
Tableau de bord des investisseurs particuliers actifs – n°20 – Octobre 2025
8 mars 2026
le président pourrait se débarrasser de sa Tesla
8 mars 2026Bernard Arnault qualifie Gabriel Zucman de « militant d’extrême gauche » et détruit son idée de taxe
JOEL SAGET / AFP
Cette combinaison de photos d’archives créée le 20 septembre 2025 montre l’économiste français Gabriel Zucman (à gauche) posant lors d’une séance photo à Paris le 12 juin 2024 et le PDG de LVMH Bernard Arnault, posant lors d’une séance photo à Paris, le 19 septembre 2017.
ECONOMIE – On ne l’imaginait évidemment pas en faveur de la mesure, mais il a tout de même tenu à le clamer haut et fort. Bernard Arnault, PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, a qualifié l’économiste Gabriel Zucman de « militant d’extrême gauche » dont l’idéologie « vise la destruction de l’économie libérale » dans une déclaration au Sunday Times publiée ce samedi 20 septembre.
« On ne comprend pas les positions de Monsieur Zucman si l’on oublie qu‘il est d’abord un militant d’extrême gauche. À ce titre, il met au service de son idéologie (qui vise la destruction de l’économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous) une pseudo-compétence universitaire qui elle-même fait largement débat », déclare Bernard Arnault au sujet de l’économiste auteur d’une proposition de taxe sur les très hauts patrimoines.
Cette taxe, proposée par l’économiste Gabriel Zucman, consisterait à taxer à hauteur de 2 % par an les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, ce qui concerne 1 800 foyers fiscaux. Si elle est vivement critiquée dans le monde patronal, ou au centre et à droite de l’échiquier politique, où l’on brandit la menace d’un effet délétère pour l’outil professionnel, elle est en revanche fortement soutenue par la gauche, qui y voit un levier pour davantage de justice fiscale.
Le principal intéressé a répondu directement sur ses réseaux sociaux à la charge de Bernard Arnault à son encontre, se disant « très surpris par le caractère caricatural » de ces attaques. « Vos propos me visant sortent du domaine de la rationalité et sont sans fondement. Essayons de reprendre un peu de mesure », a-t-il écrit sur X.
« La fébrilité n’autorise pas la calomnie. Les milliardaires ne paient pas ou presque d’impôt sur le revenu et 86% des français ont raison de vouloir mettre fin à ce privilège », a encore affirmé Gabriel Zucman.
Une « offensive mortelle »
Bernard Arnault détient avec sa famille la septième fortune mondiale et la première française selon le magazine Forbes, qui estimait en septembre son patrimoine à 154 milliards de dollars. Le PDG juge que Gabriel Zucman « présente la situation fiscale française de manière biaisée ».
« Car enfin, comment me mettre moi directement en cause alors que je suis certainement le tout premier contribuable à titre personnel et l’un des plus importants à travers les sociétés que je dirige », déclare-t-il.
« Il ne s’agit ni d’un débat technique ni économique, mais bien d’une volonté clairement formulée de mettre à terre l’économie française », accuse-t-il encore. « Je ne peux pas croire que les forces politiques françaises qui dirigent, ou ont par le passé dirigé le pays, puissent prêter la moindre crédibilité à cette offensive mortelle pour notre économie », ajoute Bernard Arnault.
En 2024, le groupe de luxe LVMH qui possède plus de 75 marques dont Louis Vuitton, Dior, Moët et Hennessy ou encore Chaumet, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 84 milliards d’euros et un bénéfice de 12,55 milliards d’euros.
Pas « d’alibi »
Ce mercredi, Gabriel Zucman a dit souhaiter que le cas des contribuables dont la fortune est uniquement en actions peu liquides ne devienne pas « un alibi » contre cette taxe.
« Parmi les 1 800 » contribuables français possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine, visés par sa proposition, l’économiste a convenu qu’il y avait « quelques dizaines de cas où il [allait] falloir réfléchir à des modalités de paiement », pour cette raison « d’illiquidité », c’est-à-dire d’indisponibilité d’argent liquide, par exemple avec des actions qui ne sont pas cotées en Bourse.
C’est notamment le cas dans la tech. Mardi sur France 2, Arthur Mensch, qui dirige la start-up française d’intelligence artificielle Mistral, a estimé ne pas pouvoir payer la taxe Zucman pour cette raison.
Gabriel Zucman, qui s’exprimait lors d’une journée organisée par France Digitale, association qui réunit des entreprises tournées vers le numérique, a estimé qu’il « ne fallait pas que ces dizaines de cas servent d’alibi pour ne pas taxer nos giga-milliardaires, car c’est ça qui est en train de se passer aujourd’hui : on instrumentalise quelques exemples particuliers ».
« Or, ce ne sont pas ces (dizaines de) personnes qui vont payer des masses importantes d’impôts, c’est qui vous savez… Ceux qui ont 50, 100, 150 milliards d’euros », a ajouté l’économiste.
Gabriel Zucman propose que les contribuables concernés paient l’impôt en nature en versant des actions dans un fonds souverain qui serait géré par la banque publique d’investissement Bpifrance. Le patron de celle-ci, Nicolas Dufourcq, s’est élevé avec virulence contre la taxe Zucman mercredi sur RMC, la qualifiant notamment de « communiste ».

9999999
