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AMAURY CORNU / Hans Lucas via AFP
Ces soupçons d’ingérence qui pèsent sur la campagne des municipales
Les craintes se confirment. À quelques jours du premier tour des élections municipales, le spectre des ingérences étrangères se fait plus pressant sur la campagne. Un risque que les autorités avaient anticipé, alertant candidats et organes de presse dès le mois de janvier dernier face à ce phénomène qui a déjà marqué plusieurs scrutins et actualités.
Emmanuel Macron a même annoncé un renforcement du service chargé de la lutte contre les déstabilisations en ligne, Viginum. Il est passé au stade « alerte incendie », pour réagir « en temps réel » dès le « premier indice » d’ingérence ou de « manipulation de l’information. » De fait, les braises sont bien là dans cette dernière ligne droite.
Ce mardi 10 mars, plusieurs sources sécuritaires confirment ainsi que deux candidats LFI aux municipales, au moins, ont été visés ces derniers jours par ce type d’ingérence numérique venue de l’extérieur. Il s’agit de Sébastien Delogu à Marseille, et de François Piquemal à Toulouse, comme le révèle le journal Le Monde. Et ils ne sont pas les seuls.
Deux députés LFI visés
Pour la campagne dans la deuxième ville du pays, les soupçons se portent concrètement sur les publications d’un « blog de Sophie » et la myriade de comptes ou déclinaisons qui lui seraient liés. Ce site, se présentant comme celui d’une ancienne collaboratrice écrivant sous pseudo, assure avoir pour objectif de décrire « comment Sébastien Delogu m’a fait du mal et a détruit ma vie ». Il contient notamment des insinuations pouvant laisser penser à des violences.
Selon les informations du Monde, le blog (qui n’est plus disponible ce mardi) est lié à « un tissu de faux comptes sur le réseau social » X. Un système « élaboré » qui cible également le candidat LFI à la mairie de Toulouse, François Piquemal (potentiel troisième homme du scrutin). Comme son comparse dans les Bouches-du-Rhône, le responsable insoumis a fait savoir ce mardi qu’il entendait déposer plainte rapidement.
Dès lors, une question se pose : d’où vient cette tentative de déstabiliser et d’influencer le cours des élections françaises ? Premières réponses dans les colonnes du Monde, qui affirme que cette nébuleuse de faux comptes utilisant abondamment l’Intelligence artificielle est également « utilisée pour promouvoir des messages d’Elnet. »
Il s’agit d’un lobby pro israélien installé en Europe, enregistré en France, et « en conflit ouvert avec LFI » notamment pour le soutien affirmé de la formation mélenchoniste à la cause palestinienne et son opposition aux opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza. François Piquemal et Sébastien Delogu se sont particulièrement exprimés sur le sujet ces derniers mois.
La municipale à Paris visée, la presse régionale aussi
Dans ce contexte, les troupes LFI ne sont pas les seules à être la cible de ces tentatives de manipulations. Des attaques qui ne se limitent pas d’ailleurs aux seuls motifs apparemment politiques. La semaine dernière, le candidat de centre-droit aux municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel, avait lui aussi fait l’objet d’une opération d’ingérence, menée cette fois-ci par un réseau lié à la Russie, selon Viginum.
Toujours dans la capitale, les autorités ont également détecté fin février une ingérence directe, mais dans une opération à visée lucrative. Un réseau de faux sites pilotés depuis l’Asie du Sud avait visé plusieurs candidats à la mairie de Paris. Elle consistait en la diffusion de « contenus générés par IA », polémiques et « très trash », dont le but est de susciter des clics sur Facebook et sur divers faux sites.
Un peu plus tôt dans la campagne, c’est la presse régionale qui s’était inquiétée de telles pratiques. Des dizaines de faux sites d’informations (par exemple « lactualité-provençale.fr ») s’inspirant des noms et chartes graphiques de médias bien réels ont effectivement été repérés fin 2025. Ils publiaient des contenus anxiogènes et clivants, mêlant vrai et faux, et générés par l’intelligence artificielle. Le groupe russe Storm1516, déjà mis en cause pour son action dans le cadre de l’élection présidentielle américaine de 2024, des élections fédérales allemandes et des législatives moldaves de 2025, semble en être à l’origine.
Enfin, difficile également de ne pas évoquer les doutes qui entourent les algorithmes des réseaux sociaux, celui de X en particulier, pour ce qui est de la promotion de certains contenus au détriment d’autres. Ainsi, plusieurs études attestent que les publications de candidats d’extrême droite, Sarah Knafo à la mairie de Paris par exemple, sont particulièrement poussées par le réseau d’Elon Musk, contrairement à ses concurrents. « Sur X, 59 % des publications politiques officielles montrées aux comptes orientés à droite
Proviennent de comptes d’extrême droite », déplore par exemple le mouvement People vs Big Tech ce mardi, dans le sillage d’autres études attestant de cette tendance. Un coup de pouce de visibilité qui affecte le débat public et qui, au regard des ambitions non dissimulées du patron du réseau social, s’apparente à une autre forme d’ingérence.

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