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« Va chier »: la nouvelle campagne de prévention contre le cancer du colon utilise à dessein des mots « crus » pour sensibiliser à propos de l’enjeu vital du dépistage. Pas assez de Français le réalisent, déplore ce samedi sur RMC Emmanuel Ricard, directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer.
« Va chier. Dites-le à ceux que vous aimez, ça peut leur sauver la vie. » Tel est le slogan de la nouvelle campagne de prévention de la Ligue contre le cancer contre le cancer colorectal et son dépistage, à partir de 50 ans. Les acteurs Franck Dubosc et Kyan Khojandi mais aussi l’humoriste Marine Leonardi ou encore la chanteuse Suzane participent ainsi à la campagne de publicité, en posant à côté de toilettes.
17.000 morts par an
Des mots « crus » mais utiles pour sensibliser sur ce qui est un véritable enjeu de santé publique, explique ce samedi sur RMC Emmanuel Ricard, directeur de la prévention à la Ligue contre le cancer. « Nous, ce qui nous fait chier, c’est qu’on a 47.000 personnes qui font un cancer du côlon chaque année et 17.000 en décèdent », rappelle-t-il. Et ce « alors qu’on a un test de dépistage simple, gratuit, facile à faire et qui permet d’orienter les gens vers la coloscopie ». Le dépistage consistant à envoyer un extrait de ses selles, par la Poste, à un laboratoire.
En cas de suspicion, le patient sera donc amené à faire une coloscopie, « un mauvais moment à passer », concède Emmanuel Ricard, « permet de voir si on a un cancer du côlon ou du rectum et aussi de détecter les polypes, qui, si on les laisse évoluer sur une dizaine d’années, vont se cancériser. On un moyen de diagnostiquer le cancer, un moyen de détecter des lésions précancéreuses qu’on peut retirer avant que ça se cancérise », professe-t-il.
« Dans 9 cas sur 10, on guérit »
Il rappelle également que « dans 9 cas sur 10, on guérit parce que la caractéristique du cancer du côlon, c’est que vous retirez la zone où il y a le cancer. Soit vous retirez le polype cancérisé, c’est-à-dire qu’on découpe le petit champignon, soit, si c’est plus important, on est obligé de découper la partie du côlon en étant large de façon à ne pas laisser de cellules. »
Selon les données de Santé publique France, le taux de participation au dépistage du cancer du colon entre 2022 et 2023, est de 34,2 %, stable depuis 2020 mais toujours inférieur au seuil européen acceptable (45 %). Alors pourquoi aussi peu de Français se font dépister?
« Vous n’avez pas de signe, donc vous vous dites ‘rien à faire’. Ça s’appelle le silence des organes. Quand on ne sent rien, on se dit ‘tout va bien’. Bon, là, on est un peu comme sur les voitures, il faut faire le contrôle technique », illustre Emmanuel Ricard.
Le dépistage du cancer du colon « n’est pas sexy »
« Si on regarde les femmes qui ont le dépistage du cancer du colon et le dépistage du cancer du sein, on a 35% des femmes qui font le dépistage du cancer du colon. On est à 60% qui font le dépistage du cancer du sein. Pourquoi ? Parce que dépistage du cancer du côlon, on va manipuler des matières. Ce n’est pas sexy », regrette-t-il.
Emmanuel Ricard déplore une « perte de chance » et analyse la faible participation au dépistage comme « un vrai problème en France ». « Quand on regarde les pays scandinaves ou quand on regarde les Pays-Bas ils sont à des taux de participation de 70-80%. » Espérons que cette nouvelle campagne de sensibilisation incitera davantage les Français à se rendre aux toilettes.

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