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THIBAUD MORITZ / AFP
Ce qu’envisage (ou non) le gouvernement sur la hausse des prix à la pompe (photo de Sébastien Lecornu prise en octobre 2025)
Quel coup de pouce pour éviter le coup de pompe ? Les prix du carburant s’envolent en France depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et occupent de nouveau le débat politique. Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, le prix de l’essence a augmenté de 10 centimes environ quand celui du gazole subit une hausse encore plus marquée, autour des 15 %.
Sujet majeur pour les Français, toujours inquiets pour leur pouvoir d’achat, l’enjeu est évidemment brûlant pour le gouvernement. Pour autant, les leviers que les ministres concernés proposent d’actionner semblent relativement limités, loin en tout cas des demandes (coûteuses) d’une partie de l’opposition.
Ainsi, Maud Bregeon a surtout évoqué ce lundi 9 mars les contrôles des stations-service diligentés par le gouvernement et annoncés par Sébastien Lecornu pour éviter les « hausses abusives des prix. » « Notre responsabilité, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’abus d’abord vis-à-vis des distributeurs et plus globalement de l’ensemble de la chaîne de valeur », a ainsi expliqué la porte-parole du gouvernement sur RTL. Quoi d’autre ?
Ce que proposent les oppositions
La ministre a annoncé en ce sens que les locataires de Bercy recevront « de nouveau les distributeurs en fin de semaine pour faire un point, un état des lieux avec eux en fonction des résultats des trois jours à venir. » Maud Bregeon a en revanche répété qu’il était « trop tôt » aux yeux de l’exécutif pour envisager de nouvelles aides ou mesures coûteuses pour des finances publiques déjà dans le rouge.
Alors que la France est très loin de la pénurie de carburant, l’exécutif pourrait plutôt opter pour le recours aux « réserves stratégiques » de pétrole, afin d’atténuer la fièvre. « C’est une option envisagée », a indiqué Emmanuel Macron ce lundi matin, quelques heures avant le début d’une réunion des ministres de l’Économie des pays du G7 (sous présidence française) dédiée à cet enjeu.
Une réponse qui risque de ne pas apaiser les critiques d’une partie des oppositions. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la France insoumise et le Rassemblement national dénoncent le manque de volonté du gouvernement, et avancent les propositions qu’ils réclamaient déjà en 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
D’un côté, le mouvement de gauche radicale plaide pour un blocage des prix. Une proposition de loi a même été déposée en ce sens, vendredi 6 mars dernier. Le texte prévoit que « les prix de vente au détail des carburants, du gaz naturel et de l’électricité destinés aux consommateurs finals » soient « gelés ou plafonnés », pour une durée « maximale de trois mois », lors de « circonstances exceptionnelles résultant d’une crise internationale majeure affectant la production, l’acheminement ou l’approvisionnement mondial en énergie. »
La baisse des taxes ? « Inconcevable »
De l’autre, le parti d’extrême droite prône de nouveau une baisse des taxes, pour compenser les hausses. Les dirigeants du Rassemblement national réclament depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz.
Ces derniers jours, Jordan Bardella a également appelé à baisser TVA et accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), l’autre taxe sur les carburants, « en cas de flambée ». Une demande qu’il a réitérée lors d’un meeting jeudi 5 mars à Lille, soulignant que l’État « ne peut pas s’enrichir sur le dos de la crise ».
Pour l’heure, Maud Bregeon (qui est également ministre déléguée à l’Énergie) estime « inconcevable » de rogner ces taxes, car cela entraînerait un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’État. Pour rappel, Sébastien Lecornu et ses ministres ont eu toutes les peines du monde à trouver quelques dizaines de milliards d’euros d’économies l’automne dernier pour réduire le déficit public.
De fait, le gouvernement marche sur des œufs. Il doit se montrer à la manœuvre pour répondre à ces questions particulièrement sensibles dans l’opinion, souvent à l’origine de mouvements sociaux profonds. Tout en sachant qu’il sera difficile pour les finances publiques d’assumer de nouvelles aides semblables au bouclier tarifaire mis en place après 2022 et le début de la guerre en Ukraine. Concernant les prix à la pompe, les chèques carburants et autres ristournes s’étaient révélés particulièrement coûteux.

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