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9 mars 2026« 30 ans qu’on n’avait pas connu un hiver à plus de 450 mm de précipitations » : pourquoi la saison météorologique qui s’est achevée a été « exceptionnelle » dans l’Aude
L’hiver météorologique couvre les mois de décembre, janvier et février. Dans l’Aude, comme sur les quatre autres départements de l’ancien Languedoc-Roussillon, le bilan climatique est marqué par des cumuls de précipitations massifs après plusieurs années déficitaires.
+ 229 % de précipitations par rapport à la normale
« Des pluies abondantes en cumul mais aussi en nombre de jours de pluies après plusieurs hivers et années déficitaires » : voilà, résumé en une phrase par Florence Vaysse, référente territoriale Languedoc et Roussillon à la direction interrégionale Sud-Est (DIRSE) de Météo France, le bilan climatologique de l’hiver 2025-2026 vécu dans les cinq départements de l’ex Languedoc-Roussillon (LR). Une saison qui, en termes météorologiques, couvre les mois de décembre 2025 à février 2026. Florence Vaysse n’hésite pas à parler d’un « hiver exceptionnel, à rapprocher de l’hiver 1996 », avec de « très forts cumuls, de trois à quatre fois la normale sur l’est de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, sur l’Hérault et dans les Cévennes gardoises et lozériennes ».
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À l’échelle du département, la responsable de Météo France plante le décor : « Cela fait 30 ans qu’on n’avait pas connu un hiver à plus de 450 mm (1 mm correspond au recueil d’un litre d’eau par m2 au sol, Ndlr). » Si le phénomène est aussi marquant, c’est qu’il survient après « quatre hivers successifs très déficitaires ». Avec une moyenne départementale de 496 mm pour une normale de 217 mm, c’est tout simplement « une anomalie de 229 % » qui a été enregistrée, avec des excès respectifs de 168 %, 274 % et 238 % sur les mois de janvier (record, devant janvier 1979 et janvier 1986, Ndlr), février et mars : faisant de ce cru un « hiver record devant 1972, 1982 et 1996 », depuis le début du relevé des précipitations dans le département lors de l’hiver 1961. Un constat qui s’explique notamment par les précipitations qui ont accompagné les passages des tempêtes Nils, Oriana et Pedro dans l’intervalle d’une semaine, les 12, 14 et 19 février 2026. La 1re, Nils, a d’ailleurs valu à l’Aude de vivre sa 5e vigilance rouge depuis 2005.
Des records quotidiens et mensuels en série
Comme l’Aude, les quatre autres départements de l’ex-LR ont vécu un hiver exceptionnel en matière pluviométrique : une saison « record », comme pour l’Aude, en Lozère, avec un cumul de 636 mm, le plus élevé depuis 65 ans ; le 2e hiver le plus pluvieux depuis le début des relevés pour l’Hérault (736 mm) ; et enfin le 3e cumul de précipitations le plus haut depuis 1961 dans le Gard (541 mm) et les P.-O., avec « 484 mm pour une normale 200 mm soit une anomalie de 242 % ». Pour revenir à l’échelle audoise, l’ensemble du département, et tout particulièrement l’est du territoire, a profité du retour des pluies : des anomalies ont ainsi été mesurées à 354,6 mm à Lézignan-Corbières, 336 mm à Leucate, 293,6 mm à Narbonne, mais aussi à 235,5 mm à Limoux et 204,4 mm à Carcassonne, sur les trois mois.
De quoi aboutir à des cumuls hors normes sur l’hiver, chiffrés à 781,5 mm aux Martys, en montagne Noire, ou 470,1 mm à Narbonne. La traduction d’une litanie de records quotidiens ou mensuels sur de nombreuses stations : à Lézignan-Corbières, le seul 15 décembre 2025 a valu d’enregistrer un cumul de 137,9 mm de pluies, record sur la période 1990-2026, alors qu’à Caunes-Minervois, le 18 janvier 2026 a coïncidé avec 106,2 mm (record sur 1989-2026). Du côté des records mensuels, Leucate, Lézignan-Corbières et Narbonne ont vu tomber les maximums enregistrés pour un mois de janvier avec des cumuls de 235 mm, 286,7 mm et 276,2 mm : de nouveaux records pour des stations où les mesures sont réalisées depuis 1995, 1990 et 1989. Records mensuels, aussi, cette fois pour un mois de février, aux Martys (383,8 mm, mesures depuis 1993), et à Mouthoumet (199,7 mm, depuis 1989).
Des accumulations de jours à plus de 1 mm de pluie
Si autant de records ont été battus, c’est aussi parce que les jours avec précipitations se sont multipliés. Le nombre de jours de pluies supérieures à 1 mm est ainsi chiffré, sur l’ex-LR, « entre 20 et 30 jours sur plaines littorales et 30 et 50 jours en périphérie » : « Cela représente souvent le double de la normale », résume Florence Vaysse. À l’échelle de l’Aude, les deux villes les plus peuplées symbolisent cette accumulation exceptionnelle de journées pluvieuses : à Carcassonne, 39 jours de pluies supérieures à 1 mm ont été relevés sur les mois de décembre 2025, janvier et février 2026, pour une normale de 26 jours : plaçant le cru 2025 au 2e rang après l’hiver 2018 et les 42 jours recensés. À Narbonne, le constat est plus parlant encore, avec 31 jours à plus de 1 mm de pluie pour une normale de 16 jours. En 1996, 34 jours à plus de 1 mm avaient été comptabilisés, un record qui tient donc toujours. Et qui mène Florence Vaysse à redire le constat de l’hiver météorologique exceptionnel traversé : « A Narbonne, cela fait près de 30 ans qu’il n’y avait pas eu tant de jours de pluies. »
Une humidité des sols superficiels elle aussi « record » à la mi-février 2026
Logique conséquence de précipitations records, un changement majeur est aussi survenu pour l’indicateur de l’humidité des sols superficiels, le soil wetness index (SWI) : un outil qui mesure, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile, c’est-à-dire l’eau disponible pour l’alimentation des plantes. Lorsque le SWI est voisin, voire supérieur à 1, le sol est humide, et tend vers la saturation. S’il tend vers 0, ou passe en dessous, le sol est en état de stress hydrique, voire très sec. À l’échelle de l’ancien Languedoc et Roussillon, l’hiver 2025-2026 a permis d’aboutir à des « niveaux de sécheresse superficielle en forte baisse sur tous les départements avec de nombreux records de l’indicateur SWI », traduisant des « saturations fréquentes » des sols en eau. L’Aude, ou un record sec avait été relevé fin octobre 2025 (SWI entre 0,1 et 0,2), a vu la situation changer du tout au tout entre les 20 et 27 décembre 2025 : les SWI mesurés sont passés de « plutôt bas » (SWI à 0,4) à une valeur « médiane » (SWI à 0,8). Le 17 janvier 2026, les précipitations accumulées permettaient le début d’une « révolution » : le SWI quittait la médiane pour un « record haut » le 18 février, avec un SWI à 1,16, surpassant des anciens records qui dataient de 1972 et 1959.

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