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9 mars 2026Hausse du prix de l’essence : « Ce n’est pas le pompiste qui est à l’origine de cette inflation »… Michel-Edouard Leclerc appelle les raffineurs à « s’expliquer » sur la flambée des carburants
L’envolée des cours du pétrole après l’attaque contre l’Iran provoque une flambée immédiate des prix à la pompe. Michel-Édouard Leclerc y voit la main d’une “bulle spéculative” dans les raffineries. De son côté, le gouvernement a annoncé des contrôles dans les stations-essences face à des « hausses abusives » à la pompe.
L’effet a été immédiat. Dans les jours qui ont suivi l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, les cours du pétrole se sont envolés, entraînant une hausse brutale des prix à la pompe. Dimanche soir, le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars. En France, le litre de gazole, le carburant le plus consommé du pays, frôle désormais les 2 euros.
Mais comment expliquer cette augmentation d’environ 15 % des prix à la pompe alors qu’il faut habituellement trois semaines pour que les variations du brut se répercutent sur les stations-service ? « Je me pose la même question », réagit Michel-Édouard Leclerc ce lundi matin sur France 2. « Ce n’est évidemment pas le pompiste qui est à l’origine de cette inflation », a-t-il souligné, appelant les grands groupes pétroliers (TotalEnergies, BP ou encore Avia) à « s’expliquer ».
« Une bulle spéculative, très en amont »
Dimanche 8 mars, Sébastien Lecornu a annoncé l’instauration de plusieurs centaines de contrôles dans les stations-service françaises contre des hausses abusives du prix à la pompe. « La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe », a-t-il annoncé sur X. En tout, 500 contrôles doivent avoir lieu.
Mais pour Michel-Édouard Leclerc, la flambée des prix relève d’une « bulle d’anticipation, une bulle spéculative, très en amont, au niveau des raffineries ». D’ailleurs, le patron assure que la grande distribution, qui représente près de 60 % des ventes de carburants en France, subit elle aussi cette inflation, « quand bien même on sait acheter. On a été obligé d’acheter plus cher. Et d’ailleurs, on est pratiquement à prix coûtant, c’est-à-dire sans marge ».
« Il faut aller en amont, dans les raffineries. Demander aux raffineurs pourquoi ils ont répercuté tout de suite cette inflation. Et il n’y a pas qu’eux : sur le marché libre, des marchands de carburant spéculent. Il faudrait aller les contrôler », plaide-t-il.
Le prix du carburant va encore flamber
Le distributeur redoute que la hausse ne s’amplifie encore cette semaine. « Des hausses qui ont été annoncées pour la veille du week-end, qu’on n’a pas pu faire passer. Ça va être à partir de lundi, à partir d’aujourd’hui », prévient-il. Certains courtiers en matières premières (des « brokers ») évoquent même un scénario extrême : un baril à 200 dollars si le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial, venait à être bloqué plus d’un mois.
Face à cette flambée des prix, le gouvernement dit examiner « tous les scénarios » pour protéger le pouvoir d’achat des Français les plus dépendants de leur voiture. « Le scénario a l’air d’être en cours, réagit Michel-Édouard Leclerc. Ça, ça dépend combien de temps ça va durer. Si la bulle crève à la fin de la semaine, voilà, ça va être un mauvais moment. Mais si ça dure, ce que tout le monde a l’air de dire, il faudra bien que l’État trouve une sorte de solution, un truc pour modérer la hausse. »
Pour l’heure, la France ainsi que les pays du G7 envisagent plutôt de puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des cours. « L’utilisation des réserves stratégiques est une option envisagée avec pour objectif de faire baisser les prix de l’énergie », a précisé l’Élysée ce lundi matin.

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