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Après sept jours de bombardements intensifs, le régime iranien a toujours les moyens de répliquer. Des explosions ont retenti au Koweït, au Bahreïn et en Irak. Ce qui pose notamment la question de la capacité des Américains et de leurs alliés à intercepter les missiles, et surtout, les drones iraniens.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Dans une traînée de fumée, des missiles iraniens décollent, l’un après l’autre. Des images de propagande diffusées par les Gardiens de la Révolution dans la matinée de ce vendredi 6 mars, pour affirmer qu’ils peuvent toujours riposter après une semaine de guerre. Des missiles qui ont frappé un immeuble dans la capitale du Bahreïn aujourd’hui. Mais aussi, selon les Iraniens, des localités irakiennes, un pétrolier américain dans le détroit d’Ormuz, et le Koweït, où la population est suspendue aux alarmes, l’oreille tendue, les yeux levés vers cette guerre qui se joue dans le ciel.
Au cœur de la bataille, l’efficacité de la défense anti-aérienne. Les pays du Golfe sont équipés de batteries anti-missiles. Lorsqu’une fusée est détectée dans un rayon de 150 km, sa vitesse et sa trajectoire sont calculées afin de projeter un missile pour l’intercepter. Les Émirats arabes unis disent ainsi avoir détruit 180 missiles iraniens en une semaine. Mais combien de temps pourront-ils tenir ?
« Cette guerre demande beaucoup de stocks au niveau des pays du Golfe puisque lorsque l’Iran envoie un missile, il faut au moins deux à trois contre-mesures pour pouvoir espérer atteindre, si tout va bien, l’objectif. Le problème, c’est que l’Iran, pendant des années, a constitué ses propres stocks, mais pas du tout les pays du Golfe », Benoît Grémare, chercheur associé à l’Institut d’études de stratégie et de défense (IESD).
D’autant que la menace vient aussi des drones Shahed, lancés depuis l’Iran par milliers. Contre eux, les systèmes anti-aériens sont moins efficaces et très coûteux, 80 fois plus chers que leurs cibles. Il faut compter 4 millions de dollars le missile contre 20 000 à 50 000 dollars le drone Shahed. Surtout, les stocks de missiles anti-aériens s’épuisent. Les États-Unis et les pays du Golfe auraient demandé l’aide de l’Ukraine, qui a su passer maître dans la défense anti-drone grâce à des drones intercepteurs. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se dit aujourd’hui prêt à négocier son aide : « Notre message est très simple. Nous souhaitons négocier discrètement avec les pays afin de recevoir les missiles rares dont nous avons besoin et fournir un nombre équivalent d’intercepteurs », a-t-il fait savoir.
À défaut de pouvoir tout intercepter, pour eux, les Américains et les Israéliens ont une priorité : détruire les lanceurs iraniens de missiles et de drones.

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