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8 mars 2026comment les candidats aux municipales cherchent à conquérir le cœur des propriétaires de chiens
Longtemps objets de récrimination, la place des chiens en ville est en train de changer au point que les candidats aux élections municipales font les yeux doux à leurs propriétaires. Sur le front des défenseurs des animaux, on regrette cependant que cet intérêt ne dépasse pas le sort des animaux de compagnie.
Des chow-chow, des shibas inus et des cavaliers King Charles qui déambulent à Châtelet-les Halles, des friandises à distribuer sous leurs jappements et au milieu, le candidat à la ville de Paris Pierre-Yves Bournazel. L’allure très sérieuse, et manifestement très heureux de passer du temps avec quelques chiens. En cette période de campagne électorale, le représentant d’Horizons et de la macronie n’est pas le seul à se mettre en scène avec nos amis à 4 pattes.
La scène n’a pas lieu qu’à Paris. À Menton, c’est Louis Sarkozy qui propose de créer des « toutous permanences » avec des points d’eau et « des points d’ébats » partout dans la commune.
Dans le Tarn, à Labruguière, à une heure de Toulouse, Molly, un berger belge, est quasiment un membre à part entière de la liste du maire sortant David Cucullières (PS). Cette jolie chienne noire a même posé en photo avec tous les candidats.
Dernier exemple, à Nice, c’est le candidat UDR Eric Ciotti qui s’est affiché sur la promenade des Anglais, émettant l’idée de créer un chèque vétérinaire:
Les propriétaires de chiens, « un vrai réservoir de voix »
Presque un Français sur deux possède un chien ou un chat, il se cache un électeur potentiel derrière chaque propriétaire d’animal de compagnie. Rien qu’à Paris, on compte pas moins de 100.000 maîtres de Médor et autres Croquettes.
« Quand vous êtes candidat, il ne faut négliger aucun détail. Et dans des municipales qui s’annoncent assez serrées dans plusieurs grandes villes, c’est un vrai réservoir de voix », observe ainsi Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine et spécialiste d’histoire politique.
Dans les états-majors, pas grand-monde n’a oublié que le parti animaliste avait dépassé les 2% aux dernières élections européennes en juin 2024 soit presque 500.000 électeurs – un résultat pas si loin du score du Parti communiste.
Et pourtant pendant des années, les chiens étaient plutôt vus comme un problème dans les villes, entre déjections à gérer, éventuelles nuisances sonores et animaux égarés à emmener à la fourrière. Une mauvaise image qui peut se comprendre: la ville de Paris ramasse ainsi chaque année plusieurs tonnes d’excréments canins pour un coût estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Jacques Chirac avait d’ailleurs fait campagne sur la lutte contre les déjections canines dans la capitale en 1977 avant de lancer 4 ans plus tard des moto-crottes, de petits bolides dotés d’un aspirateur. Plus prosaïquement, en 2014, alors maire de Bordeaux Alain Juppé avait lancé que « glisser sur une crotte de chien le jour d’élection pouvait changer un vote » dans les colonnes de Sud Ouest.
Quant à l’édile de Béziers, Robert Ménard (divers droite), il a instauré en 2023 le fichage ADN canin dans le centre de sa commune pour retrouver les propriétaires indélicats, inspirant au passage d’autres communes comme Saint-Omer (Pas-de-Calais).
La page de cette époque serait-elle définitivement tournée? À Paris, peut-être bien. Là où les propriétaires de chiens ne se côtoyaient guère il y a quelques années en dehors des parcs canins, plusieurs associations locales se sont créées dans de nombreuses grandes villes.
Rien qu’à Paris, on compte pas moins d’une dizaine de collectifs au nom souvent très inspirés, des Truffes des Batignolles aux Poilus de la Butte, désormais réunis au sein d’une association: Paris Condition Canine -PAR.C.C. De quoi leur donner une certaine force de frappe pour faire avancer la place des chiens dans la capitale.
« Nous avons une vraie vision de la place du chien en ville »
PAR.C.C qui se présente comme « la première force collective dédiée à la condition canine » à Paris s’est même fendu d’un livre blanc envoyé à tous les candidats aux municipales.
Leurs revendications sont larges, de la possibilité à tous les chiens tenus en laisse de pouvoir déambuler dans les parcs en passant par leur présence dans les bus (cette décision dépend de la RATP NDLR) et la création d’un conseil canin de Paris. Cet organe permettrait de passer au tamis toutes les décisions de la municipalité pour s’assurer qu’elles respectent l’intérêt des chiens.
« Aujourd’hui, ces collectifs sont devenus de vrais interlocuteurs pour nous. Avant, nous faisions des réponses au cas par cas en fonction des situations. Maintenant, nous avons une vraie vision de la place du chien en ville », observe le maire-adjoint socialiste Christophe Najdovski, en charge notamment de la condition animale.
Son candidat, Emmanuel Grégoire, ne s’y est pas trompé en consacrant une matinée de février à un débat autour la place des animaux à Paris. Surtout, un compte Instagram « Hots dogs with Emmanuel Grégoire », lancé par son entourage, répertorie de nombreux chiens – et parfois même quelques chats – confortablement lovés sur son programme.
Et tant pis sur la mairie de Paris croise actuellement le fer avec les usagers du caniparc du canal Saint-Martin, en colère après le déménagement sans concertation de cet espace consacré aux chiens.
Même topo pour la candidate des Républicains Rachida Dati qui organise depuis plusieurs années des apéros canins dans sa mairie du 7e arrondissement.
« Qu’une toute petite partie de la question des droits des animaux »
À Marseille, les candidats Benoît Payan (PS) et Martine Vassal (LR) à couteaux tirés depuis des semaines, ne sont d’accord que sur un seul point: la promesse de créer un cimetière animalier dans la cité phocéenne.
« C’est très bien de parler de vouloir défendre les chiens et on voit bien que certains espèrent que ce soit rentable politiquement mais ce n’est qu’une toute petite partie de la question des droits des animaux », regrette la co-présidente du parti animaliste Hélène Thouy.
Difficile de lui donner tort. Plusieurs associations ont multiplié les propositions. C’est le cas par exemple de la Ligue de protection des oiseaux qui appelle à réduire la pollution lumineuse des lampadaires municipaux la nuit, de l’association PAZ qui demande aux candidats de fermer les zoos municipaux ou encore de Zoopolis qui veut mettre fin aux « méthodes cruelles » contre les pigeons et les rats. Elles n’ont pour l’instant guère eu d’échos dans la campagne.
« Beaucoup de candidats ou d’élus défendent des animaux ‘bankables’ et refusent d’aller plus loin. On ne peut pas mettre d’un côté les animaux qu’on caresse et de l’autre ceux qu’on mutile ou enferme », déplore encore Hélène Thouy.
Pour tenter de peser, le parti animaliste présente des candidats dans une trentaine de grandes villes et peut se targuer d’avoir plusieurs maires-adjoints à la cause animale qui se représentent comme à Grenoble et Montpellier. L’effort reste cependant limité: seules deux listes autonomes se présentent à Sète et dans le 9e arrondissement de Paris.

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