
Guerre au Moyen-Orient : quels sont les leviers du gouvernement pour tenter de faire baisser les prix à la pompe ?
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Prix des carburants : près de 16% d’anomalies ont été constatées parmi les 231 stations-service contrôlées, annonce la porte-parole du gouvernement
10 mars 2026Le conflit au Moyen-Orient fait resurgir le risque de stagflation. Dans « stagflation », se retrouvent les notions de « stagnation » et d' »inflation« . La stagflation est donc un phénomène conjugué : une inflation tenace combinée à une croissance économique fragile, qui stagne.
**Autrement dit, la machine économique ralentit : comme les prix augmentent, la consommation des ménages baisse, les entreprises vendent moins, leurs bénéfices reculent. Elles peuvent alors moins investir, ce qui peut peser sur les embauches et les salaires. Il s’agit, en quelque sorte, d’une spirale infernale.
Le pouvoir entre les mains des banques centrales
Bruxelles met en garde, lundi 9 mars, contre ce qu’elle appelle un choc « stagflationniste » majeur. De nombreux éléments concordent mais, pour l’instant, l’édifice tient. Le véritable problème se posera si le conflit dure deux ou trois mois.
La situation n’est pas comparable à celle de 2022, au moment de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. À l’époque, une envolée des prix de l’électricité s’était ajoutée à celle du pétrole et du gaz. Ce n’est, toutefois, pas le cas cette fois-ci pour l’électricité. Par ailleurs, l’agroalimentaire n’est pas touché. Les ingrédients d’une stagflation sont donc réunis, mais l’étincelle ne s’est pas encore produite.
Pour lutter contre cet engrenage, le véritable pouvoir est entre les mains des banques centrales : la BCE en Europe et la Réserve fédérale (Fed) aux États-Unis. Leur arme est la politique monétaire, qui consiste à adapter les taux d’intérêt afin de maintenir l’inflation autour de 2%, le niveau jugé idéal par les grandes institutions.
Équilibre fragile entre inflation et croissance
L’exercice est alors très délicat : si l’inflation s’envole, les banques centrales seront poussées à relever les taux d’intérêt pour freiner l’emballement des prix. Mais ce relèvement des taux risque aussi de ralentir la croissance économique, puisque le crédit deviendra plus cher pour les consommateurs et les entreprises qui subiront dès lors une hausse de leur endettement.
**>>Le prix du pétrole s’envole sous l’effet des tensions au Moyen-Orient
**À l’inverse, si les banques centrales baissent les taux pour relancer la machine économique, cela risque aussi de raviver l’inflation, ce qu’il faut éviter à tout prix. La situation est donc particulièrement complexe.
Autant dire que les banques centrales sont, à ce jour, prises entre le marteau et l’enclume. Elles surveillent la situation comme le lait sur le feu. Pour l’instant : pas question de toucher aux taux d’intérêt, une arme à double tranchant. Lorsqu’elles jugeront le moment opportun, il faudra voir qui dégainera en premier : la Fed américaine ou la Banque centrale européenne.

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