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ASSOCIATED PRESS
Trump rencontre Xi : derrière les sourires, ces sujets restent explosifs entre les deux leaders
INTERNATIONAL – Une rencontre qui s’annonce « excellente » et des « échanges approfondis » en perspective… mais gare à ne pas trop creuser certains sujets. Donald Trump est arrivé ce mercredi 29 octobre à Gyeongju en Corée du Sud, où se tient le sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec), dernière étape d’une tournée en Asie.
Point culminant de ce déplacement, il doit y rencontrer jeudi 30 octobre le président chinois Xi Jinping. Un entretien qui pourrait acter une trêve dans la brutale guerre commerciale à laquelle se livrent les deux puissances.
Donald Trump envisage « une excellente rencontre », au cours de laquelle « beaucoup de problèmes vont être résolus ». « Nous leur avons parlé, nous n’entrons pas dans cette réunion à l’improviste (…). Je pense que nous allons obtenir un très bon résultat pour notre pays et pour le monde en réalité », a-t-il ajouté à bord d’Air Force One ce mercredi 29 octobre.
Concrètement, après cinq rounds de négociations, la Chine s’est dite prête à reprendre l’achat de soja américain et à retarder d’un an la mise en place de restrictions sur les exportations de terres rares et sur les technologies nécessaires à leur raffinage.
En échange, les États-Unis renonceraient de leur côté à infliger 100 % de droits de douane supplémentaires sur les marchandises chinoises, un assouplissement qui entrerait en vigueur le 1er novembre. Mais malgré autant de bonne volonté, il y a des sujets qui restent épineux entre les deux puissances.
Une issue sur le dossier complexe du fentanyl ?
C’est notamment le cas du dossier fentanyl, cette drogue qui empoisonne les relations sino-américaines depuis des années. Encore explosif il y a quelques mois, ce sujet a été abordé au cours des négociations et semble sur le point de trouver une issue lors de la signature de l’accord commercial entre Trump et Xi.
Les États-Unis accusent la Chine de ne pas suffisamment contrôler l’exportation des précurseurs chimiques produits sur son territoire. Ceux-ci sont utilisés par des cartels au Mexique pour fabriquer illégalement cet opioïde très puissant et très addictif, responsable d’une grave crise sanitaire aux États-Unis. Les opiacés synthétiques – principalement le fentanyl – ont causé 60 % des morts par overdose dans le pays en 2024, soit 48 000 décès.
Le sujet est ancien : l’administration Biden portait déjà ces accusations contre la Chine, qui avait suspendu toute discussion sur le sujet jusqu’en 2023, rappelle Le Point. Cette année-là, Washington avait ajouté Pékin à la liste officielle des principaux fournisseurs mondiaux de drogues illicites.
Le ministre américain des Finances a déclaré sur NBC que Pékin avait accepté « d’aider à mettre sous contrôle cette terrible crise du fentanyl ». L’accord commercial « va inclure une coopération très importante », a-t-il poursuivi. « Je pense que je vais réduire les droits de douane car je crois qu’ils vont nous aider avec le problème du fentanyl », a déclaré Trump, qui doit attendre Xi Jinping au tournant sur cette question.
Raisonner la Chine sur son aide à la Russie en Ukraine
Autre sujet ultrasensible : le soutien de la Chine à l’effort de guerre russe en Ukraine. Moscou et Pékin ont opéré un rapprochement qui inquiète l’administration américaine et brouille les équilibres stratégiques. Vladimir Poutine saluait d’ailleurs récemment des relations « à un niveau sans précédent », tandis que Xi Jinping évoquait leur « collaboration stratégique complète », selon Le Monde.
Pékin exporte chaque mois vers la Russie pour plus de 300 millions de dollars de biens à double usage, c’est-à-dire ayant des applications à la fois commerciales et militaires, selon une analyse des données douanières chinoises réalisée par le groupe de réflexion Carnegie Endowment et citée par la BBC.
Par ailleurs, Anatoliï Khraptchinsky, expert en guerre électronique, évoque auprès de L’Express le « renforcement de l’activité satellitaire chinoise » au-dessus de la région de Donetsk, à l’est de l’Ukraine, pour « consolider sa position d’observateur et d’arbitre potentiel ».
C’est pourquoi Volodymyr Zelensky a dit espérer que Donald Trump fera pression sur Xi Jinping afin que Pékin diminue son soutien à Moscou et ses importations d’hydrocarbures russes. Le président américain a dit penser que « Xi Jiping peut avoir une grande influence [sur Poutine]. Nous parlerons certainement de la Russie et de l’Ukraine ». Reste à voir s’ils arriveront à faire bouger les lignes.
L’incertitude Taïwan
Enfin, c’est le dossier qu’il sera difficile de mettre sur la table lors des discussions et qui pour l’instant ne semble pas avoir d’issue : Taïwan. Pékin revendique l’île comme son propre territoire. Si Washington ne reconnaît pas l’indépendance de l’île, elle continue de lui fournir des armes défensives. Selon RFI, ce soutien diplomatique et militaire ne sera pas remis en question lors de la rencontre.
« Aujourd’hui, il existe une incertitude quant à la manière dont le président Trump réagira lorsque le président Xi lui présentera inévitablement ses exigences concernant Taïwan », juge de son côté Henrietta Levin, chercheuse au Center for Strategic and International Studies, citée par l’AFP.
La Chine s’oppose depuis longtemps à la vente d’armes américaines à Taïwan et a demandé à Donald Trump de déclarer explicitement que les États-Unis s’opposaient à l’indépendance de l’île, ce qui irait au-delà de leur position actuelle.
« Je ne sais pas si nous allons parler de Taïwan. Je ne suis pas sûr. Il voudra peut-être poser la question. Il n’y a pas grand-chose à demander. Taïwan, c’est Taïwan », a déclaré Donald Trump ce mercredi. Pas sûr que Pékin l’entende de cette oreille.

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