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Lille va-t-elle rester un bastion du PS ? La ville du Nord, dirigée depuis plus de soixante-dix ans par les socialistes, aiguise désormais l’appétit des autres partis de gauche. Lors des élections municipales 2020, Les Ecologistes ont manqué le coche à 227 voix près et ils retentent leur chance cette année. De son côté, le nouveau maire Arnaud Deslandes, qui a remplacé Martine Aubry en mars 2025, joue la carte de la continuité et de l’héritage de l’ancienne ministre du Travail.
Qui sont les candidats ?
Le nouveau maire socialiste Arnaud Deslandes va tenter de conserver la ville avec sa liste soutenue par le PS et divers petits partis, comme le PRG, Debout ! ou le Mouvement des citoyens. Face à lui, Stéphane Baly est à nouveau la tête de liste des Ecologistes. Après avoir échoué en 2020, cet enseignant chercheur en école d’ingénieur mène une liste composée d’écologistes et de représentants de petits partis (Génération·s, L’Après !, Génération écologie).
Toujours à gauche, Lahouaria Addouche conduit la liste de La France insoumise. Cette mère de famille de 42 ans, suppléante du député Aurélien Le Coq, pourrait se retrouver en position d’arbitre au deuxième tour. Pour le camp centriste, la députée Violette Spillebout, ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, porte avec sa liste les couleurs de Renaissance, du MoDem, d’Horizons et du Parti radical.
La droite a misé sur le renouvellement avec un jeune trentenaire, Louis Delemer, tête de liste pour Les Républicains. De son côté, l’eurodéputé Matthieu Valet mène une liste Rassemblement national. Pour compléter le tableau, à l’extrême gauche, Béryl Benyoucef conduit une liste soutenue par le Parti des travailleurs, Damien Scali défend les couleurs du NPA et Pierre Madelain présente une liste pour Lutte ouvrière.
Que proposent-ils ?
Dans son programme, le candidat PS Arnaud Deslandes annonce la construction de 1 500 logements chaque année et la rénovation de 2 300 autres, l’extension de la gratuité des transports en commun aux moins de 25 ans, aux plus de 65 ans et aux personnes à mobilité réduite, ou encore la mise en place d’équipes mobiles pour la santé mentale. L’écologiste Stéphane Baly propose dans son projet de créer un Ehpad municipal, d’expérimenter un revenu universel de base, d’ouvrir un grand parc à l’espace Saint-Sauveur et un lieu pour la baignade dans la Deûle.
L’insoumise Lahouaria Addouche souhaite mettre en place, selon son programme, la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, un numéro vert pour signaler et accompagner les victimes de discriminations ou encore une « brigade municipale du droit au logement » pour lutter contre les abus notamment liés à Airbnb ou à l’insalubrité. Béryl Benyoucef propose la réouverture des bains publics et la titularisation des employés communaux précaires, détaille La Voix du Nord. La liste NPA de Damien Scali veut porter « les préoccupations des travailleurs » et souhaite la réquisition des logements vacants, toujours selon le quotidien. Pierre Madelain, pour LO, n’a pas diffusé de programme, mais entend défendre les droits des travailleurs et « dénoncer un système ».
La macroniste Violette Spillebout s’appuie dans son projet sur dix mesures prioritaires, avec notamment la promesse de ne pas augmenter les impôts, la cantine gratuite pour tous, la création d’un nouveau secteur piétonnier ou encore d’une micro-déchèterie dans chaque quartier de la ville. A droite, Louis Delemer insiste dans son programme sur la sécurité et la propreté, avec notamment le recrutement de 130 policiers municipaux, l’armement de la police municipale, le renforcement de la vidéoprotection ou encore la couverture du périphérique sud de Lille. Pour le RN, Matthieu Valet veut également armer la police municipale et recruter des agents. Il propose aussi l’instauration de trente minutes de stationnement gratuites partout dans Lille et la création de maisons de santé municipales.
Que disent les sondages ?
