/2026/03/07/ggrgregrere-69ac9b1b26e00089967635.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
Guerre au Moyen-Orient : carburant, engrais… les agriculteurs français face à des coûts qui explosent
9 mars 2026
Israël, Qatar, Bahreïn… des frappes entendues dans toute la région
9 mars 2026La guerre en Iran et au Moyen Orient fait flamber le pétrole à un niveau jamais atteint en 4 ans
NIKOLAS KOKOVLIS / NurPhoto via AFP
Illustration photographique montrant une courbe boursière sur l’écran d’un smartphone et une carte figurant le détroit d’Ormuz sur l’écran d’un ordinateur portable. (Photo by Nikolas Kokovlis/NurPhoto) (Photo by Nikolas Kokovlis / NurPhoto via AFP)
Le pétrole a dépassé la barre symbolique des 100 dollars. Il a même dépassé 115 dollars, dans un marché paniqué par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz et les dommages aux infrastructures énergétiques. Vers 03H30 GMT, le baril de WTI, référence du marché américain, s’envolait de 25,30%, à 113,90 dollars, après avoir brièvement bondi de 30%. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, flambait de 22,99% à 114 dollars.
Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le WTI s’est apprécié de 70%, du jamais vu sur une période aussi courte. Même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu’à 130,50 dollars début mars 2022, n’avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
Au dixième jour du conflit, les marchés de l’énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% de l’offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé. Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars dès la réouverture des échanges après le week-end, une première depuis juillet 2022.
« Un tout petit prix à payer » selon Donald Trump
Alors que la flambée sans précédent des cours pénalise déjà les consommateurs américains, Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, déclarant que ce coup de chaud était un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde » et assurant que les cours allaient « rapidement chuter lorsque la destruction de la menace nucléaire iranienne sera[it] achevée ».
Certes, vendredi, l’Agence américaine de développement DFC a annoncé la mise en place d’un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage du détroit d’Ormuz, jusqu’à 20 milliards de dollars. Les Etats-Unis collaborent actuellement avec des armateurs qui souhaitent faire sortir leurs tankers du Golfe persique, a insisté dimanche le ministre américain de l’Energie Chris Wright.
« Dans les premiers temps, ces navires seront probablement sous protection militaire américaine », a-t-il ajouté, prévoyant un retour du trafic à la normale « dans un avenir relativement proche ».
Mais ces signaux n’ont pas suffi à rassurer : par peur d’attaques, la circulation reste quasi-paralysée dans le détroit –des informations de presse mentionnant seulement le passage de quelques navires s’identifiant comme chinois. « Les perturbations de l’approvisionnement s’intensifient, les données de suivi des navires confirmant l’arrêt du trafic maritime », observe Lloyd Chan, de la banque MUFG, parlant de « choc pétrolier ».
Surtout, l’extension du conflit exacerbe les inquiétudes sur la production d’hydrocarbures. L’Arabie saoudite a notamment encore intercepté lundi plusieurs drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué la veille. « Les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ont réduit leur production de pétrole, l’Irak annonçant une baisse d’environ 3 millions de barils/jour » et « les frappes israéliennes ciblant des installations de stockage de carburant clés en Iran renforcent les risques », souligne M. Chan.

9999999
