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9 mars 2026« C’est un procédé bien huilé » : la SNCF rénove ses traverses de chemin de fer avec des produits moins toxiques
Dans l’usine de Bretenoux-Biars, dans le Lot, les traverses des voies ferrées sont immergées dans d’immenses cuves contenant un mélange d’huiles cuivrées. Un produit moins polluant et surtout moins dangereux que la créosote, utilisée auparavant.
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Les chemins de fer français sont peu à peu équipés de nouvelles traverses de bois. Ces pièces sur lesquelles sont fixés les rails étaient il y a encore peu traitées avec de la créosote, un produit hautement toxique et cancérogène, sur le point d’être interdit. La SNCF a donc dû mettre au point une nouvelle substance pour protéger ces traverses, censée être plus sûr pour les cheminots et plus respectueux de l’environnement.
Le groupe ferroviaire a même investi dans une nouvelle unité de production, lancée fin 2025. Dans cette usine de Bretenoux-Biars, dans le Lot, où on trouve des morceaux de bois à perte de vue, quelque 300 000 traverses sont fabriquées chaque année. Ces éléments essentiels aux voies de chemins de fer contribuent notamment à la stabilité de la voie.
Près de 10 000 kilomètres de rails sont ainsi fixés sur ces traverses, jusque-là traitées avec de la créosote, un mélange d’huiles extraites de goudrons ou de charbon. Un mélange qui protège certes le bois des agressions d’insectes ou de l’humidité, mais qui s’avère surtout extrêmement toxique. « La créosote va être interdite par l’Union européenne d’ici 2029« , rappelle Christophe Lamand, le directeur de l’établissement.
« Nous avons anticipé en développant un procédé plus durable. »
Christophe Lamand, le directeur de l’usineà franceinfo
Désormais les traverses sont imprégnées d’huile cuivrée élaborée par la SNCF. Le produit est ensuite injecté dans les « fibres de bois« , explique Sébastien Varron responsable de l’unité de production. « C’est un procédé bien huilé, c’est le cas de le dire« , plaisante-t-il.
Cette technique permet à l’usine de faire des économies d’énergie, puisque la température de chauffe est divisée par deux : on passe ainsi de 120 degrés pour la créosote à 60 pour l’huile cuivrée. Mais elle permet surtout aux cheminots de moins se mettre en danger.
Car la créosote a engendré des dégâts assure Thierry Guyader, retraité de la SNCF et militant Sud Rail. Il instruit aujourd’hui cinq dossiers de maladie, des cancers de la prostate précoces, potentiellement liés à ce produit. « Les salariés qui faisaient le renouvellement de traverse sur les voies SNCF avaient aussi pour fonction de les percer. Il y avait donc un contact cutané. En les perçant, forcément, ils absorbaient les poussières de bois« , relate-t-il.
Sur les cinq salariés suivis près de Rouen, trois d’entre eux ont été reconnus en maladie du travail « parce qu’à l’époque, tous ces salariés n’ont eu aucune protection« , poursuit Thierry Guyader. Aujourd’hui, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande de ne pas réutiliser les traverses de bois traités à la créosote, à cause des risques que cette substance présente pour la santé.

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