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BENOIT TESSIER / AFP
Pourquoi Israël menace d’interdire d’accès 37 ONG à Gaza, dont Médecins Sans Frontières
Des noms ou l’interdiction. Israël a annoncé mardi 30 décembre que les ONG travaillant à Gaza et n’ayant pas transmis la liste de leurs employés palestiniens d’ici ce mercredi ne pourraient plus y travailler en 2026. Elle accuse notamment deux membres de MSF de « liens avec des organisations terroristes ».
Un total de 37 organisations humanitaires est concerné a annoncé ce 31 décembre à l’AFP le gouvernement israélien. Selon un communiqué du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, cité par l’AFP, les organisations ayant « refusé de transmettre la liste de leurs employés palestiniens, afin d’exclure tout lien avec le terrorisme (…), verront leurs licences annulées à compter du 1er janvier ». Les organisations concernées « devront cesser toute activité d’ici le 1er mars 2026 ».
Précisant que seulement 15 % des ONG sont visées, le ministère a ajouté que « les actes de délégitimation d’Israël, les poursuites judiciaires contre des soldats de Tsahal (armée israélienne, NDLR), la négation de la Shoah ainsi que la négation des événements du 7 octobre constituent des motifs de retrait de licence ».
Israël accuse directement Médecin sans frontières
Le texte affirme aussi que « certaines organisations internationales ont été impliquées dans des activités terroristes ».
Ces ONG refusent de se soumettre à cette obligation car « elles savent, comme nous le savons, que certains d’entre eux sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas », a déclaré mercredi Gilad Zwick, un porte-parole du ministère de la Diaspora, ajoutant : « pas de passe-droit, pas de combine ».
Il accuse directement Médecins sans frontières (MSF) d’avoir employé des personnes « entretenant des liens avec des organisations terroristes ». Selon le ministère, « un membre du Jihad islamique palestinien a été identifié » en juin 2024 comme employé de l’ONG. En septembre 2024, « un autre employé de MSF a été identifié comme tireur isolé du Hamas ».
MSF « préoccupée »
Contactée par l’AFP, l’ONG a affirmé qu’elle « n’emploierait jamais sciemment des personnes engagées dans des activités militaires ».
Quant au processus d’enregistrement de ses employés, MSF a assuré « poursuivre le dialogue avec les autorités israéliennes », ajoutant avoir déjà exprimé ses « préoccupations » concernant la transmission obligatoire de leurs identités.
Des ONG internationales avaient annoncé mi-décembre redouter de ne plus pouvoir travailler dans la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre, en raison de ces nouvelles procédures.
Israël assure que l’aide humanitaire ne « sera pas affectée »
Sur la centaine de demandes d’enregistrement soumises ces derniers mois, seules 14 avaient été rejetées fin novembre, selon le ministère, qui pilote depuis mars cette nouvelle procédure obligatoire.
« La grande majorité des ONG enregistrées opèrent dans la bande de Gaza et continueront à y exercer leurs activités », a affirmé de son côté le ministère des Affaires étrangères, selon lequel 99 % de l’aide humanitaire ne sera pas affectée par cette mesure.
Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre à Gaza, après une guerre meurtrière entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas. Mais une crise humanitaire menace ses 2,2 millions d’habitants.

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