l’« axe de la résistance » orchestré par Téhéran
En s’en prenant à l’Iran, les États-Unis et Israël cherchent également à asphyxier définitivement l’« axe de la résistance » orchestré par Téhéran. Il repose sur des forces alliées dans la région qu’il arme et qu’il finance, à savoir : les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, mais aussi les rebelles Houthis du Yémen et des milices en Irak.
Dans ses déclarations ce samedi, Donald Trump a dit vouloir « faire en sorte que les proxys terroristes […] ne puissent plus déstabiliser la région ou le monde, ni attaquer nos forces ». Le président américain affirme ne plus « tolérer » la « terreur généralisée » au Moyen-Orient. « Le régime [iranien] a armé, entraîné et financé des milices terroristes qui ont aspergé la terre de sang et de tripes », a-t-il dénoncé.
Reste à voir comment les discours répétés de Donald Trump sur la paix vont survivre à l’offensive de ce samedi en Iran. « Sans mandat ni base juridique » pour justifier son attaque, « le président américain viole la charte de l’ONU quelques jours seulement après l’entrée en fonction de son “Conseil de la paix” » controversé pour Gaza, souligne The Guardian.
Pour le quotidien britannique comme pour plusieurs médias anglophones, Donald Trump a joué les cow-boys « en l’absence d’une quelconque menace iranienne crédible et imminente envers les États-Unis ». Soit le fondement, en droit international, d’une frappe justifiée.

9999999
