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9 mars 2026En pleine guerre au Moyen-Orient, le déplacement d’Emmanuel Macron à Chypre ne doit rien au hasard
YOAN VALAT / AFP
Emmanuel Macron est à Chypre ce lundi.
Opération réconfort. Emmanuel Macron se rend au chevet de Chypre ce lundi, alors que la petite île de la Méditerranée, qui compte un peu plus de 1,3 million d’habitants a été la cible de tirs de missiles et de drones depuis le déclenchement de la guerre en Iran. L’objectif du Président est clair : « Témoigner la solidarité de la France » avec cet État insulaire membre de l’Union européenne.
Le programme de la journée est chargé puisqu’Emmanuel Macron commencera par une rencontre, à Paphos, avec le président chypriote Nikos Christodoulidis et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. « Il s’agira de renforcer avec nos partenaires européens la sécurité autour de Chypre et en Méditerranée orientale, en vue de contribuer à la désescalade dans la région », assure l’Élysée dans un communiqué. La France rappelle qu’elle entretient, avec Chypre, « un partenariat stratégique ». Ce n’est donc pas dans n’importe quel pays qu’atterrit le chef de l’État ce lundi.
Comme tout déplacement officiel, celui-ci a été minutieusement préparé. Outre sa position stratégique, car géographiquement proche du Liban et d’Israël et donc en première ligne face à l’embrasement du Moyen-Orient, Chypre assure la présidence tournante de l’Union européenne depuis le début de l’année. Jusqu’au mois de juin, elle est donc au cœur du réacteur et joue un rôle majeur dans les relations diplomatiques qui se nouent entre chaque pays.
Problème : la guerre paralyse l’espace aérien de l’État insulaire, l’obligeant à reporter la plupart des réunions ou à les organiser en distanciel. Tout le programme des prochaines semaines a ainsi dû être revu. D’autant que le bombardement d’une base aérienne britannique, à Chypre, lundi a ravivé les craintes de l’île. Le lendemain, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de la frégate Languedoc et de moyens antiaériens au large de Chypre. Au-delà du seul cas de l’île, un dispositif plus large est prévu pour la région. À commencer par la présence du mythique porte-avions Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée. Le chef de l’État, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, n’ont de cesse de rappeler que l’objectif de la France est de demeurer dans une attitude « strictement défensive ».
Un déplacement critiqué par Villepin
Pour Emmanuel Macron, qui entend jouer un rôle majeur sur la scène européenne, ce déplacement à Chypre permettra également de « souligner l’importance de garantir la liberté de navigation et la sécurité maritime de la mer rouge au détroit d’Ormuz, notamment grâce à l’opération maritime Aspides de l’Union européenne ». Un point névralgique, que l’Iran a décidé de bloquer afin d’empêcher l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, en réponse à l’offensive menée par les États-Unis et Israël. Ces perturbations ont de fortes conséquences sur le marché mondial, et affectent tous les pays sans distinction. Pour le président français, l’urgence est donc de rouvrir l’accès au détroit.
Autre mission à Chypre : « Coordonner nos efforts pour assurer la sécurité des ressortissants européens dans la région et accompagner les opérations de rapatriement ». Près de 400 000 Français résident ou sont actuellement de passage dans les différents pays affectés par l’embrasement du Moyen-Orient, et notamment au Liban, pays avec lequel il existe un réel lien culturel et linguistique. Vendredi, dans le sud du pays, une Force intérimaire des Nations unies (Finul) a été attaquée, suscitant la colère d’Emmanuel Macron et de plusieurs autres chefs d’État.
Une visite fortement symbolique donc, mais pas exempte de critiques. Dimanche, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a ainsi estimé que « quand il y a une crise mondiale, il est important d’être là où il faut ». « S’il y a un endroit où devrait être le président c’est au Palais de l’Élysée pour coordonner l’action », a reproché celui qui est resté célèbre pour s’être opposé, en 2003, à une intervention en Irak aux côtés des États-Unis. Dominique de Villepin dit craindre « un engrenage » et pointe le risque « d’une guerre qui s’étend davantage ». Des inquiétudes partagées par une bonne partie de la communauté internationale, auxquelles devrait répondre Emmanuel Macron à l’occasion de sa venue à Chypre ce lundi.

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