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Les suppressions de postes et les licenciements sont monnaie courante lors des restructurations d’entreprises. Si les premières victimes sont ceux qui perdent leur emploi, les salariés qui restent peuvent éprouver un syndrome du survivant. De quoi s’agit-il ?
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Une culpabilité d’avoir conservé son travail quand d’autres ont dû partir. La crainte d’être le prochain sur la liste. Une méfiance, un stress accru, un désengagement… Le concept du syndrome du salarié « survivant » ou « restant » n’est pas récent, il a été défini dès les années 80 aux Etats-Unis. En France, deux enseignants-chercheurs ont récemment publié une étude sur ce sujet. Caroline Diard et Olivier Meier ont voulu comprendre les impacts sur la santé mentale des salariés lors des réorganisations post fusion-acquisition, à travers des cas concrets. L’un d’eux concerne un groupe industriel européen de taille moyenne. Il a acquis un concurrent local pour renforcer ses parts de marché et la fusion des deux entités a entraîné une restructuration importante. La première étape consistait à identifier les postes et les fonctions doublons. La deuxième à procéder à des licenciements ciblés, mais assez discrètement et sans communiquer largement. La direction a ensuite redistribué les tâches, en demandant aux salariés restants d’élargir leur champ de compétences et d’assumer de nouvelles responsabilités pour compenser la suppression de certains postes.
Quelles ont été les répercussions pour les salariés ? Les chercheurs, qui ont interrogé une trentaine de collaborateurs, écrivent que le manque de transparence, pendant la période de licenciement, a provoqué un sentiment d’injustice chez un grand nombre de salariés. Ce sentiment, couplé à l’augmentation de la charge de travail, a entraîné des manifestations de stress, d’épuisement, voire de désengagement vis-à-vis de l’entreprise. Selon l’étude, la direction espérait que la restructuration pousserait les salariés à redoubler d’effort pour sécuriser leur emploi, mais cette approche a produit des effets contraires. Elle a créé une atmosphère de méfiance, elle a diminué la coopération entre collègues. Elle a aussi fragilisé la relation de confiance avec la chaîne hiérarchique.
Face à la montée des risques psychosociaux chez les salariés restants, le service des ressources humaine a mis en place un programme de soutien psychologique. Il a été perçu par une partie des salariés comme une réponse cosmétique, parce qu’il ne s’attaquait pas aux causes véritables du mal-être, à savoir la surcharge de travail, le manque de reconnaissance et l’incertitude sur l’avenir. Selon les deux chercheurs, ce cas illustre comment une restructuration post-acquisition, mal préparée et insuffisamment accompagnée, engendre des effets négatifs et par la suite, difficiles à atténuer.

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