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9 mars 2026L’escalade militaire s’est poursuivie au cours du week-end sur les deux principaux fronts du Moyen Orient, en Iran et au Liban – tout en soulevant de sérieuses questions sur les buts de guerre des États-Unis et d’Israël, engagés dans un conflit plus long que prévu.
Là où la première semaine de bombardements en Iran a visé les dirigeants de la République islamique, l’appareil répressif, les infrastructures sécuritaires, c’est désormais toute la population qui est affectée par l’élargissement des cibles.
Des images d’apocalypse
À Téhéran, des dépôts de pétrole et une raffinerie ont été bombardés, plongeant la capitale iranienne dans le cauchemar, un ciel noirci par la fumée toxique, des retombées d’hydrocarbures sur toute la ville, au point que la population a reçu le conseil de rester chez elle. Les vidéos montrent le gigantesque incendie des installations pétrolières, et les flammes qui se répandent dans le système d’égouts, des images d’apocalypse.
Un bombardement américain a également visé une usine de désalinisation de l’eau, provoquant en retour un tir iranien contre une installation similaire à Bahrein. Dans une région en manque criant d’eau, c’est non seulement un crime de guerre dans un droit international royalement ignoré, mais aussi une cible qui affecte plus la population que le régime.
Quel est l’objectif recherché par Trump et Netanyahou ?
Il règne une grande confusion sur les buts de guerre de Donald Trump. Ceux du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou sont plus clairs : il veut aller jusqu’au bout des guerres poursuivies depuis deux ans et demi, aussi bien en éradiquant le Hezbollah libanais que le régime iranien. Un analyste israélien, Danny Citrinowicz, cité par le Financial Times, a résumé ainsi la position :
« Si nous avons un coup d’état, tant mieux ; si les gens descendent dans la rue, tant mieux ; s’il y a une guerre civile, tant mieux. Israël se moque de l’avenir et de la stabilité de l’Iran ».
Cette position est cohérente du point de vue israélien qui veut, par n’importe quel moyen, éliminer une menace qu’il considère comme « existentielle ». Mais ce n’est pas celle qui émane de Washington. Si on réussit à y voir clair, car, c’est significatif, Donald Trump et ses ministres ont offert plusieurs versions de leurs buts de guerre.
Trump s’est visiblement engagé dans cette guerre à l’initiative de Netanyahou en pensant qu’elle serait rapide : le régime de Téhéran était effectivement rejeté par la population après la répression sanglante de janvier, et il pouvait rêver d’un scénario à la Venezuela, une division du régime au profit de Washington. Ce n’est pas ce qui s’est passé, y compris quand Trump a laissé paraître sa surprise que ses possibles interlocuteurs au sein du régime avaient été tués au premier jour de la guerre.
La stratégie du chaos
La stratégie du chaos à laquelle on assiste ces derniers jours vise toujours à abattre le régime, avec tous les risques de déboucher, non pas sur une libération du pays, mais sur un Iran en ruines, totalement instable. En retour, le régime a lui aussi choisi une stratégie du chaos en s’en prenant aux pays arabes du Golfe, afin de faire monter le prix de cette guerre pour les Américains.
Cette double escalade n’augure rien de bon : d’abord pour le peuple iranien dont une partie a salué la guerre israélo-américaine comme une possible porte de sortie de 47 ans de République islamique. Cette perspective est loin d’être garantie, même Donald Trump en convient. Son hubris le conduit à l’escalade, pas à la réalisation qu’il a peut-être ruiné son mandat par cette aventure militaire inconsidérée – et impopulaire aux États-Unis.

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