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JIM WATSON / AFP
Groenland : les États-Unis avancent déjà la prochaine étape de leur chantage avec l’Europe
Après les menaces, le marchandage, l’augmentation des droits de douane, Donald Trump compte bien utiliser tous les leviers possibles pour mettre la main sur le Groenland. Quitte même à saboter quatre ans de travail de soutien à l’Ukraine face à l’agression russe ? Lors d’une interview sur l’émission Meet the Press de NBC News, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a mis cette possibilité sur la table, dimanche 18 janvier.
Face à lui, la journaliste de NBC News a évoqué les inquiétudes légitimes des alliés européens quant à l’avenir de l’OTAN alors que Trump menace de s’approprier le Groenland de gré ou de force. Elle a rappelé les avertissements selon lesquels toute initiative américaine visant à annexer le territoire danois semi-autonome de l’Arctique pourrait « détruire l’OTAN ».
« Pour être franche, je vais vous poser la question. Qui du Groenland ou de l’OTAN est le plus essentiel à la sécurité nationale des États-Unis ? », a demandé la journaliste Kristen Welker. Scott Bessent a balayé ces préoccupations : « Les deux. Kristen, c’est évidemment un faux dilemme. » « Pas du point de vue des Européens », a rétorqué son interlocutrice. C’est alors que survient la réponse du secrétaire au Trésor qui interroge.
Et si Washington lâchait Kiev ?
Pour lui, « les dirigeants européens finiront par comprendre qu’ils ont besoin de la protection américaine » car « que se passerait-il en Ukraine si les États-Unis retiraient leur soutien ? Tout s’effondrerait ». Donald Trump aurait-il pour projet de faire du chantage en menaçant de laisser tomber Kiev face à l’invasion russe ? Interrogé sur la volonté de Trump de garder les États-Unis au sein de l’OTAN, Scott Bessent a répondu : « Bien sûr ; nous allons rester membres de l’OTAN. »
« Mais ce que le président Trump ne souhaite pas, c’est qu’une guerre éclate et que les États-Unis soient entraînés dans le conflit. Encore une fois, nous n’allons pas externaliser la sécurité de notre hémisphère occidental », a-t-il ajouté. Et de conclure : « je crois que les Européens comprendront que le meilleur résultat serait que les États-Unis conservent ou obtiennent le contrôle du Groenland. »
Donald Trump n’a de cesse de répéter que les États-Unis fournissent une aide à l’Ukraine largement plus grande que celle apportée par l’Europe, évoquant le chiffre de 300 milliards d’euros. Mais dans les faits, au 31 octobre 2025, Washington avait apporté un total de 114,6 milliards d’euros (133,7 milliards de dollars US) d’aide à Kiev depuis le début de l’invasion russe, contre 188,6 milliards d’euros pour l’Europe selon le Kiel Institute.
Pas de prix Nobel de la Paix ? Pas de paix
Et pour justifier ce chantage, le président américain semble animé par un fond de vengeance. En témoigne sa dernière lettre aberrante au Premier ministre norvégien lundi 19 janvier dans laquelle il dit qu’il n’a plus besoin de penser « uniquement à la paix » après avoir échoué à remporter le prix Nobel de la paix.
« Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à “PLUS” de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix », a-t-il dit, ajoutant que « peut maintenant réfléchir à ce qui est bon et approprié pour les États-Unis ».
Le cabinet du Premier ministre a confirmé l’authenticité de la lettre et a rappelé que le prix Nobel de la paix n’était pas décerné par le gouvernement norvégien. « J’ai clairement expliqué, y compris au président Trump, ce qui est bien connu, à savoir que le prix est décerné par un comité Nobel indépendant et non par le gouvernement norvégien », a-t-il indiqué. Une réalité qui ne devrait pas atteindre le champ de perception du septuagénaire.

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