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Le Liban est de nouveau entraîné malgré lui dans le conflit au Moyen-Orient. Le mouvement Hezbollah pro-iranien présent dans le sud du pays a ciblé, début mars, Israël, provoquant une riposte d’ampleur à l’origine d’une catastrophe humanitaire. D’après les autorités, plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées en une semaine. Pour se protéger, les civils libanais s’organisent dans des centres créés dans l’urgence.
Dans cet ancien abattoir équipé pour loger des familles, au total 1 000 personnes sont accueillies depuis le début des frappes. Ce centre d’accueil pour déplacés libanais est géré par l’association Offre-Joie, une association non confessionnelle qui fonctionne grâce au bénévolat.
Très réactive, Offre Joie a ouvert le centre quelques heures seulement après les premières frappes. « Actuellment personne ne nous appelle pour demander ce dont on a besoin, indique Marie Daou, bénévole. Elle se sent un peu seule dans la gestion des opérations. Auparavant, les États arabes, nous aidaient beaucoup. Maintenant, les aéroports sont fermés, nous sommes tout seuls avec la société civile. »
Un centre d’accueil crucial
À l’intérieur du centre, le bâtiment est assez grand et des cloisons ont été installées pour délimiter des chambres. Chaque chambre possède une porte et donc un peu d’intimité, mais pas véritablement d’électricité. Elle est rationnée au Liban et le kérosène coûte trop cher pour l’association. Le groupe électrogène ne fonctionne donc pas toute la journée.
Les familles sont essentiellement chiites, elles viennent des secteurs qui sont bombardés et sont pour la plupart démunies, révèle Jérôme de Rivoyre, un Français bénévole pour l’ONG Offre-Joie. « Ce sont des gens qui habitent le sud du Liban, ce sont vraiment des quartiers très pauvres, ce sont des gens qui n’ont rien. Certains sont arrivés avec des valises, mais sinon ils ont tout laissé sur place parce qu’ils n’avaient pas grand-chose. À mon avis, ils sont là pour un bon mois », raconte-t-il.
Par rapport aux écoles qui accueillent beaucoup de déplacés, cet endroit est quasiment luxueux, mais cet exode interne est douloureux, raconte Adel Saïdi. « Je vais exploser, dit-il. Je n’ai pas l’habitude d’être emprisonné comme ça. » À 73 ans, l’homme révèle avoir rejoint le centre pour ne pas laisser seules son épouse et sa fille. « Si ça ne tenait qu’à moi, je resterais dans la banlieue sud. Si mon destin est de vivre, je vivra, sinon je mourrai chez moi, avec dignité et honneur. »
Cet endroit est l’un des plus grands centres d’accueil pour les déplacés au Liban, mais un nouveau hangar est sur le point d’ouvrir.

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