
Emmanuel Macron à Chypre, “solidarité” européenne et “honte” britannique
9 mars 2026
le procès Maradona déclaré nul, devra recommencer avec d’autres juges
9 mars 2026
Interrogé ce lundi matin au cours d’un déplacement à Larnaca, le président chypriote Nikos Christodoulides a souligné que «la décision de la Turquie de déployer des F-16 est une réaction au message envoyé par l’UE.»
Le président de Chypre, Nikos Christodoulides, a réagi ce lundi matin au cours d’un déplacement à Larnaca à l’annonce du déploiement d’avions de chasse F-16 par la Turquie dans la partie nord de l’île. Une partie reconnue seulement par Ankara.
«Compte tenu de l’évolution récente de la situation dans notre région et dans le cadre d’un plan progressif visant à renforcer la sécurité de la République turque de Chypre du Nord, six avions de chasse F-16 et des systèmes de défense aérienne ont été déployés à Chypre du Nord à compter d’aujourd’hui», a précisé le ministère turc de la Défense dans un communiqué. De quoi hérisser le chef de l’État chypriote.
«Il est évident pour tous que cette décision du gouvernement turc est une réaction au message envoyé par les États membres de l’UE , selon lequel la sécurité de Chypre est celle de l’UE», a souligné Nikos Christodoulides dans des propos rapportés par le journal grec To Vima . Avant de conclure sèchement : «Peu importe ce qu’ils font, peu importe ce qu’ils apportent à Chypre – je vous rappelle qu’il y a un nombre important de troupes et d’équipements dans les zones occupées – la Turquie ne cessera pas d’être une puissance occupante à Chypre».
«D’autres mesures pourraient être prises», selon un porte-parole du parti au pouvoir en Turquie
Le dirigeant de la partie nord de Chypre, Tufan Erhurman, a lui critiqué ces propos, comme l’indique Reuters, et déclaré que la priorité devait être d’assurer la sécurité de l’ensemble de l’île pour les deux communautés chypriotes. Omer Celik, porte-parole du parti au pouvoir (AKP) du président turc Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que ces déploiements ne visaient «personne» et avaient uniquement pour but d’assurer la sécurité et de «consolider l’équilibre des pouvoirs» sur l’île.
«Mais nous devons ajouter ceci : d’autres mesures pourraient également être prises, qu’il s’agisse de systèmes de défense aérienne ou de centres de drones», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision turque NTV. La Grèce n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat. L’auto-proclamée «République turque de Chypre du Nord» a décrété son indépendance le 15 novembre 1983, neuf ans après l’intervention militaire turque de 1974 justifiée par Ankara en réaction à la tentative de rattachement de Chypre à la Grèce par un groupe d’officiers putschistes.
Elle vit depuis sous la perfusion de la Turquie qui y a dépêché un nombre indéfini de colons. La semaine dernière, les défenses de l’Otan ont abattu un missile balistique tiré depuis l’Iran vers l’espace aérien turc. Ce fut à nouveau le cas ce lundi. Ankara, membre de l’Otan, avait mis en garde l’Iran contre tout nouveau tir de missiles en direction de son territoire. Elle juge que le déploiement militaire européen à Chypre risquait d’entraîner l’île dans le conflit.

9999999
