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8 mars 2026
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8 mars 2026• Le vol vers Chengdu dure 10 heures, avec des soins constants pour les pandas. Leur retour au pays est lié à l’insuffisance rénale de Huan Huan.
• Contactée par le HuffPost, One Voice dénonce l’exploitation commerciale de ces animaux, utilisés par la Chine comme outil d’influence dans les relations internationales.
C’est l’heure du grand voyage pour Huan Huan et Yuan Zi. Le couple de pandas du zoo de Beauval retourne chez lui, en Chine, dont il était parti il y a treize ans, en 2012. Ce mardi 25 novembre au matin, c’était le branle-bas de combat au parc zoologique situé à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) pour que tout soit prêt et optimal pour ce rare déplacement d’envergure.
Sur Instagram, le compte officiel de Beauval a partagé chaque étape du processus en story pour expliquer comment l’unique couple de pandas géants hébergé en France va regagner sa Chine natale.
Toute la nuit, le centre a travaillé d’arrache-pied, le camion de transport étant déjà sur place vers 2h du matin. À 3h45, les soigneurs des pandas étaient sur le pied de guerre pour un débrief. Ceci juste avant de faire sortir du bâtiment les deux ursidés, âgés de 17 ans.
180 kilos de bambous frais, jerricans d’eau et escorte policière
Placés dans deux grandes caisses blanches d’1m50 sur 2 mètres « qu’ils connaissent très bien », selon le directeur du zoo, Rodolphe Delord, à 20 Minutes, ils ont tour à tour pris place dans un camion à leur effigie. À l’intérieur de celui-ci, pour les accompagner durant ce voyage de près de 9000 kilomètres : 180 kilos de bambous frais et plusieurs jerricans d’eau.
« On dirait que c’est presque comme si de rien n’était pour Huan Huan. Elle se gratte, elle est à l’aise », s’est amusé le directeur du parc Rodolphe Delord, au moment de s’enquérir de l’état de santé de la femelle.
Sous les au revoir émus de leurs soignants, certains à leurs côtés depuis treize ans, le couple est parti peu après 5h du matin sous escorte policière en direction de Roissy, précisément jusqu’au pavillon d’honneur. En chemin, une halte a été réalisée pour vérifier l’état des deux pandas pendant le transport.
« On a fait un arrêt sur l’autoroute pour voir s’ils allaient bien, ils dormaient, on les a réveillés, tout allait bien et ils se sont rendormis tout de suite donc pour le moment le transport ne les perturbe pas du tout », expliquait l’un des vétérinaires en story sur le compte Instagram du zoo avant de reprendre la route pour Charles-de-Gaulle.
Nourris au bambou tout au long du trajet
Là-bas, un représentant du ministre français délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre et un responsable de l’ambassade de Chine à Paris les ont retrouvés pour un dernier adieu, avant leur décollage à 12h30 pour le Centre de conservation de Chengdu, la capitale de la province de Sichuan, au centre-ouest de la Chine.
Reste le long vol jusqu’en Chine qui devrait durer une dizaine d’heures. Pendant le trajet, les vétérinaires et soigneurs seront aux côtés de Huan Huan et Yuan Zi pour tenter de rendre le transport moins pénible. « Ils ne seront pas endormis. Ils seront nourris au bambou tout du long. Ils sont habitués donc ils seront tranquilles. », a expliqué Rodolphe Delord. Ils voyageront également avec une température ambiante d’à peu près 20 degrés.
À leur arrivée, ils seront pris en charge par le Centre de conservation de Chengdu, dans le cadre du programme international de recherche et de reproduction des pandas géants. Une attention particulière sera donnée à Huan Huan dont l’insuffisance rénale a provoqué le départ anticipé du couple. Il ne reste plus que deux pandas à Beauval, nés de leur union, des jumelles, qui devraient y rester jusqu’en janvier 2027.
« Ces pandas n’ont rien à faire dans un avion »
Contactée par Le HuffPost, Muriel Arnal présidente de One Voice, association de défense des animaux, dénonce « l’exploitation commerciale » des ursidés et leur transport. « Ces pandas n’ont rien à faire dans un avion, ils devraient être dans une forêt de bambous. On ne va pas nous faire croire qu’ils sont bien dans un avion, qui peut croire ça ? Ça n’est pas leur place ils n’ont rien à faire là. », a-t-elle martelé.
Et de critiquer la communication du zoo de Beauval sur l’événement, notamment le reportage suivi du voyage vers la Chine : « La préservation de l’espèce ne peut pas se faire dans une entreprise commerciale. Tout ça, ce sont des images commerciales, mais les gens vont finir par ouvrir les yeux comme pour les orques de Marineland, le parc a fini par fermer ».
Espèce rare et vulnérable, les pandas en liberté se trouvent uniquement en Chine où ils sont utilisés comme outil d’influence dans les relations internationales. Dans le cadre de sa « diplomatie du panda », Pékin prête quelques exemplaires à l’étranger pour renforcer ses relations avec certains pays. En dehors de Chine, seulement une vingtaine de parcs zoologiques possèdent ces plantigrades herbivores.
Le zoo de Beauval, qui espérait « prolonger le partenariat (…) et pourquoi pas faire venir d’autres pandas dans le futur », a été exaucé ce mardi alors que l’ambassade de Chine à Paris a promis que de nouveaux pandas géants seraient envoyés en France. Le chargé d’affaires de l’ambassade, Chen Dong, a ainsi déclaré : « Rassurez-vous amis français, de nouveaux pandas géants arriveront dans le futur ».

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