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9 mars 2026“L’un des procès les plus importants de l’histoire de la Turquie”, titre un article du média en ligne T24. Le procès du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, s’ouvre ce lundi 9 mars. Près d’un an plus tôt, le 19 mars 2025, il avait été arrêté quelques jours avant sa nomination officielle comme candidat du principal parti d’opposition à la prochaine élection présidentielle face au président islamo-nationaliste, Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002. “Imamoglu n’est pas que le maire d’Istanbul, il est un des rares, en 2019 et en 2024, à être parvenu à infliger une lourde défaite électorale au pouvoir”, estime le site d’information.
Pour T24 comme pour l’ensemble de la presse d’opposition, il s’agit avant tout d’un procès politique destiné à se débarrasser d’un rival. Le maire de la mégalopole de 18 millions d’habitants est accusé d’être à la tête d’un réseau de “corruption” et il est jugé aux côtés de 402 coaccusés, maires d’arrondissements, hommes d’affaires et employés municipaux. Il encourt une peine de 828 à 2 352 années de prison, d’après les réquisitions du procureur d’Istanbul, un proche du pouvoir turc nommé en février ministre de la Justice.
Se faisant le relais des demandes de l’opposition, un éditorialiste du quotidien kémaliste [laïc et nationaliste] Sözcü, condamné par le passé à cinq ans de prison par un tribunal dirigé par ce même procureur, adresse à ce dernier une lettre ouverte réclamant la diffusion télévisée en direct du procès. “N’ayez pas peur, puisque vous êtes si sûr de votre acte d’accusation de 3 900 pages, laissez-le être diffusé sur les écrans !” l’y invite-t-il.
Un procès sous tension
Interrogé par la BBC Türkçe dans sa prison par l’intermédiaire de ses avocats, quelques jours avant l’ouverture du procès, le principal rival d’Erdogan mettait en garde : “Tout cela dépasse mon cas personnel, la question est de savoir si la Turquie va rester une démocratie ou non […]. Ce qui m’arrive aujourd’hui, ça arrivera demain à un autre, c’est ce qu’il faut bien comprendre […]”, déclarait l’édile.
Figure charismatique, il était donné gagnant par la plupart des instituts de sondage en cas de duel face au président Erdogan. Les élections présidentielles sont officiellement prévues en mai 2028, mais le président Erdogan ne pouvant pas se présenter une nouvelle fois à l’issue de son mandat, il devra convoquer des élections anticipées, attendues pour l’automne de 2027. Ekrem Imamoglu ne pourra certainement pas s’y présenter, car son procès devrait durer de longues années. Par ailleurs, son diplôme universitaire a été révoqué par l’université d’Istanbul. Or la loi turque impose que le candidat à la fonction présidentielle soit diplômé du supérieur.
Le procès, qui se tient en banlieue d’Istanbul, dans des locaux de la prison de Silivri, est l’occasion d’un large déploiement de mesures de sécurité. Des soutiens du maire d’Istanbul se sont déplacés pour manifester devant la prison, tandis que son parti, le CHP, a appelé à éviter tout affrontement avec les forces de l’ordre. “C’est un match où l’arbitre a le maillot de l’équipe adverse, mais nous y allons pour les juger eux, pas pour y être jugés”, a déclaré le leader du parti, Özgür Özel, cité par l’hebdomadaire Gazete Oksijen.
Les débuts de l’audience du 9 mars ont été mouvementés, Ekrem Imamoglu ayant fait son entrée sous bonne garde, applaudi par la salle. Il a ensuite demandé à pouvoir prendre la parole, rapporte le quotidien Cumhuriyet, mais le refus du président du tribunal et son usage du tutoiement pour s’adresser à l’accusé ont provoqué des réactions dans l’auditoire. La salle d’audience, rapporte le journal, a dû être évacuée.

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