Trois sondages ont été publiés pour Lille. Dans un sondage Ifop, commandé par le Parti socialiste en septembre, le socialiste Arnaud Deslandes dominerait le premier tour avec 27%. Loin derrière, plusieurs candidats se tiennent dans un mouchoir de poche (et dans la marge d’erreur), avec 19% pour l’écologiste Stéphane Baly, 18% pour la centriste Violette Spillebout et 16% pour la liste LFI de Lahouaria Addouche. Plus loin encore, la liste RN de Matthieu Valet obtiendrait 11% et celle du candidat LR Louis Delemer, 9%. Les autres listes n’ont pas été mesurées par cette étude.
Une autre enquête Ifop pour La Voix du Nord, France 3, Ici et Sud Radio, publiée début mars, donne toujours un avantage à Arnaud Deslandes (28%). Derrière, la liste écologiste de Stéphane Baly obtient 20%, celle de LFI 16%, la liste centriste de Violette Spillebout 15%, celle du RN 9% et celle de LR 7%. Enfin, dans un sondage Ipsos BVA pour le parti Renaissance, les résultats sont plus serrés. Le maire socialiste est mesuré à 23%, devant Stéphane Baly (20%), la candidate LFI Lahouaria Addouche (19%), Violette Spillebout (17%), Matthieu Valet du RN (13%) et le LR Louis Delemer (6%). Pour rappel, un sondage est une photographie, pas une prévision, et comporte une marge d’erreur.
Comment se déroule la campagne ?
La campagne lilloise a des allures de primaire de la gauche, avec d’un côté le candidat socialiste Arnaud Deslandes, héritier des vingt-cinq années de pouvoir de Martine Aubry, et de l’autre son principal concurrent, l’écologiste Stéphane Baly, qui réclame une alternance à la tête de la ville. Les programmes de gauche « sont relativement proches », observe Tristan Haute, maître de conférences à l’université de Lille. Les personnalités des candidats vont donc jouer un rôle dans cette élection.
« Les Lillois ont besoin d’un nouveau souffle », estime Stéphane Baly dans Libération. Le quinquagénaire a pour ambition de remplacer le « modèle à bout de souffle, en fin de cycle » du PS alors que l’élection d’Arnaud Deslandes serait, selon lui, « un cinquième mandat Aubry ». Le maire sortant, 43 ans, entré comme stagiaire en 2005 au cabinet de Martine Aubry, va de son côté passer un premier test de notoriété après un an de pouvoir. S’il assume l’héritage de sa prédécesseure, il tente aussi d’amener son propre style. Il a par exemple tenté d’associer les propositions des Lillois pour construire son programme, rapporte Médiacités, en réponse au pouvoir parfois jugé vertical de Martine Aubry.
Il tente aussi de jouer la carte du vote utile. « C’est très dangereux d’affirmer qu’on peut se payer le luxe de la division de la gauche », confie-t-il à l’AFP. Mais les deux autres listes de gauche pourraient aussi se retrouver en position de force en cas d’alliance. « Si Stéphane Baly fait un accord avec LFI, il gagne, mais ce n’est pas un pro-LFI », confie à franceinfo une source écologiste. En cas de rapprochement dans l’entre-deux-tours, « ce qui tient la corde d’après les déclarations publiques des candidats, c’est plutôt une fusion entre écolos et socialistes », observe de son côté le politologue Pierre Mathiot, sans écarter à ce stade « une fusion LFI-écolos ». Ce jeu des alliances sera déterminant pour conquérir le beffroi lillois.
De leur côté, le centre et la droite ne sont pas parvenus à s’entendre en vue du premier tour, mais pourraient profiter des divisions de la gauche. La macroniste Violette Spillebout a par ailleurs bien du mal à exister dans cette campagne, entre les défections de certains soutiens, les conflits avec la droite et les difficultés pour constituer sa liste, rapporte Médiacités. Louis Delemer espère de son côté faire mieux que les 8% réalisés par Marc-Philippe Daubresse en 2020, mais le jeune candidat LR a un peu de mal à faire parler de lui dans cette campagne, si ce n’est pour les dégradations subies par son local de campagne. Enfin, dans cette ville traditionnellement acquise à la gauche, le RN espère également faire mieux que ses 6,84% obtenus en 2020 grâce au médiatique Matthieu Valet, cet ancien syndicaliste policier qui a axé sa campagne sur les questions de sécurité.

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