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7 mars 2026
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7 mars 2026A quelques semaines des élections municipales, le budget de la ville de Paris est scruté à la loupe, en particulier la dette, qui atteint 9,4 milliards d’euros, a été quasiment multipliée par 7 en 25 ans.
Paris vit-elle au-dessus de ses moyens? La dette de la Ville, qui culminait à 9,4 milliards d’euros fin 2025, cristallise les critiques à six semaines des élections municipales, tandis que la majorité sortante défend son bilan bec et ongles.
« La Ville de Paris, elle va très bien sur le plan financier, elle est toujours dans une situation d’excédent budgétaire », répète Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, fustigeant « le procès fait à des politiques publiques redistributives, principalement en faveur du logement ».
Défendant son bilan, la maire PS sortante Anne Hidalgo qualifie aussi la situation de « saine », « confirmée systématiquement par les agences de notation », dans un contexte où les crises n’ont cessé de s’enchaîner, du Covid à la flambée énergétique.
Le désengagement de l’État a de plus fait « tomber à zéro » la dotation globale de fonctionnement de Paris, signale Anne Hidalgo, rappelant que l’équipe en place a « choisi de continuer à investir dans la transition écologique » plutôt que de laisser « une dette écologique irréversible » aux générations futures.
A la fois commune, département et intercommunalité, le cas de Paris est difficilement comparable à celui d’une autre collectivité.
Sa dette n’en demeure pas moins l’un des angles d’attaque favoris des candidats à l’Hôtel de Ville. « Grégoire, c’est Hidalgo en pire. Il est le candidat du dépôt de bilan », fustige sa concurrente de droite Rachida Dati.
Même son de cloche chez Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons et Renaissance, pour qui la Ville serait « au bord de la faillite ».
En octobre, la chambre régionale des comptes pointait une « situation financière dégradée fin 2024 ne permettant plus à la Ville de financer ses investissements autrement que par un recours à l’emprunt supérieur aux ratios prudentiels ».
« Montants impressionnants »
Interrogé, l’adjoint aux finances Paul Simondon rappelle qu’il y a eu « des moments extrêmement compliqués au cours desquels les recettes ont fortement diminué et les dépenses, en grande partie obligatoires comme les dépenses de solidarité, ont explosé ». Citant, non sans ironie, une durée de désendettement de « 330 ans en 2020 », il juge « très facile d’affoler tout le monde avec des montants impressionnants ».
L’an dernier, la situation s’est pourtant redressée à la faveur de la reprise du marché immobilier.
Le budget voté en décembre affiche ainsi une durée de désendettement de 12,2 ans et une épargne brute de 800 millions d’euros pour 2026, contre 570 millions un an auparavant. Mais la trajectoire de la dette, passée de 1,4 milliard en 2001, avant l’arrivée des socialistes, à 9,7 milliards fin 2026, nourrit le soupçon.
« En 2001, il n’y avait pas de dette mais il n’y avait pas non plus de crèches », argumente Paul Simondon, rappelant aussi que Paris a réussi à atteindre, en s’endettant, le taux de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU.
Acquisition et rénovation de logements sociaux, végétalisation de l’espace public, rénovation des écoles… En 2026, l’exécutif prévoit 1,6 milliard d’euros d’investissements, autofinancés à 80% pour un patrimoine global évalué à 47 milliards d’euros.
Interrogé, un ex-édile socialiste souhaitant garder l’anonymat pointe pourtant des « arbitrages faits quasi systématiquement en faveur de dépenses supplémentaires », notamment portées par les alliés écologistes et communistes.
Il relève aussi une tendance à financer des services publics « au-delà du périmètre des compétences » de la Ville, même si « rien n’est insurmontable » pour Paris qui a « largement les moyens de réduire son train de vie ou d’augmenter les impôts ». L’acceptabilité de telles mesures n’est toutefois « pas évidente », selon lui.
Anne Epaulard, professeure d’économie à Paris Dauphine, estime elle que « l’ensemble des investissements réalisés étaient nécessaires » et qu’il n’y a « vraiment pas péril en la demeure ». Elle précise aussi que la transition écologique « coûte cher ».
Un cadre d’une grande banque souhaitant garder l’anonymat trouve, lui, le délai de désendettement « un peu élevé » mais constate aussi que la Ville « trouve des prêteurs et reste en situation de respecter les règles de l’équilibre budgétaire ».
« Une dette locale pose question lorsqu’elle dépasse les capacités de remboursement ou obère les marges de manœuvre ultérieures », observe Christian Escallier, spécialiste des finances locales.
Or « avec un ratio de désendettement un peu tendu et une épargne brute exposée à des éléments volatils comme les droits de mutation, il est permis de s’interroger sur la capacité de Paris à maintenir son rythme d’investissements sans procéder à des ajustements », analyse-t-il.

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