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7 mars 2026La pétition contre la loi Duplomb arrive enfin à l’Assemblée, mais il ne faut pas en attendre grand-chose
HENRIQUE CAMPOS / Hans Lucas via AFP
La pétition contre la loi Duplomb revient à l’Assemblée nationale ce 5 novembre.
POLITIQUE – 2,1 millions de signataires, et après ? Cet été, la pétition contre la loi Duplomb a explosé tous les compteurs. Mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, elle a recueilli un nombre record de signatures, loin devant le précédent record, établi à 260 000. Signe que la protection de l’environnement et le droit à la santé sont des thématiques de nature à mobiliser la société. Censé protéger le métier d’agriculteur, le texte porté par le sénateur LR Laurent Duplomb a largement été décrié par les médecins, les scientifiques et les ONG.
Six mois après ce succès dans l’opinion, les députés se pencheront sur cette pétition dans l’hémicycle à partir de 15 heures. Mais les chances de voir la loi Duplomb abrogée sont nulles. En effet, l’Assemblée n’a prévu, pour le moment, de n’étudier que la pétition, et pas le texte voté dans l’hémicycle.
« À mon sens, ça ne sert à rien », estime par exemple une députée écologiste, citée par l’AFP, déplorant aussi qu’il ait été « décalé 15 fois ». L’ampleur de la mobilisation contre cette loi aurait dû permettre « qu’elle soit remise au vote des parlementaires », a abondé le chef des députés communistes Stéphane Peu, et non pas de seulement la faire rediscuter « quelques heures dans l’hémicycle ». Pour un député MoDem, il ne s’agira que d’un « pugilat ».
Aux abords de l’Assemblée, le moment sera l’occasion pour les opposants à ces textes d’un nouveau rassemblement, prévu à partir de 12 heures 30 à l’appel de plus de 200 organisations selon le collectif Nourrir, dont Greenpeace ou la Confédération paysanne (troisième syndicat agricole). Plusieurs dizaines de rassemblements ont déjà eu lieu en France ce week-end, démontrant une mobilisation toujours forte sur le sujet.
La loi du sénateur Laurent Duplomb, adoptée au Parlement début juillet, avec le soutien des macronistes, LR et l’extrême droite, facilite le stockage de l’eau ou l’agrandissement de bâtiments d’élevage. Mais une autre mesure avait concentré l’indignation : la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe et accusé d’être un « tueur d’abeilles » par ses détracteurs.
L’abrogation discutée lors de la niche LFI
Maigre lot de consolation pour ses détracteurs : la loi avait en partie été censurée par le Conseil constitutionnel le 7 août. Les Sages avaient notamment retiré la réintroduction contestée d’un pesticide jugé dangereux, l’acétamipride. Où mèneront les discussions à l’Assemblée ?
Pour les ONG, l’arrivée de la pétition dans l’enceinte de l’Assemblée nationale est déjà une bonne nouvelle. L’association anti-pesticides Générations futurs s’est ainsi réjouie de son examen et espère que ce sera « l’occasion de mettre fin à la désinformation sur les néonicotinoïdes ». Auprès du média spécialisé dans l’écologie Vert, la députée Delphine Batho prévient toutefois : « La pétition ne demande pas un débat, elle demande l’abrogation. » Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost, 65 % des Français sont favorables à un nouveau passage de la loi Duplomb devant le Parlement.
Pas de quoi faire désarmer le sénateur en question qui a déposé, la semaine dernière, une nouvelle proposition de loi visant à réintroduire le fameux insecticide controversé, en prenant en compte les remarques du Conseil constitutionnel.
Une nouvelle « charge trumpiste, dangereuse, provocatrice », a dénoncé la députée insoumise Aurélie Trouvé, accusant la droite de « piétiner » la pétition « la plus importante de l’histoire parlementaire ». Une nouvelle pétition contre ce deuxième texte a même été lancée. Elle atteint les 100.000 signatures ce mercredi matin.

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