
Le journal des outremers du samedi 07 mars 2026
7 mars 2026
ESEF – Vos questions fréquentes
7 mars 2026Maintenant que le budget est (presque) derrière lui, Lecornu va pouvoir s’atteler à tous ces dossiers
THOMAS SAMSON / AFP
Sébastien Lecornu, à Baigneux lors d’un déplacement consacré à l’agriculture le 30 janvier 2026.
• L’agenda s’annonce chargé pour le Premier ministre qui doit faire avec les priorités d’Emmanuel Macron.
• D’ici à la présidentielle, des textes importants sur la fin de vie, la Nouvelle-Calédonie et le logement sont annoncés.
Pas question de donner raison à ceux qui instruisent le procès de l’exécutif en « immobilisme ». La séquence budgétaire presque derrière lui – il faudra attendre l’examen prévu lundi soir des deux motions de censure pour tourner définitivement la page – le Premier ministre Sébastien Lecornu installe peu à peu les sujets sur lesquels il entend avancer en attendant la présidentielle omniprésente dans les agendas politiques quinze mois avant le scrutin.
Premier dossier sur sa pile : un petit remaniement de son équipe ministérielle, alors que le ministre de la Culture Rachida Dati a annoncé son intention de quitter le gouvernement pour se consacrer à sa campagne municipale parisienne. Cet ajustement effectué, le Premier ministre pourra s’atteler à d’autres tâches sur lesquelles il pense pouvoir trouver une « voie de passage » parlementaire, même sans majorité. Il lui faudra aussi tenir compte de la pause prévue à l’Assemblée nationale entre le 1er et le 22 mars pour le scrutin municipal.
Il faut donc aller vite sur certains sujets, à commencer par le projet de loi d’urgence agricole. Annoncé mi-janvier, en pleine mobilisation contre le Mercosur et la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire, le projet de loi d’urgence portera sur plusieurs « priorités », définies à ce stade comme « l’eau, la prédation et les moyens de production ». Le texte sera présenté en Conseil des ministres au mois de mars et examiné par le Parlement « avant l’été » a promis Sébastien Lecornu. Le calendrier n’est pas choisi au hasard : le mois de mars arrivera juste après le salon de l’Agriculture (21 février-1er mars), un rendez-vous aussi propice à l’expression du mécontentement agricole qu’aux annonces des responsables politiques.
Des dossiers imposés par Macron et le calendrier
Les deux urgences suivantes lui ont été imposées par Emmanuel Macron. La première porte sur la défense avec le renforcement « d’ici au 14 juillet » 2026 de la loi de programmation militaire, à hauteur de 36 milliards d’euros supplémentaires. Fin novembre déjà, Sébastien Lecornu s’était engagé à « saisir » le Parlement d’un vote pour « permettre (…) aux formations politiques de dire si oui ou non elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées ».
La seconde concerne la lutte contre le narcotrafic. Le 29 janvier, le président de la République a demandé « un plan douanes massif » pour « muscler notre action dans les ports et les aéroports. » Sébastien Lecornu et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin doivent « rendre ce plan dans un mois », a rapporté la présidence.
Ces demandes présidentielles expédiées, Sébastien Lecornu devra ensuite se pencher sur des dossiers imposés par l’horloge qui tourne avant la présidentielle. À commencer par celui sur la fin de vie. Il se compose à ce jour de deux propositions de loi, une sur les soins palliatifs et l’autre instaurant une « aide à mourir » pour certains types de patients. Après le vote du Sénat le 28 janvier, le texte doit revenir à l’Assemblée nationale mi-février selon les prévisions de Yaël Braun-Pivet qui mise sur une adoption définitive « avant l’été ».
Juste ensuite dans la liste se trouve la Nouvelle-Calédonie. Érigée en « priorité » par Sébastien Lecornu dès son arrivée à Matignon, la poursuite des discussions autour de l’accord de Bougival a accouché d’un accord annexe, dit « Élysée-Oudinot » courant janvier. Ce texte fixe les élections provinciales « avant le 31 décembre 2026 », ce qui oblige le gouvernement à s’emparer rapidement du dossier. Il lui faudra en effet faire adopter par le Parlement national son projet de loi constitutionnelle qui dégèle le corps électoral. L’arrivée de ce texte est prévue au Sénat le 24 février. Il lui faudra ensuite être adopté par l’Assemblée nationale puis ratifié par les deux chambres réunies en Congrès. Viendra ensuite une validation par les Calédoniens, possiblement entre juin et juillet. Un programme dense dans un laps de temps restreint, et à la concrétisation d’autant plus risquée que l’accord se fait sans le principal mouvement indépendantiste kanak.
« Urgence » logement et décentralisation
Enfin, Sébastien Lecornu entend investir le champ du logement, une « des grandes urgences dans le pays » à régler avant la présidentielle, a déclaré le chef du gouvernement en marge d’un déplacement le 23 janvier. Il s’est donné un objectif de construction de « 2 millions de logements d’ici à 2030 » incluant 125 000 logements sociaux dès 2026.
Reste un dossier, ouvert par le Premier ministre dès son arrivée à Matignon : la promesse d’un « grand acte de décentralisation. » Fin octobre, une circulaire parue au Journal officiel ébauchait un calendrier, avec l’examen du texte au Sénat « avant les élections municipales ». Les discussions ont commencé à la Chambre Haute mais elles pourraient traîner en longueur, percutées par d’autres dossiers plus urgents. En marge d’un déplacement le 23 janvier, Sébastien Lecornu a écarté l’idée d’un « grand soir » avec la suppression d’un échelon dans les collectivités. Mais il a confirmé le maintien d’un « grand texte » qui sera « sans nul doute » un des « prochains rendez-vous ». Si les soubresauts de la vie politique et le calendrier parlementaire bien chargé le lui permettent.

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