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9 mars 2026
en Iran, la vie reprend son cours malgré les bombardements
9 mars 2026C’est quoi ce « choc stagflationniste majeur » qui fait peur à l’Europe en pleine guerre au Moyen-Orient ?
ATTA KENARE / AFP
Une explosion dans une raffinerie de Téhéran, en Iran, le 7 mars 2026.
Aux grands maux, les gros mots. Alors que le conflit en Iran et au Moyen-Orient se poursuit depuis près de 10 jours, le reste de la planète regarde, elle, arriver ses conséquences économiques. Tandis que les places boursières et les taux tremblent, le baril de Brent a passé ce lundi 9 mars les 115 dollars. Soit une envolée de plus de 31 %, sa plus forte hausse journalière jamais enregistrée. Même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu’à 130 dollars début mars 2022, n’avait pas provoqué de mouvements aussi violents, lesquels s’expliquent actuellement par la situation de blocage dans le détroit d’Ormuz.
De quoi faire dire à la Commission européenne, ce lundi, que si le conflit au Moyen-Orient « s’éternise, avec des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et des attaques contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe, il pourrait finir par provoquer un choc stagflationniste majeur sur l’économie mondiale et européenne ».
Le terme de stagflation est un mélange des mots stagnation et inflation, et décrit une situation économique dans laquelle se mêlent une inflation élevée et une activité économique ralentie. Une perspective qui a évidemment tendance à mettre les acteurs financiers et économiques sur le qui-vive.
Autre conséquence des craintes autour de l’inflation : une flambée des taux d’intérêt des dettes souveraines en Europe. Cela s’explique par le fait qu’une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers et que ces derniers exigent donc des taux d’intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Mauvais souvenir des années 70
Comme l’explique aux Échos Philippe Trainar, membre du Cercle des économistes, dans tous les cas de figure ce sont « les hydrocarbures [qui] resteront le principal véhicule de transmission de la crise dans le monde ». Si les pays européens disposent de trois mois de stock obligatoire, en Asie, la Birmanie et le Bangladesh ont annoncé de premières restrictions.
Pour l’instant, les économistes restent toutefois encore mesurés sur le terme de « crise » tant que le conflit ne se prolonge pas sur des mois et des mois. « Si la guerre se prolonge au-delà de plusieurs semaines, que les prix du baril du baril flambent au-delà de 150 dollars le baril et qu’on voit vraiment qu’il y a une inflation qui reprend vraiment beaucoup, on va se trouver un peu dans une situation analogue au choc pétrolier de 73 », a notamment expliqué le prix Nobel d’économie Philippe Aghion au micro de RTL.
De fait, l’une des plus importantes crises de stagflation a eu lieu au début des années 70 lors du tout premier choc pétrolier, dans le contexte de la Guerre du Kippour. Le prix du baril avait été multiplié par quatre en quelques mois, ce qui avait évidemment déstabilisé les économies dépendantes de l’or noir. D’autant plus qu’un deuxième choc pétrolier, cette fois dans le contexte de la révolution iranienne, était survenu en 1979. En France, le taux de chômage a doublé entre 1974 et 1980, quand le taux d’inflation est passé lui de 6,2 % en 1972 à 13,6 % en 1980.
Pour le moment, force est de constater que les réponses politiques ont tendance à rassurer les marchés. Ce lundi, la flambée du brut s’est modérée quand il a été annoncé que les pays du G7 allaient se réunir pour discuter d’un recours aux réserves stratégiques de pétrole. « Je vois un ralentissement possible (…) Mais je ne vois pas d’effondrement. Je ne vois pas l’équivalent de la crise financière de 2008 par exemple », temporisait encore Phillipe Aghion sur RTL.

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