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“Le temps presse pour l’équipe iranienne”, annonce The Guardian. Après trois défaites en autant de matchs disputés au premier tour de la Coupe d’Asie de football, organisée en Australie, le sort des joueuses iraniennes est des plus incertains.
“Leurs vies sont en danger”, alerte Hadi Karimi, militant des droits humains établi à Brisbane.
Leur refus de chanter l’hymne national, lundi 2 mars, avant le match qui les opposait à la Corée du Sud, a en effet valu aux footballeuses d’être “qualifiées de ‘traîtres’ à la télévision iranienne”, retrace ABC News.
Et bien qu’elles aient entonné l’hymne lors des deux matchs suivants, leur geste fait craindre pour leur sécurité. Car, comme le rappelle SBS News, dans la République islamique, “la corruption et la trahison sont passibles de la peine de mort”.
“Les responsables iraniens qui accompagnent l’équipe voudraient les faire quitter l’Australie au plus vite, selon Daniel Ghezelbash, directeur du Centre Kaldor pour le droit international des réfugiés à l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud, cité par le Guardian. Il y a donc urgence.”
Mais déjà, des voix s’élèvent, émanant notamment de la diaspora iranienne, qui exhorte les autorités australiennes à intervenir pour offrir un refuge aux joueuses. Le prince iranien en exil Reza Pahlavi a aussi appelé sur les réseaux sociaux le gouvernement australien à “assurer leur sécurité et leur fournir tout le soutien nécessaire”. Une pétition en ce sens a également été lancée par des membres de la communauté iranienne en Australie.
Plusieurs joueuses ont pu s’enfuir
Aux États-Unis, Donald Trump a publié un message sur son réseau Truth Social, affirmant que “l’Australie commet une terrible erreur en permettant que l’équipe de football iranienne soit renvoyée de force en Iran. Monsieur le Premier ministre [australien, Anthony Albanese], accordez-leur l’asile. Les États-Unis les accueilleront si vous ne le faites pas.”
En vertu de la convention de Genève relative au statut des réfugiés, qu’elle a ratifiée dans les années 1950, l’Australie a l’obligation de “protéger les sportifs menacés de persécutions dans leur pays”, rapporte le Guardian. Pour autant, les demandes d’asile ne peuvent être étudiées avant d’avoir été formellement déposées.
Selon le quotidien The Age, au moins cinq joueuses iraniennes ont été placées sous la protection de la police de l’État du Queensland le 9 mars. Elles seraient parvenues, la veille au soir, à fuir “de manière audacieuse” l’hôtel de Gold Coast, au sud de Brisbane, où est réunie la délégation iranienne, alors que les vols vers Téhéran sont suspendus.
“La police les a emmenées en lieu sûr”, rapporte Hadi Karimi, et les cinq joueuses comptent demander l’asile en Australie, assure la militante des droits humains Minoo Ghamari.
Mais rester en Australie signifie aussi pour les joueuses risquer de mettre en danger leurs familles et amis restés en Iran. Marziyeh Jafari, l’entraîneuse de l’équipe féminine de football, a ainsi souligné sa volonté de retourner en Iran “dès que possible”, déclarant : “Je souhaite être dans mon pays et aux côtés de tous les Iraniens en Iran.”

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