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8 mars 2026après la mort d’Ali Khamenei, qui lui succédera pour devenir le nouveau guide suprême de l’Iran?
Après la mort d’Ali Khamenei, tué le 28 février 2026 à Téhéran, l’Iran est en période de transition. L’Assemblée des experts doit rapidement désigner un nouveau guide suprême, alors que Mojtaba Khamenei, fils du défunt, fait figure de favori. Qui deviendra le nouveau guide suprême de l’Iran? On en parle dans le nouvel épisode du Titre à la une.
Après la mort d’Ali Khamenei, tué le 28 février 2026, dans des frappes américano-israéliennes à Téhéran, l’Iran a officiellement entamé une période de transition. Le régime des mollahs veut aller vite et souhaite désigner « dès que possible » un successeur au guide suprême, en poste depuis 1989.
Plusieurs noms circulent pour devenir le troisième ayatollah de l’histoire de la République islamique, dont ceux d’Alireza Arafi, Mohsen Araki ou encore Hassan Khomeini. Mais un autre nom s’impose déjà comme favori: celui de Mojtaba Khamenei, le fils du défunt dirigeant. L’Assemblée des experts doit trancher, a priori dans les 24 heures, tandis que les tensions internationales, et notamment les déclarations de Donald Trump, pèsent déjà sur cette succession décisive.
Pour en parler, le nouvel épisode du Titre à la une reçoit Sébastien Regnault, spécialiste de l’Iran, chercheur au CNRS et auteur de La modernité iranienne, aux éditions de L’Harmattan.
Dans quel état se trouve aujourd’hui le pouvoir iranien?
Le pouvoir iranien est extrêmement affaibli, en particulier la direction militaire. Cependant, tout ce qui relève du civil et du régalien, ce qui permet de faire fonctionner l’État iranien comme les écoles ou les Affaires étrangères, reste intact.
Dans une guerre, on s’en prend à l’armée, et la direction militaire a été durement touchée. Il existe une contradiction lorsqu’on parle de « changement de régime »: bien que des têtes soient tombées, il existe un renouvellement permanent par des systèmes de nomination, de promotion et d’élection. L’État continue de fonctionner. Il faut distinguer l’appareil d’État et ses institutions (règles, procédures) des personnes qui l’incarnent. Tant que le régime continue de fonctionner institutionnellement, il n’y a pas de chute de régime.
Le vivier de ces cadres est-il inépuisable?
L’Iran compte 90 millions d’habitants. Environ 20% de la population gravite autour du régime, contre 80% plutôt hostiles. Parmi ces derniers, beaucoup recherchent avant tout la stabilité et une ouverture politique. Les 20% de soutiens représentent 15 à 20 millions de personnes. Comme la population est très bien formée, de nombreux cadres sont susceptibles de remplacer les dirigeants tués.
Comment 20% de la population peut-elle se maintenir face à une hostilité de 80%?
Ce sont eux qui dirigent l’État et disposent des armes, contrairement à la société civile. Pour obtenir une révolution, la question du maintien de l’ordre et des forces de sécurité est centrale. C’est un défi qui exige beaucoup de courage et d’abnégation. Ou alors il faut une révolution.
Aujourd’hui, l’Assemblée des experts est chargée de nommer le successeur de l’ayatollah Khamenei. Cherche-t-elle la continuité totale?
Le système de nomination est régi par la Constitution de la république islamique. L’Assemblée des experts se réunit pour désigner un successeur au guide par consensus et tractations, un processus comparable à un conclave au Vatican. Le successeur, quel qu’il soit, adoptera une politique et ne sera pas obligatoirement tenu de poursuivre dans la même voie.
L’Assemblée ne cherche donc pas forcément la continuité?
Le système n’est pas uniquement composé d’extrémistes. Khamenei était un dirigeant très dur avec une forte autorité, ayant placé ses hommes durant de longues années. Il y avait une réelle personnification du pouvoir en place. L’Assemblée décidera de l’héritage qu’elle souhaite donner à la République islamique, ce qui pourrait permettre l’émergence de nouvelles figures. Donald Trump s’est imposé pour désigner la personne en question: je crains qu’il subisse des échecs parce que ça relève de la politique intérieure.
On parle de Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah. Comment peut-il s’imposer dans un système qui n’est pas une monarchie héréditaire?
Comme dans beaucoup de sociétés traditionnelles, le fils profite de la position de son père pour s’imposer à l’intérieur du système. Bien qu’il n’ait pas de rôle officiel, il pesait auprès de son père et dispose d’un statut au sein du pouvoir. Toutefois, le guide suprême ne souhaitait pas que son fils lui succède, pour éviter l’instauration d’une « dynastie cléricale » après avoir renversé une dynastie royale.
D’autres personnages, comme Alireza Arafi, sont également pressentis. C’est un personnage important, d’origine kurde, ce qui est significatif dans un Iran cosmopolite. Cela pourrait constituer un compromis pour apaiser les velléités indépendantistes. Il a également des origines zoroastriennes anciennes. Le zoroastrisme, c’est la religion qui existait en Iran avant l’islam et qui existe toujours aujourd’hui. Il y a des temples zoroastriens, etc. Et ses aïeux se sont convertis à l’islam assez récemment. Mais le choix final résultera de tractations internes imprévisibles.
Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah, vit en exil et se présente comme un outil pour le retour de la démocratie. Comment est-il perçu en Iran?
Pour une partie de la population, il représente un symbole de liberté. Il a vécu à Los Angeles. Cependant, il n’a pas mis le pied dans son pays depuis plus de 40 ans. Le régime du Chah était une dictature militaire sous contrôle américain, ce qui avait conduit à la révolution de 1979. Cette révolution était initialement sociale et politique avant que les islamistes ne s’emparent du pouvoir.
Une révolution vous paraît-elle possible aujourd’hui?
La société iranienne est jeune (moyenne d’âge de 30-35 ans), ouverte et très bien formée. Ce sont les jeunes qui font les révolutions. Il existe une contradiction entre des dirigeants très âgés et une population jeune tournée vers l’avenir. Je pense qu’il va y avoir des électrochocs dans les prochaines semaines et les prochains mois. Les Iraniens ont soif de changement.
La répression a été terrible. La situation actuelle est délicate car la guerre a radicalisé le régime, augmentant les risques de violence et de répression. Il y a souvent plus de morts après la chute d’un régime qu’avant. Les Iraniens tenteront peut-être de trouver une voie pour changer de politique, mais cela se fera dans des tensions extrêmes.
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