
«Ma famille était menacée et je n'avais pas le choix» : un Pakistanais jugé coupable aux Etats-Unis d'avoir fomenté l'assassinat de politiciens, dont Donald Trump et Joe Biden
7 mars 2026
Le Sénat intègre à son tour le non-consentement à la définition pénale du viol
7 mars 2026
ANWAR AMRO / AFP
Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, a été élu ce jeudi 9 janvier président de la République. (Photo de Joseph Aoun le 16 décembre 2024).
LIBAN – « Une nouvelle ère de l’histoire du Liban commence aujourd’hui », a-t-il annoncé. Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, a été élu ce jeudi 9 janvier président de la République, mettant fin à une vacance de plus de deux ans à la tête du pays, qui a aggravé ses crises économique et politique.
Joseph Aoun a recueilli 99 voix sur 128 au Parlement lors d’une deuxième session dans l’après-midi. Il n’avait obtenu que 71 voix au premier tour de scrutin dans la matinée, les 30 députés du Hezbollah pro-iranien et de son allié, le mouvement chiite Amal, ayant voté blanc.
L’État aura le « monopole des armes »
Mais une rencontre au Parlement entre des représentants des deux formations et le commandant en chef de l’armée au Parlement, entre les deux tours, a changé la donne, lui assurant la majorité nécessaire pour l’emporter.
Le président élu, en tenue civile, est entré dans l’hémicycle sous les applaudissements pour prêter serment. Puis, il a déclaré que son élection marquait le début d’une « nouvelle ère » de l’histoire du pays dans laquelle l’État aura le « monopole des armes », après une guerre dévastatrice entre le mouvement islamiste Hezbollah pro-iranien, lourdement armé, et Israël.
Dans son premier discours au Parlement, il s’est aussi engagé à des consultations rapides pour nommer un Premier ministre et à respecter « la trêve » avec Israël.
Une candidature appuyée par les États-Unis
La candidature du commandant en chef de l’armée, qui a une réputation de probité et d’impartialité, était appuyée par les États-Unis et l’Arabie saoudite, poids lourd régional, selon des responsables politiques libanais.
Des ambassadeurs de plusieurs pays ainsi que l’émissaire français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, ont assisté à la session parlementaire. Et les pressions diplomatiques se sont intensifiées sur les parlementaires pour les pousser à choisir le commandant en chef de l’armée.
Le Hezbollah, acteur incontournable de la scène politique, est sorti affaibli après deux mois de guerre avec Israël et la chute début décembre du président syrien, Bachar al-Assad, son allié.
Rôle clé de l’armé dans le cessez-le-feu avec Israël
Depuis la fin du mandat du président sortant, Michel Aoun (sans lien de parenté avec le commandant en chef de l’armée), en octobre 2022, le Parlement n’est pas parvenu à élire un président.
Les détracteurs du Hezbollah l’accusent d’avoir bloqué l’élection en voulant imposer son candidat, Sleimane Frangié. Or, ce dernier a annoncé mercredi son retrait de la course en faveur du commandant de l’armée.
Des analystes estiment que le rôle clé de l’armée dans la mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre, a été un facteur déterminant pour l’ascension de Joseph Aoun vers la présidence.
Cette élection s’est tenue après un sérieux revers infligé par Israël au Hezbollah dans la guerre qui les a opposés, tuant notamment son chef, Hassan Nasrallah.
Le nouveau président a la lourde tâche de désigner un Premier ministre, à la tête d’un nouveau cabinet qui devra obtenir la confiance de la communauté internationale et mettre en œuvre des réformes urgentes, destinées à relancer l’économie et à reconstruire les zones dévastées dans le sud.
En vertu du système confessionnel de partage du pouvoir, la présidence du Liban est réservée à un chrétien maronite. Le Liban était doté d’un système présidentiel mais les pouvoirs du chef de l’État ont été largement diminués par l’accord de Taef ayant mis fin à la guerre civile (1975-1990) au profit du Conseil des ministres présidé par un musulman sunnite.
À voir également sur Le HuffPost :

9999999
