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9 mars 2026Bake and more est une boulangerie d’inspiration française qui fournit les restaurants haut de gamme de Dubaï, avec dans la vitrine pains au chocolat, croissants, sablés bretons. Le patron, Muhammad Al Hamadi, navigue entre les pates à churros et les oeufs de Pâques. Il porte la gandoura, longue tunique blanche qui descend jusqu’aux chevilles. La guerre est pour lui un coup de massue : « Je n’aurais jamais pensé vivre ce genre de choses. Notre activité a chuté de 60% ! C’est vraiment beaucoup. Mais ce sera de courte durée.«
Confiance dans le gouvernement
Comme la majorité des résidents de Dubaï que nous avons rencontrés Muhammad Al Hamadi dit avoir une confiance absolue en son gouvernement, habitué à planifier et à financer massivement des programmes économiques de long terme, à l’image du projet de sécurité alimentaire pour 2051. « Leur objectif est que le pays devienne autosuffisant. Donc ils ont commencé à soutenir la production locale pour qu’il y ait plus de surfaces agricoles. On a des producteurs de lait, de fruits, de légumes. Même du saumon. Vous avez des fermes à saumon ici !«
« Les soldes » dans l’immobilier
Le secteur de l’immobilier – 18% des revenus du pays – est lui aussi très encadré par les autorités. Mais en ce moment « ce sont les soldes » d’après Hugo Manuguera, qui a monté une société de gestion de patrimoine immobilier à Dubaï. « C’est aussi cela, en temps de crise, on profite des opportunités. Là, on peut les trouver. » Ses clients négocient tout : « En disant : ‘La situation est incertaine, je vous offre bien en-dessous du prix d’achat et est-ce que cela vous intéresse ou pas ?’ Après, je pense que comme dans toute crise, si vous vendez, vous allez perdre. Il faut voir comment la situation va évoluer mais si vous êtes patient, vous allez être gagnant. Le consensus aujourd’hui, c’est on va attendre.«
Et sur le long terme, le conseiller n’est pas du tout inquiet : « Une grande partie des gens autour de la planète aujourd’hui ont des intérêts économiques à Dubaï, que ce soit les Russes, les Chinois, les Israéliens et même les têtes du régime iranien qui ont placé leurs pions à Dubaï. Il est donc dans l’intérêt de personne de voir la situation s’envenimer dans les pays du Golfe. On va pas se tirer une balle dans le pied. On ne va pas tirer sur son banquier ni sur ses biens immobiliers. »
Un souk vide et des employés sur le départ
Mais pour l’instant, le pays tourne au ralenti. Comme au souk de l’or. « Aujourd’hui, c’est vide. Mais avant la guerre, c’était plein à craquer« , dit Djamal à l’entrée d’une boutique remplie de pashminas, de parfums et d’épices. Il est originaire du Pakistan. « Le patron m’a dit : ‘Si cela continue comme ça, on ne pourra pas te payer ton salaire. Tu peux repartir. »
Mais quand les alertes aux missiles cesseront de sonner sur les téléphones portables, les touristes et les travailleurs immigrés reviendront, c’est une certitude pour Stéphane Noyère, qui a créé il y a cinq ans une agence de voyages sur mesure. « L’opinion publique est sujet à une prise de panique généralisée. L’opinion publique a aussi une mémoire de poisson rouge. Donc, à moyen terme, Dubaï a des infrastructures incroyables, une situation géographique stratégique – entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie -, des gouvernements qui ont su faire preuve de résilience et de capacité de rebond. On l’a vu pendant le Covid. Et j’ose dire que s’il y a un pays, une destination qui va sortir son épingle du jeu, c’est bien les Émirats. »
Pour préserver sa réputation de stabilité, le pays ne cesse de répéter qu’il se défend des frappes iraniennes mais qu’il ne participe pas à la guerre de manière active.

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