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DAVID PILLET / Hans Lucas via AFP
Un navire russe arrêté par la France, Macron annonce l’ouverture d’une enquête. Photo d’illustration.
La Marine nationale française a arraisonné « un navire pétrolier en provenance de Russie » ce jeudi 22 janvier dans la matinée, a annoncé Emmanuel Macron. Le navire, arrêté en mer Méditerranée, est suspecté d’appartenir à la « flotte fantôme » russe finançant « la guerre d’agression contre l’Ukraine ».
Ce pétrolier, « sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon », a été intercepté « avec le concours de plusieurs de nos alliés », a précisé Emmanuel Macron dans un message sur X. Il a ensuite ajouté que « le navire a été dérouté » et qu’une « enquête judiciaire est ouverte ».
Le préfet maritime de Méditerranée a donné plus de détails dans un communiqué sur cette « action menée en coopération avec nos alliés dont le Royaume-Uni », qui s’est déroulée « en haute mer » entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, à bord du « pétrolier cargo Grinch en provenance de Mourmansk », port arctique de la Mer de Barents.
« Grinch » ou « Carl »
Cette opération « visait à vérifier la nationalité (du) navire », dont « l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré », ce qui a donné lieu à « un signalement au procureur de Marseille », développe la préfecture maritime, indiquant que le navire « est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications ».
Le pétrolier Grinch figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni, mais sous le nom de « Carl » sur la liste établie par l’Union européenne et les États-Unis. Selon le site marinetraffic, spécialisé dans le suivi des navires, au moment de son arraisonnement, il faisait route vers l’Est, entre Almeria (Espagne) et Oran (Algérie), arborant le pavillon des Comores.
Lutter contre la flotte fantôme russe
Pour Emmanuel Macron, cet arraisonnement réalisé « dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer » démontre que la France est « déterminée(e) à faire respecter le droit international et à garantir l’efficacité des sanctions » contre la « flotte fantôme » russe, dont « les activités contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine ».
Moscou possède une armada de pétroliers circulant sous le pavillon de complaisance et désignée sous l’appellation de « flotte fantôme ». Cela permet à la Russie de continuer d’exporter du pétrole et du gaz en contournant les sanctions occidentales, mises en place depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Emmanuel Macron avait estimé en octobre dernier que le commerce pétrolier imputé à cette flotte représente « plus de 30 milliards d’euros » pour le budget de la Russie, et permet de financer « 30 à 40 % de son effort de guerre » contre l’Ukraine.

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