
Une journaliste hispanophone aux États-Unis depuis 5 ans arrêtée par l’ICE, un jour après avoir couvert des actions de la police de l’immigration
7 mars 2026
Chiffres clés 2024 des prestataires de services de financement participatif
7 mars 2026
MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP
Sébastien Lecornu le 28 janvier à Paris.
Ouf de soulagement pour Sébastien Lecornu qui a réussi ce que personne n’imaginait possible il y a encore quelques semaines. En échappant aux deux motions de censure présentées ce lundi 2 février, le Premier ministre sauve son poste et dote la France d’un budget. Qu’importe que cela se soit fait au prix de quelques reniements, dont celui sur l’usage du 49.3 auquel il avait promis de ne pas recourir.
La première motion déposée par La France insoumise, les Écologistes et les communistes a été votée par seulement 260 députés, trop juste pour atteindre la barre fatidique des 288 voix nécessaires. Celle du Rassemblement national a, ensuite, recueilli encore moins de suffrages, seulement 135.
Ces deux échecs ne sont pas une surprise puisque le Parti socialiste, pourtant dans l’opposition, avait annoncé ne pas vouloir joindre ses voix aux textes. Ce qui n’a évidemment pas plu aux autres forces de gauche. Jusqu’au dernier moment, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, avait tenté de mettre la pression sur ses collègues, estimant que le budget « obtenu » par les socialistes, « c’est de l’embrouille », ajoutant qu’il ne voyait « plus vraiment ce qu’il y a de gauche » dedans. Sur le même ton, la députée écologiste Sandrine Rousseau les a appelés à « ne pas oublier » qu’ils sont « dans l’opposition ».
Du côté de l’extrême droite, où l’on misait sur une censure du gouvernement pour provoquer une dissolution de l’Assemblée nationale, l’amertume est la même. Marine Le Pen a déclaré ce week-end que Sébastien Lecornu « a sorti le carnet de chèques des Français » pour « acheter le PS ». « Tout le monde paye pour que Sébastien Lecornu reste en place », avait-t-elle déploré le 31 janvier lors d’un déplacement en Moselle. Et de la même manière que LFI a mis la pression sur le PS, le RN avait appelé les députés LR à sanctionner l’exécutif. En vain.
En poste jusqu’en 2027 ?
À droite, où l’on soutient pourtant (même difficilement) le gouvernement, le budget laisse également un goût amer. Dans une interview au Parisien, le patron des députés LR Laurent Wauquiez a affirmé que « ce n’est pas un bon budget, il n’y a pas assez d’efforts sur la baisse des dépenses publiques ». Même certains membres du camp présidentiel, telle l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, peinent à masquer leurs doutes. « Je pense que ce n’est pas un bon budget parce qu’il ne prépare pas l’avenir », a-t-elle déclaré au micro de Sud Radio ce 2 février.
Quoiqu’il en soit, Sébastien Lecornu a réussi sa mission et plus rien ne semble obstruer son maintien au poste de Premier ministre jusqu’en 2027. « Il faut savoir terminer une crise politique », philosophait-il il y a une dizaine de jours. Il s’est encore réjoui lundi, dans un message sur X, que la France ait « enfin » un budget, qui n’est « pas le texte du gouvernement » mais « le résultat d’un compromis parlementaire, intégrant des amendements de tous les groupes ». Le psychodrame du budget, qui aura donné quelques sueurs froides, est désormais clos. Place à de nouveaux débats.

9999999
