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8 mars 2026Lecornu annonce des contrôles massifs face aux « pratiques abusives » de certaines stations-service
MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP
Lecornu annonce des contrôles massifs face aux « pratiques abusives » de certaines stations-service. Photo d’illustration.
Un début de semaine sous surveillance pour les stations-service. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce dimanche 8 mars sur X « un plan exceptionnel de 500 contrôles » dans les stations-service, « entre lundi et mercredi », pour éviter les « hausses abusives des prix à la pompe ».
« La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe », explique le Premier ministre, précisant que ces trois jours de contrôle, qui seront réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF), représentent « l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel ».
Le gouvernement avait annoncé vendredi que le SP95-E10, l’essence la plus consommée par les Français, avait augmenté de 10 centimes par rapport à la semaine précédente, avant le début de la guerre au Moyen-Orient. Cela correspond à une augmentation d’environ 5 euros pour le plein de 50 litres d’une petite voiture.
L’augmentation du gazole est encore plus marquée : il se vendait vendredi à 1,98 euro le litre en moyenne contre autour de 1,72 euro le 27 février, soit 26 centimes d’augmentation (+15 %).
Mais comment expliquer une hausse si rapide des prix à la pompe ? D’habitude, il faut attendre plusieurs semaines pour que les variations du marché du pétrole se répercutent sur les stations-service.
Mais cette fois, plusieurs facteurs se sont combinés : les marchés ont anticipé le conflit au Moyen-Orient, ce qui a fait grimper le prix du pétrole, les coûts de raffinage avaient déjà augmenté et l’Europe dépend en partie du gazole produit dans cette région. Résultat : les prix ont augmenté presque immédiatement, surtout pour le gazole, plus sensible à ces tensions que l’essence.
« Inconcevable » de baisser la TVA et le TICPE
Plusieurs partis politiques, dont le Rassemblement national et La France insoumise, se sont émus ces derniers jours de cette hausse des prix. La cheffe des députés RN Marine Le Pen avait proposé mercredi de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses. Son parti réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz.
Le président du RN Jordan Bardella avait aussi appelé dès lundi à baisser TVA et accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), l’autre taxe sur les carburants, « en cas de flambée ».
Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), a, lui, demandé au gouvernement de « réfléchir à un blocage des prix » de l’essence et, « si la situation perdure », de procéder à « des ajustements » sur l’accise.
La ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a estimé « inconcevable » de baisser TVA et TICPE car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’État.

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