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7 mars 2026Surtaxe sur les grandes entreprises, gel du barème de l’impôt sur le revenu… Voici ce que contient le budget 2026 définitivement adopté lundi soir
Le rejet de deux motions de censure ce lundi 2 février vaut adoption définitive du budget 2026. Un texte de compromis entre le gouvernement et le PS qui devrait réduire le déficit public à 5% du PIB.
La France enfin dotée d’un budget. Après un long et pénible marathon parlementaire, la loi de finances pour 2026 a été définitivement adoptée ce lundi 2 février. En dépit de sa promesse faite aux socialistes d’y renoncer, Sébastien Lecornu aura dégainé trois 49.3 (sur la partie recettes, la partie dépenses puis le texte définitif) pour faire passer sans vote le texte, sur lequel les députés ne sont pas parvenus à s’accorder.
Le chef du gouvernement a par ailleurs échappé à plusieurs motions de censure, dont les deux dernières du RN et de la gauche hors PS ont été rejetées ce lundi. Un rejet qui vaut adoption définitive du budget, que le gouvernement a largement négocié avec les socialistes pour obtenir un compromis et éviter qu’ils ne le censurent. Tour d’horizon des principales mesures.
• Le déficit attendu à 5% du PIB
La copie initiale du budget prévoyait de réduire le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, contre 5,4% du PIB en 2025. Il s’établira finalement à 5%, en raison des concessions accordées notamment au PS, que ce soit sur le budget de la Sécurité sociale ou celui de l’État. Les dépenses publiques passeront de 56,8 à 56,6% du PIB, et le taux de prélèvements obligatoires de 43,6 à 43,9%. Le déficit est chiffré pour l’État à 131,9 milliards d’euros, quasi stable par rapport à 2025, et réduit de plus de 30 milliards par rapport à 2024.
Le rapporteur général du budget au Sénat Jean-François Husson (LR) a lui fustigé une copie qui « aggrave le déficit de plus de 10 milliards d’euros par rapport au budget initial », et qui va continuer de creuser la dette, « à 118,2% du PIB en 2026, contre 115,9% en 2025 ». Le tout en faisant peser sur les entreprises « la part essentielle des hausses d’impôts ». Sébastien Lecornu a préféré souligner devant les députés que « pour la première fois depuis longtemps (…) la dépense ralentit réellement. »
« En 2026, la progression de la dépense publique en volume tombe à 0,9% contre 1,7% en 2025 et plus de 2% les années précédentes ».
• Impôts: un effort qui porte principalement sur les entreprises
Par rapport à la version initiale du budget, les entreprises peuvent regretter plusieurs hausses d’impôts: la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait ainsi rapporter 7,3 milliards d’euros en 2026, au lieu de 4 prévus au départ (et 8 milliards en 2025). Le gouvernement est aussi revenu sur la diminution prévue de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), récupérant 1,3 milliard. Si le patronat a dénoncé ces revirements, le gouvernement a mis en avant la stabilité du cadre fiscal:
« 99% des entreprises ne verront aucun changement fiscal en 2026 », a souligné la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Concernant les ménages, la stabilité prime aussi, le gouvernement ayant renoncé au gel du barème de l’impôt sur le revenu. Les retraités conservent leur abattement de 10% sur cet impôt. Et les socialistes ont échoué à faire adopter les mesures de taxation des hauts revenus qu’ils avaient portées, qu’il s’agisse de la taxe Zucman ou d’une nouvelle version de l’Impôt sur la fortune. La taxe sur les holdings, réduite à portion congrue, ne sera pas mise en oeuvre en 2026.
• Le budget des Armées grand gagnant
Le Premier ministre a souligné que le « coeur politique » du budget résidait « dans l’effort militaire ». Les crédits de la Défense augmentent ainsi de 6,5 milliards d’euros, quand d’autres « missions » voient leur budget stagner voire diminuer, hors ministères régaliens. Le programme d’investissements France 2030 a été amputé de 1,1 milliard d’euros, tandis que le « Fonds vert » pour accompagner la transition écologique dans les territoires a vu son budget passer de 1,15 milliard en 2025 à 850 millions en 2026 – une baisse certes moins forte que prévu.
Les socialistes se sont félicités d’avoir obtenu un coup de pouce de 50 euros par mois pour la prime d’activité versée aux travailleurs modestes, pour un coût estimé à 700 millions d’euros en 2026. Autres motifs de satisfaction pour eux, la généralisation des repas à un euro pour les étudiants, la revalorisation des Aides personnalisées au logement (APL), ou encore une ponction moindre qu’attendue des recettes des bailleurs sociaux.
Les autres forces de gauche ont plutôt mis l’accent sur les baisses de dépenses, accusant le gouvernement de reprendre d’une main ce qu’il a donné de l’autre. « On a des coupes très importantes qui se confirment dans plusieurs ministères voire sont accrues », a souligné le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, énumérant « la Cohésion des territoires, l’Aide au développement, le Sport, l’Agriculture, la Culture, ou l’Écologie ».
Également dans le viseur de La France insoumise la hausse des taxes pour renouveler des titres de séjour, ou le fait de réserver aux demandeurs d’emploi la possibilité de financer son permis de conduire via le Compte personnel de formation (CPF) – ce qu’a également critiqué le RN. La gauche se retrouve en revanche unie pour dénoncer la suppression de 4.000 postes d’enseignants pour la rentrée 2026.
• Retour des aides à la rénovation énergétique
Restreintes en septembre, suspendues en janvier faute de loi de finances, les aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ rouvriront après adoption définitive du budget 2026 de l’État. Le budget prévu à cet égard est de 3,6 milliards d’euros, une enveloppe équivalente à celle de l’année dernière, mais qui coûte moins cher à l’Etat grâce à un recours accru aux certificats d’économie d’énergie.
Avec ces fonds, l’Agence nationale de l’habitat prévoit de financer 150.000 travaux de rénovation isolés (changement d’une chaudière ou de fenêtres) et 120.000 rénovations globales de logements (68.000 en copropriété et 52.000 logements individuels). Cet objectif de 120.000 rénovations est cependant déjà amputé par les 83.000 dossiers encore en stock en cette fin d’année.
En matière de logement toujours, un nouveau dispositif fiscal pour inciter les Français à investir dans un logement pour le louer a été retenu par le gouvernement, après consensus des parlementaires et du secteur immobilier. Ce « statut du bailleur privé » ou « dispositif Jeanbrun » – du nom du ministre du Logement – va plus loin que la première version présentée par le gouvernement, puis amendée et votée par le Parlement.
• Les APL supprimées pour les étudiants étrangers hors UE
Le gouvernement a abandonné l’idée d’une « année blanche » des prestations sociales et les aides personnalisées au logement (APL) seront donc revalorisées avec l’inflation en 2026. En revanche, le texte prévoit de supprimer les APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers à partir de la rentrée 2026, une mesure dénoncée par les associations d’aide au logement.

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