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JC MILHET / Hans Lucas via AFP
Un drapeau de La France insoumise lors d’un meeting de Jean-Luc Mélenchon.
L’agression, extrêmement violente, a été filmée par un téléphone portable. Vendredi soir, alors qu’elle collait des affiches pour la liste de La France insoumise à Strasbourg, Jamila Haddoum a été prise à partie par un homme qui l’a menacée de mort en brandissant un couteau. Il lui aurait ainsi dit : « Je vais te trancher la gorge. »
Au moment de son agression, Jamila Haddoum se trouvait avec ses enfants de 15 et 16 ans. La travailleuse sociale, en dixième position sur la liste menée par Florian Kobryn, s’est vue proférer des insultes telles que « gauchiste de merde », « salope » et « pute ».
« Je dénonce le climat mortifère de haine et de défiance à l’encontre de La France insoumise, pourtant premier rempart contre la montée de l’extrême droite. Nous appelons à un sursaut républicain et antifasciste, ainsi qu’à une fin de campagne apaisée, loin des attaques dont nous faisons l’objet », a exprimé Florian Kobryn, « sous le choc ».
« Personne ne devrait être menacé au couteau pour ses idées politiques », a déclaré Jamila Haddoum ce samedi sur France 3 Alsace. Elle a déposé plainte et une enquête est en cours. Il n’y a eu, à ce stade, aucune interpellation selon plusieurs médias locaux.
Climat d’intimidation
À une semaine du premier tour, la violence qui s’exprime dans le cadre de la campagne des municipales monte d’un cran, en particulier contre les insoumis. Vendredi, une réunion publique à Faches-Thumesnil, près de Lille, a aussi été perturbée par une quinzaine de militants d’extrême droite, des « néonazis » selon la direction du mouvement.
À Strasbourg, ce n’est pas la première fois que la liste LFI est prise pour cible. « La serrure du local de campagne a été forcée, de la colle a été mise dans la serrure. Des excréments ont été déposés devant le local », énumère Florian Kobryn auprès de l’AFP. Mais avec cette agression, il le reconnaît : « Ça prend une tout autre tournure ».
Beaucoup font le lien entre ces agressions et le climat politique qui tend à marginaliser La France insoumise, voire à la diaboliser. Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, le mouvement de gauche a été pointé du doigt pour ses liens avec la Jeune Garde et son refus de se désolidariser du mouvement antifasciste. « Cette diabolisation de LFI est un danger, les agressions se sont multipliées », dénonce le député Antoine Léaument en apportant son « soutien à Jamila et à ses enfants ».
Selon la candidate aux élections municipales à Paris Sophia Chikirou, les agressions contre les militants insoumis « sont le résultat de la propagande politico-médiatique qui arme les esprits faibles et haineux ». Ajoutant : « Le silence du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le place du mauvais côté ». Le député Hadrien Clouet estime lui aussi que « le ministère de l’Intérieur doit prendre des mesures fermes contre la montée des violences d’extrême droite ». Les Français sont appelés aux urnes les 15 et 22 mars pour élire leurs maires.

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