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OMAR AL-QATTAA / AFP
Des Palestiniens déplacés reçoivent des rations alimentaires, dans le quartier de Zeitoun à Gaza, le 23 octobre 2025.
GAZA – Loin du compte. L’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza est « insuffisante » et n’a pas permis une amélioration de la situation dans ce territoire palestinien en proie à la famine, a alerté ce jeudi 23 octobre l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
« La faim est toujours présente car il n’y a pas assez de nourriture » qui parvient à la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et « la situation reste catastrophique », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse en ligne depuis le siège de l’OMS à Genève.
Depuis l’entrée en vigueur le 10 octobre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et le Hamas, « la famine n’a pas reculé car il n’y a pas assez de nourriture », a-t-il averti.
Loin de l’aide annoncée par le plan Trump
Israël a coupé à plusieurs reprises l’aide à la bande de Gaza pendant la guerre, dégradant des conditions humanitaires déjà désastreuses. L’ONU dénonce une situation de famine dans certaines parties de ce territoire palestinien.
Mais alors que l’accord négocié par le président américain Donald Trump prévoit l’entrée de 600 camions par jour, Tedros Adhanom Ghebreyesus a assuré qu’actuellement seuls 200 à 300 camions y pénétraient quotidiennement. Et « un grand nombre de ces camions sont commerciaux », a-t-il ajouté, soulignant que de nombreuses personnes dans la bande de Gaza n’ont pas les moyens d’acheter ces marchandises. « La crise est loin d’être terminée et les besoins sont immenses » car l’aide acheminée « ne représente encore qu’une fraction de ce qui est nécessaire », a-t-il insisté.
En moyenne, 1 011 tonnes d’aide, ou 94 camions, sont entrés chaque jour entre le début de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu 10 octobre et le 21 octobre, date de la dernière mise à jour des données de l’ONU, selon une analyse de l’AFP. Si ce chiffre est en augmentation par rapport aux 724 tonnes en moyenne depuis le 19 mai, cela reste aussi loin des livraisons massives visées par l’ONU pour la période immédiatement après la trêve. Ces données sont fournies par le « 2720 Mechanism for Gaza », un programme de l’ONU qui suit les livraisons humanitaires entrant à Gaza depuis le 19 mai, au lendemain de la fin d’un blocus total de deux mois imposé par Israël.
« Il n’y a pas d’hôpitaux pleinement opérationnels »
Par ailleurs, l’OMS a affirmé jeudi qu’elle prévoyait qu’au moins sept milliards de dollars seraient nécessaires pour la seule réhabilitation du système de santé de la bande de Gaza.
« Il n’y a pas d’hôpitaux pleinement opérationnels à Gaza et seuls 14 sur 36 fonctionnent. Il y a une grave pénurie de médicaments, d’équipements et de membres du personnel de santé essentiels », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, avertissant que « le coût total de la reconstruction du système de santé de Gaza s’élèvera à au moins sept milliards de dollars ».
Citant les chiffres du ministère de la Santé de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, Nabil Tabbal, le responsable des urgences sanitaires à l’OMS, a dit que 89 personnes avaient été tuées et quelque 317 blessées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
L’OMS a facilité l’évacuation de 41 patients et de 145 accompagnateurs mercredi mais a averti qu’il y avait « encore 15 000 patients » qui avaient « besoin d’être soignés en dehors de Gaza, dont 4 000 enfants ».
Tedros Adhanom Ghebreyesus. Tedros a exhorté davantage de pays à se mobiliser pour accueillir les habitants de la bande de Gaza ayant besoin de soins spécialisés et a appelé Israël à autoriser « l’ouverture de tous les points de passage afin de permettre à davantage de patients d’être traités en Égypte ».Depuis le début de la guerre, a-t-il insisté, « plus de 700 personnes sont mortes en attendant leur évacuation ».

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