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8 mars 2026Proche des conservateurs, enrichi grâce à des sociétés écran… Qui est Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, qui succède à son père en tant que guide suprême iranien?
Nommé nouveau guide suprême de la République islamique d’Iran, Mojtaba Khamenei remplace son défunt père Ali Khamenei, tué par les frappes conjointes d’Israël et des États-Unis le week-end dernier sur Téhéran. Le religieux de 56 ans a toujours été plus ou moins proche du pouvoir.
Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, a été désigné ce dimanche 8 mars nouveau guide suprême d’Iran. Le religieux de 56 ans remplace ainsi son père, tué par les frappes américano-israéliennes sur sa résidence de Téhéran le week-end dernier.
En 2024, Mojtaba Khamenei avait pourtant démenti un tel scénario de succession dynastique alors que la Révolution islamique a mis fin à des siècles de monarchie héréditaire en 1979.
Liens étroits avec les Gardiens de la Révolution
Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad (est), Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants de l’ex-guide suprême et le seul à avoir une position publique même sans avoir de fonction officielle.
En raison de sa discrétion dans les cérémonies officielles et dans les médias, sa véritable influence a donné lieu à d’intenses spéculations durant des années au sein de la population iranienne comme dans les sphères diplomatiques.
Le religieux, qui porte une barbe poivre et sel et le turban noir des « seyyed », les descendants du prophète Mahomet, a été présenté par certains comme le véritable patron, agissant dans les coulisses du bureau du guide suprême, le coeur du pouvoir en Iran.
Il est considéré comme proche des conservateurs, en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Cette relation date de son engagement dans une unité combattante à la fin de la longue guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988).
Proche du pouvoir bien avant sa nomination
Le Trésor américain avait indiqué en 2019, en imposant des sanctions contre lui, que Mojtaba Khamenei « représentait le Guide suprême à titre officiel, bien qu’il n’ait jamais été élu ni nommé à un poste gouvernemental, en dehors de ses fonctions au sein du bureau de son père ».
Ali Khamenei « a délégué une partie de ses responsabilités de direction » à son fils, « qui a travaillé en étroite collaboration avec le commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique ainsi qu’avec la force de résistance Bassij afin de faire avancer les ambitions régionales déstabilisatrices de son père et ses objectifs intérieurs répressifs », ajoutait le Trésor américain sur son site.
Des opposants l’ont notamment mis en cause pour son rôle dans la violente répression ayant suivi la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qui avait provoqué un vaste mouvement de contestation.
À peine nommé et déjà menacé par Israël et Donald Trump
Selon une enquête de Bloomberg, Mojtaba Khamenei s’est fortement enrichi en tissant un vaste réseau de sociétés écrans à l’étranger. Sur le plan religieux, il a étudié la théologie dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, où il a également enseigné. Il a atteint le rang d’hodjatoleslam, un titre donné aux clercs de rang intermédiaire, inférieur à celui d’ayatollah qu’avaient son père et Rouhollah Khomeini.
Son épouse, Zahra Haddad-Adel, fille d’un ancien président du Parlement, a également été tuée dans les frappes américano-israéliennes ayant provoqué la mort du guide suprême et de sa femme, selon les autorités iraniennes.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a averti mercredi que tout successeur à Ali Khamenei deviendrait « une cible ». Même son de cloche du côté de Donald Trump, qui a déclaré ce dimanche sur ABC que le prochain dirigeant iranien « ne tiendra pas longtemps s’il n’obtient pas (son) aval ».

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