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7 mars 2026On vous présente Abigail Spanberger, la « démocrate modérée » qui va répondre à Donald Trump
WIN MCNAMEE / Getty Images via AFP
Abigail Spanberger est devenue la première femme gouverneure de l’État de Virginie en novembre 2025, après avoir remporté l’élection avec plus de 14 points d’avance sur la concurrence.
• Elle a été élue gouverneure de Virginie en 2025 après avoir remporté quelques années plus tôt un district réputé imperdable par les républicains.
• Ancienne de la CIA, elle a fait de la bataille économique l’un de ses axes de campagne.
Comme chaque année, le locataire de la Maison Blanche va se plier à l’exercice du discours sur l’état de l’Union ce mardi 24 février au Capitole. Donald Trump dressera le bilan de son action sur l’année écoulée et précisera ses priorités pour l’avenir, alors même qu’il fait face à une cote de popularité en déclin. À l’issue de son discours, qui devrait être long « parce qu’il a beaucoup à dire », Abigail Spanberger aura la charge de lui répondre, au nom du camp démocrate. Traditionnellement, l’opposition prépare une ou plusieurs réponses au discours du président.
Et nul doute que la réponse de cette femme, qui avait centré sa campagne en Virginie sur le rejet de Trump, n’aura rien de complaisante. Abigail Spanberger, 46 ans, est devenue la première femme élue gouverneure de l’État de Virginie en novembre dernier. Une victoire écrasante de plus de 14 points qui a fait basculer cet État, réputé conservateur, dans le camp des démocrates. Depuis, elle est considérée comme une figure emblématique du parti.
« Mardi, je me réjouis de me joindre aux Virginiens dans ce lieu historique pour écrire le prochain chapitre de notre histoire : une vision claire d’un avenir plus fort, plus sûr et plus abordable pour chaque Américain qui considère notre pays comme sa patrie », s’enthousiasme Abigail Spanberger.
Une ex de la CIA qui veut parler avec ses rivaux
Avant de se lancer en politique, Abigail Spanberger, née dans le New Jersey, a travaillé au service d’inspection postale américain. Elle y était chargée d’enquêter sur des affaires fédérales de stupéfiants et de blanchiment d’argent. Elle a ensuite travaillé pendant huit ans à la CIA, notamment comme agent infiltré. Et pour finir, elle a mis ses services à disposition d’un cabinet de conseil.
En 2018, elle remporte le 7e district de Virginie, devenant la première démocrate à remporter cette élection à la chambre des représentants . Elle se démarque alors parmi les nouvelles têtes présentes dans l’hémicycle en se revendiquant centriste, avec plusieurs autres collègues, et tournée vers les questions de sécurité, venue avant tout au Congrès pour « résoudre des problèmes ».
Elle a travaillé sur plusieurs projets de loi bipartites et en a été la figure de proue, notamment des projets de loi visant à prévenir les surdoses de fentanyl et à soutenir les anciens combattants de son État.
Tout au long de son mandat elle a rappelé à son parti « la nécessité de tourner la page dans notre façon de dialoguer avec l’opposition et de pouvoir enfin nous concentrer sur les priorités les plus importantes pour les habitants de ma circonscription ». Appelant ainsi à un dialogue avec le camp adverse. Elle s’était également opposée à une partie de la gauche qui avait répondu aux appels du public de « désarmer la police ». Selon elle, il était nécessaire de changer de position, sans quoi ils seraient « écrasés » lors des prochaines élections.
« Fervente défenseuse du coût de la vie » en opposition à Trump
Finalement, en novembre 2025, cette mère de trois enfants remporte le poste de gouverneure de Virginie après une campagne axée sur l’économie. En parallèle du rejet de Donald Trump, elle s’était concentrée sur le coût de la vie et l’emploi. Dans un contexte d’inflation persistante, le thème a fait mouche auprès des électeurs. Dans son discours de victoire, Abigail Spanberger a promis qu’en tant que gouverneure, elle se concentrerait « sans relâche sur ce qui compte le plus, faire baisser les coûts, assurer la sécurité ».
La Virginie est souvent considérée comme un indicateur pour les élections de mi-mandat. Certains ont donc suggéré que la victoire décisive d’Abigail Spanberger montrait qu’une stratégie axée sur les questions économiques pourrait s’avérer efficace pour les démocrates ailleurs.
Et justement ce sujet ressortira très probablement lors du discours sur l’État de l’Union, puisque Trump devra convaincre des Américains et des républicains dubitatifs que l’« âge d’or » qu’il leur a promis est à portée de main. Et ce ne sera pas une mince affaire puisqu’il voit sa cote de popularité en fort déclin. Environ deux tiers des Américains désapprouvent sa gestion de l’inflation, selon un récent sondage.
« Abigail est une fervente défenseure de la réduction du coût de la vie, de la protection du système de santé face aux attaques incessantes de l’extrême droite et de la préservation des fonctionnaires fédéraux afin qu’ils puissent servir le peuple américain sans ingérence politique », avait justifié Hakeem Jeffries, qui est à la tête du Parti démocrate. Et d’ajouter : « Elle contraste fortement avec Donald Trump, qui, mardi soir, mentira, détournera l’attention et rejettera la faute sur tout le monde sauf sur lui-même pour son échec présidentiel. »
Le profil « démocrate modérée » plaît
Elle a été préférée pour son côté « démocrate modérée » voire centriste à des figures plus clivantes de la gauche comme le fraîchement élu maire de New York, Zohran Mamdani. Ce dernier concentre justement les attaques de la droite, et laisse donc les démocrates se tourner vers des profils plus consensuels, comme celui d’Abigail Spanberger, ou encore de Mikie Sherrill, qui a remporté le siège de gouverneure du New Jersey. Les deux femmes sont de proches amies et ont mené leurs campagnes respectives main dans la main.
Après leurs élections, Wendy Schiller, professeure de sciences politiques à l’université Brown, estimait que les deux femmes « croient dans le message fondamental démocrate, mais ce sont des centristes, autrement dit elles ne sont pas perçues comme trop idéologiques ». Un atout auprès d’un électorat plus large qu’à New York, déjà acquis à la cause démocrate. De quoi augurer, pour elles, d’une nouvelle campagne en 2028, lorsque Donald Trump quittera la Maison Blanche ? Des parallèles avec Kamala Harris ont déjà fait surface à plusieurs reprises.

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